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Bennett et Lapid scellent un pacte anti-Netanyahou, une pièce maîtresse manque encore

Dans un geste politique aux allures de dramatique coup de théâtre, Naftali Bennett et Yaïr Lapid ont annoncé la formation d’une liste commune, « BeYachad » (Ensemble), avec l’ambition affichée de faire chuter Benyamin Netanyahou lors des prochaines élections législatives israéliennes. L’alliance entre l’ancien premier ministre de la droite religieuse nationaliste et le chef de file du centre laïc n’est pourtant pas encore scellée dans la durée. Selon des fuites rapportées par la presse israélienne, Lapid se dit prêt à rétrograder à la troisième place sur la liste si cela permet d’attirer Gadi Eisenkot, l’ancien chef d’état-major aujourd’hui à la tête du parti Yashar. Or ce dernier résiste à l’invitation, préférant muscler sa propre formation avec l’entrée d’un économiste respecté, Choulamit Meridor. L’équation électorale reste donc incomplète, et avec elle l’espoir de constituer une alternative crédible au Premier ministre le plus pérenne de l’histoire du pays.

Car Netanyahou, malgré les poursuites pour fraude, abus de confiance et corruption, et en dépit d’une impopularité viscérale dans une partie de la société, demeure un maître tactique. Les médias germanophones, comme le Tages-Anzeiger, rappellent que le Premier ministre est pour beaucoup une « figure de haine », mais que sa coalition, la plus à droite que l’État hébreu ait connue, n’a rien perdu de sa cohésion parlementaire. Les guerres menées au Liban et les frappes contre l’Iran ont d’ailleurs offert à Netanyahou un sursis judiciaire : ses audiences au tribunal ont été repoussées pour raisons de sécurité, une conjonction entre impératifs militaires et calendrier politique que soulignent les analystes de Radio-Canada.

La lecture européenne, qu’elle provienne des rédactions parisiennes du Figaro ou du HuffPost italien, insiste sur le caractère inédit de ce rapprochement entre deux figures que tout opposait idéologiquement et qui gouvernèrent brièvement ensemble en 2021. Nimrod Goren, expert cité par le site transalpin, prévient toutefois que « Bennett et Lapid ne battront pas Netanyahou sans les partis arabes » : l’équation mathématique des blocs impose de rassembler au-delà du centre et de la droite modérée pour atteindre une majorité à la Knesset. Or la perspective d’une alliance, même implicite, avec les formations arabes israéliennes reste un tabou pour une partie de l’électorat que Bennett entend courtiser.

Du côté des diasporas et des observateurs persanophones, Radio Farda établit un parallèle éloquent avec le scrutin hongrois qui vit récemment la chute de Viktor Orbán, proche allié du Likoud. Lapid lui-même a brandi cet exemple lors de la conférence de presse conjointe, manière de suggérer qu’un cycle autoritaire peut se briser par les urnes. Pourtant, le contexte moyen-oriental demeure dominé par la doctrine de « paix par la dissuasion » théorisée dès 1993 par Netanyahou, rappelle Newsweek : une architecture régionale fondée sur la force, qui a neutralisé ou amadoué les régimes arabes traditionnellement hostiles et relégué le processus de paix avec les Palestiniens au rang de vieux souvenir.

L’analyse nord-américaine francophone, portée par Radio-Canada, met en lumière un autre facteur de vulnérabilité pour l’opposition : le tribunal de l’opinion israélienne sanctionne durement les failles sécuritaires du 7 octobre, mais un front commun anti-Netanyahou ne pourra durablement s’imposer que s’il offre un récit alternatif crédible sur la sécurité. La création de BeYachad vise justement à rassurer les réservistes et les déçus de la droite modérée en promettant une commission d’enquête indépendante sur les défaillances et une limitation des mandats du chef de gouvernement.

Reste que l’absence à ce jour d’une troisième force, qu’il s’agisse d’Eisenkot ou d’un ralliement plus large incluant les partis arabes, fait dire à plusieurs observateurs que l’union Bennett-Lapid risque de demeurer symbolique. La campagne, qui doit culminer en octobre prochain, se jouera sur la capacité des opposants à transformer la lassitude d’une partie de l’électorat en majorité de gouvernement. Dans un Israël où la guerre a relégitimé la posture de « Monsieur Sécurité » du Premier ministre, le temps presse pour que l’alliance des contraires devienne autre chose qu’un sursaut sans lendemain.

