
Iran : un plafonnement des loyers à 25 % attise les tensions sur fond d’inflation à 88,6 %
La décision des autorités de limiter la hausse des loyers suscite un vif débat entre propriétaires et locataires, alors que l’inflation galopante érode le pouvoir d’achat et que le marché immobilier s’embrase.
L’imposition d’un plafond de 25 % sur les augmentations de loyers, décidée par les plus hautes instances du pouvoir iranien, a immédiatement cristallisé les antagonismes entre bailleurs et preneurs, dans un contexte où l’indice des prix à la consommation atteignait 88,6 % en glissement annuel pour le mois de Khordad (mi-mai à mi-juin), soit une accélération de 4,7 points par rapport au mois précédent. Selon les relevés du Centre statistique iranien, l’inflation mensuelle s’élevait à 5,9 %, portée notamment par une flambée des prix alimentaires (les fruits et les fruits secs gagnant 13,5 % en un mois) et par une progression de 5,3 % pour les biens et services non alimentaires. La mesure prétend contenir un marché locatif sous pression où les prix des logements auraient bondi de 80 % depuis le début du conflit avec Israël, les banques injectant des liquidités via des intermédiaires, tandis que le coût des matériaux de construction grimpait de 97 % l’hiver dernier.
Cette décision intervient dans un paysage économique dominé par une érosion monétaire qui a amputé le rial de la moitié de sa valeur en un an et où l’inflation annuelle moyenne sur douze mois atteint 62 %. Si le plafond de 25 % se veut un garde-fou pour des ménages étranglés — nombre de locataires consacrent déjà 50 à 70 % de leurs revenus au logement, selon des estimations de l’agence de presse des travailleurs —, il se heurte à l’hostilité des propriétaires, qui arguent que la valeur vénale des biens a doublé et que les frais d’entretien ont explosé. Les commentaires recueillis par la presse iranienne révèlent un scepticisme général quant à l’applicabilité du dispositif : absence de mécanisme de contrôle, fixation unilatérale des montants par les bailleurs et risque de généralisation d’accords informels hors contrat.
Le Brésil offre un écho lointain de ces tensions. Là-bas, sur les cinq premiers mois de 2026, les loyers ont crû de 4,40 %, soit un rythme supérieur à l’inflation IPCA (3,20 %) et à l’IGP-M (3,79 %), sous l’effet conjugué de la baisse du taux de vacance et de l’essor de l’immobilier résidentiel haut de gamme, notamment à São Paulo. Comme en Iran, la pression sur le budget des ménages s’accentue, même si l’écart avec la hausse générale des prix y est sans commune mesure.
Pour l’heure, la question immédiate est de savoir si le plafonnement des loyers sera suivi d’effet ou s’il restera lettre morte, incitant à une multiplication des transactions au noir. L’évolution de l’inflation au cours des prochains mois — que les tensions géopolitiques et les sanctions américaines pourraient aggraver — constituera le test de sa crédibilité.
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Au Brésil, les loyers ont augmenté de 4,4 % au cours des cinq premiers mois de 2026, dépassant l'inflation IPCA de 3 %. La baisse des taux de vacance et la forte demande dans certaines régions rendent de plus en plus difficile la recherche d'un logement abordable, ce qui pèse sur les budgets des ménages.
En Iran, les prix de l'immobilier ont bondi de 80 % depuis le début de la guerre, selon des sources du secteur, tandis que les chiffres officiels n'indiquent qu'une hausse de 35 %. Les accusations de manipulation des statistiques et d'injections de liquidités par les banques alimentent une crise de confiance, aggravant les difficultés économiques de la population.
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