
France-Maroc : un quart de finale sous le signe de la revanche et de la confirmation
Quatre ans après leur demi-finale au Qatar, les Bleus et les Lions de l’Atlas se retrouvent à Boston pour une place dans le dernier carré, dans un Mondial où l’Europe impose sa loi.
Le stade Gillette de Foxborough accueille ce jeudi 9 juillet 2026 une affiche qui réveille les échos de la Coupe du monde 2022. La France, tombeuse du Maroc en demi-finale il y a quatre ans (2-0), retrouve les Lions de l’Atlas en quarts de finale d’un tournoi que les deux sélections abordent avec des trajectoires contrastées mais une même ambition. Les Bleus, portés par un Kylian Mbappé auteur de sept buts, ont survolé leur groupe avant d’écarter la Suède (3-0) puis de batailler face au Paraguay (1-0). Le Maroc, de son côté, a confirmé sa montée en puissance en éliminant les Pays-Bas aux tirs au but, puis en balayant le Canada, pays coorganisateur (3-0). Ce septième affrontement entre les deux nations – le deuxième seulement en compétition officielle – s’inscrit dans un rapport de force historiquement favorable aux Français, qui n’ont jamais perdu en six rencontres dans le temps réglementaire, mais la dynamique marocaine, invaincue depuis dix matches, nuance ce déséquilibre statistique.
La presse européenne souligne la puissance de feu tricolore, où le trio Mbappé-Dembélé-Olise cumule vitesse, percussion et justesse technique, tandis que le milieu de terrain devra composer avec l’absence probable d’Aurélien Tchouaméni, blessé. Côté marocain, les médias africains mettent en avant la discipline collective et la solidité défensive d’une équipe qui, sous la houlette de Mohamed Ouahbi, a su allier rigueur tactique et efficacité en transition. L’incertitude plane toutefois sur la participation d’Ismael Saibari, meilleur buteur de la sélection avec trois réalisations, victime d’une lésion musculaire face au Canada. La désignation de l’arbitre argentin Facundo Tello a suscité des interrogations dans la presse française, compte tenu d’une possible finale entre la France et l’Argentine, mais Didier Deschamps a écarté toute polémique, rappelant que « l’adversaire, c’est le Maroc ».
Au-delà du seul affrontement, ce quart de finale illustre la recomposition des rapports de force dans le football mondial. Avec six représentants européens sur huit, le Vieux Continent assoit sa domination, tandis que le Maroc porte seul les espoirs de l’Afrique, après l’élimination de l’Égypte. La presse panafricaine voit dans ce parcours la confirmation que la performance de 2022 n’était pas un accident, mais l’aboutissement d’une politique de formation et de structuration qui place désormais le royaume chérifien au septième rang mondial de la FIFA. Pour la France, qui vise une troisième finale consécutive – un exploit que seule l’Allemagne a réalisé en Europe –, l’enjeu est aussi de prolonger l’ère Deschamps, le sélectionneur ayant annoncé son départ à l’issue du tournoi.
Le match revêt également une dimension symbolique, incarnée par l’amitié entre les deux capitaines, Kylian Mbappé et Achraf Hakimi, anciens coéquipiers au Paris Saint-Germain. Les images de Mbappé consolant Hakimi après la demi-finale de 2022 avaient fait le tour du monde, et les deux hommes se retrouvent aujourd’hui en adversaires, dans un stade où la diaspora marocaine devrait se faire entendre. Le vainqueur de ce duel retrouvera en demi-finale le gagnant du choc entre l’Espagne, championne d’Europe en titre, et la Belgique, programmé le lendemain à Los Angeles. Une perspective qui, quel que soit le résultat, inscrit ce France-Maroc dans la continuité d’une rivalité naissante et d’un Mondial aux allures de consécration pour le football africain.
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