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Bennett et Lapid scellent un pacte anti-Netanyahou, une pièce maîtresse manque encore

Dans un geste politique aux allures de dramatique coup de théâtre, Naftali Bennett et Yaïr Lapid ont annoncé la formation d’une liste commune, « BeYachad » (Ensemble), avec l’ambition affichée de faire chuter Benyamin Netanyahou lors des prochaines élections législatives israéliennes. L’alliance entre l’ancien premier ministre de la droite religieuse nationaliste et le chef de file du centre laïc n’est pourtant pas encore scellée dans la durée. Selon des fuites rapportées par la presse israélienne, Lapid se dit prêt à rétrograder à la troisième place sur la liste si cela permet d’attirer Gadi Eisenkot, l’ancien chef d’état-major aujourd’hui à la tête du parti Yashar. Or ce dernier résiste à l’invitation, préférant muscler sa propre formation avec l’entrée d’un économiste respecté, Choulamit Meridor. L’équation électorale reste donc incomplète, et avec elle l’espoir de constituer une alternative crédible au Premier ministre le plus pérenne de l’histoire du pays.

Car Netanyahou, malgré les poursuites pour fraude, abus de confiance et corruption, et en dépit d’une impopularité viscérale dans une partie de la société, demeure un maître tactique. Les médias germanophones, comme le Tages-Anzeiger, rappellent que le Premier ministre est pour beaucoup une « figure de haine », mais que sa coalition, la plus à droite que l’État hébreu ait connue, n’a rien perdu de sa cohésion parlementaire. Les guerres menées au Liban et les frappes contre l’Iran ont d’ailleurs offert à Netanyahou un sursis judiciaire : ses audiences au tribunal ont été repoussées pour raisons de sécurité, une conjonction entre impératifs militaires et calendrier politique que soulignent les analystes de Radio-Canada.

La lecture européenne, qu’elle provienne des rédactions parisiennes du Figaro ou du HuffPost italien, insiste sur le caractère inédit de ce rapprochement entre deux figures que tout opposait idéologiquement et qui gouvernèrent brièvement ensemble en 2021. Nimrod Goren, expert cité par le site transalpin, prévient toutefois que « Bennett et Lapid ne battront pas Netanyahou sans les partis arabes » : l’équation mathématique des blocs impose de rassembler au-delà du centre et de la droite modérée pour atteindre une majorité à la Knesset. Or la perspective d’une alliance, même implicite, avec les formations arabes israéliennes reste un tabou pour une partie de l’électorat que Bennett entend courtiser.

Du côté des diasporas et des observateurs persanophones, Radio Farda établit un parallèle éloquent avec le scrutin hongrois qui vit récemment la chute de Viktor Orbán, proche allié du Likoud. Lapid lui-même a brandi cet exemple lors de la conférence de presse conjointe, manière de suggérer qu’un cycle autoritaire peut se briser par les urnes. Pourtant, le contexte moyen-oriental demeure dominé par la doctrine de « paix par la dissuasion » théorisée dès 1993 par Netanyahou, rappelle Newsweek : une architecture régionale fondée sur la force, qui a neutralisé ou amadoué les régimes arabes traditionnellement hostiles et relégué le processus de paix avec les Palestiniens au rang de vieux souvenir.

L’analyse nord-américaine francophone, portée par Radio-Canada, met en lumière un autre facteur de vulnérabilité pour l’opposition : le tribunal de l’opinion israélienne sanctionne durement les failles sécuritaires du 7 octobre, mais un front commun anti-Netanyahou ne pourra durablement s’imposer que s’il offre un récit alternatif crédible sur la sécurité. La création de BeYachad vise justement à rassurer les réservistes et les déçus de la droite modérée en promettant une commission d’enquête indépendante sur les défaillances et une limitation des mandats du chef de gouvernement.

Reste que l’absence à ce jour d’une troisième force, qu’il s’agisse d’Eisenkot ou d’un ralliement plus large incluant les partis arabes, fait dire à plusieurs observateurs que l’union Bennett-Lapid risque de demeurer symbolique. La campagne, qui doit culminer en octobre prochain, se jouera sur la capacité des opposants à transformer la lassitude d’une partie de l’électorat en majorité de gouvernement. Dans un Israël où la guerre a relégitimé la posture de « Monsieur Sécurité » du Premier ministre, le temps presse pour que l’alliance des contraires devienne autre chose qu’un sursaut sans lendemain.

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