
Inde : le réexamen médical NEET émaillé d’incidents et d’arrestations
Plus de deux millions de candidats ont repassé le test d’entrée en médecine sous haute sécurité, mais des retards aux portes des centres, des interpellations pour fraude et une contestation politique persistante ont marqué la journée.
Le réexamen national d’entrée aux études de médecine (NEET-UG) s’est tenu le 21 juin en Inde et dans quatorze centres à l’étranger, réunissant plus de vingt lakhs de candidats selon l’Agence nationale des tests (NTA). Plusieurs aspirants ont toutefois été refoulés aux portes des centres pour être arrivés après la fermeture des grilles. À Vidisha, dans le Madhya Pradesh, une candidate et son père se sont effondrés après un retard de deux minutes imputé à des pluies diluviennes et une crevaison, d’après des vidéos vérifiées par la presse locale. À Bengaluru, au moins trois étudiants n’ont pu entrer en raison d’embouteillages attribués par des parents à un rassemblement politique du Congrès, selon des témoignages recueillis par les médias indiens.
L’agence a qualifié l’examen de « sans erreur et sans faille », affirmant avoir déployé une authentification biométrique par Aadhaar, une reconnaissance faciale, des brouilleurs et une double fouille. Le directeur général de la NTA, Abhishek Singh, a déclaré que l’intégrité des épreuves était totale et que la suspension temporaire de la messagerie Telegram visait à contrer une « fausse perception de fuite » et des escroqueries. Pourtant, dans le district de Lakhisarai, au Bihar, la police a annoncé l’arrestation de trente personnes soupçonnées d’avoir passé l’examen à la place de candidats inscrits, tandis que d’autres sources officielles évoquaient initialement neuf interpellations. Sept employés d’une agence privée chargée de la vérification biométrique ont également été placés en garde à vue. À Indore, un étudiant en droit a été arrêté pour avoir vendu un faux questionnaire généré par intelligence artificielle, selon la police locale.
Ces incidents nourrissent une controverse plus large. Les vidéos d’étudiants refoulés pour quelques minutes de retard ont relancé le débat sur la rigidité des règles d’entrée, certains plaidant pour une tolérance partielle, d’autres pour le strict respect des consignes. Parallèlement, le mouvement Cockroach Janta Party (CJP), mené par Abhijeet Dipke, a poursuivi son sit-in à Jantar Mantar, à New Delhi, pour exiger la démission du ministre de l’Éducation et dénoncer les suicides d’étudiants attribués à la fuite initiale. Une veillée aux chandelles a été organisée le 22 juin. Le Vishva Hindu Parishad a par ailleurs dénoncé une « discrimination communautaire » dans l’application du code vestimentaire, affirmant que des signes religieux hindous étaient interdits tandis que le hijab était autorisé, selon un communiqué.
Le réexamen faisait suite à l’annulation, en mai, de l’épreuve originale après la révélation d’une fuite de sujets. La NTA a indiqué que la clé de réponses provisoire serait publiée vers la mi-juillet. Les enquêtes sur les usurpations d’identité au Bihar et sur le réseau de fraude présumé se poursuivent, de même que la mobilisation des manifestants à New Delhi.
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La reprise du NEET-UG s'est muée en un nouveau champ de bataille politique et social. Des manifestations menées par un parti de jeunesse exigent la démission du ministre de l'Éducation, tandis que la police est accusée de restreindre l'accès aux protestataires. De nouvelles arrestations pour usurpation d'identité au Bihar et des récits déchirants d'étudiants bloqués devant les grilles attisent la colère contre un système perçu comme corrompu et insensible.
Après une fuite de sujets, l'Inde a réorganisé son examen d'entrée en médecine sous une surveillance gouvernementale stricte. L'incident est présenté comme un énième cas de tricherie dans un système d'examens ultra-compétitif, tandis que les manifestations de rue sont reléguées au rang de fait secondaire. L'accent est mis sur les mesures de contrôle et la nécessité de prévenir de futures irrégularités.
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