
Trump-Meloni : de la photo « mendiée » aux menaces sur l’OTAN, une crise transatlantique ouverte
L’accusation de Donald Trump selon laquelle Giorgia Meloni l’aurait « supplié » pour un cliché au G7 a déclenché une escalade verbale, l’annulation d’une visite ministérielle et ravivé les tensions autour de la guerre en Iran et du partage du fardeau au sein de l’Alliance atlantique.
La relation entre Washington et Rome a basculé en quelques jours dans une crise diplomatique aux répercussions concrètes. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a annulé un déplacement aux États-Unis et un forum d’affaires à Miami après que le président américain a affirmé, dans un entretien à la chaîne La7 puis sur son réseau Truth Social, que la présidente du Conseil italien l’avait « supplié » pour une photographie lors du sommet du G7 à Évian-les-Bains. Giorgia Meloni a répliqué par une vidéo qualifiant ce récit de « totalement inventé », martelant que « l’Italie et moi ne mendions jamais ». M. Tajani a justifié l’annulation par la nécessité d’une réponse « ferme à une offense non seulement au président du Conseil, mais à toute l’Italie ».
Du côté américain, le président Trump a lié cet épisode à un reproche stratégique plus large. Selon ses déclarations, Mme Meloni chercherait à « redevenir amie » pour redresser sa popularité intérieure après que les États-Unis ont « vaincu militairement l’Iran », et il a déploré que Rome n’ait pas autorisé l’usage des bases aériennes italiennes – notamment Sigonella en Sicile – durant les opérations contre Téhéran. L’administration américaine étend ces griefs à d’autres alliés européens : dans le Bureau ovale, M. Trump a accusé l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni de s’être « très mal comportés » en refusant d’aider Washington après avoir bénéficié pendant des décennies de la protection militaire américaine au sein de l’OTAN, menaçant de dire « NON » à son tour.
Les capitales européennes perçoivent dans cette séquence une tentative de pression unilatérale. Selon des sources diplomatiques européennes, Mme Meloni a publiquement défié M. Trump à plusieurs reprises lors du G7, défendant la position européenne et contestant son affirmation d’avoir été abandonné par ses alliés. Le refus italien d’ouvrir ses bases en mars dernier s’inscrit, d’après Rome, dans le strict respect de la Constitution et des traités, et le ministre Tajani a rappelé que la guerre en Iran « n’est pas une guerre de l’OTAN mais des États-Unis ». Cette divergence de fond s’est aggravée depuis le printemps, lorsque la Première ministre italienne a jugé « inacceptables » les attaques de M. Trump contre le pape Léon XIV, ce à quoi le président américain avait répondu qu’elle n’était « plus la même personne ».
La crise laisse le dossier transatlantique dans un état de fragilité inédit entre les deux exécutifs. Tout en maintenant l’annulation de la mission à Miami, M. Tajani a annoncé qu’il participerait à la réception du 4 juillet à l’ambassade des États-Unis à Rome, « la tête haute », au nom d’une amitié « indépendamment du président ». Mme Meloni, qui fait face à une échéance électorale en 2027 dans un climat italien majoritairement défavorable à M. Trump, a choisi de ne plus alimenter la polémique tout en envoyant ses vice-premiers ministres à cette célébration. Aucun apaisement n’est toutefois acquis : les nouvelles déclarations du président américain sur les « centaines de milliards » dépensés pour l’OTAN et la menace de représailles laissent présager de nouvelles tensions à l’approche du sommet de l’Alliance à La Haye.
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La presse anglo-saxonne présente l'affrontement comme une querelle personnelle, soulignant l'ironie que Meloni ait été autrefois surnommée la 'chuchoteuse de Trump' en Europe. Elle dépeint les attaques de Trump comme mesquines, centrées sur une photo et sa cote de popularité intérieure, tout en notant la détérioration rapide d'une relation jadis amicale.
La presse italienne réagit avec indignation aux accusations répétées de Trump, dépeignant l'Italie comme un allié injustement ciblé. Elle souligne le silence digne du gouvernement après les premières répliques fermes, présentant les attaques comme ingrates au vu des contributions italiennes à l'OTAN, et laisse entrevoir une crise de confiance plus large dans le lien transatlantique.
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