
Frappes de drones en profondeur : Moscou sous pression, Kiev étend sa campagne
Les aéroports de la capitale russe ont été brièvement fermés après une nouvelle salve de drones ukrainiens, tandis que des frappes russes endeuillent plusieurs régions d’Ukraine.
Les quatre aéroports internationaux de Moscou ont suspendu leurs vols dans la nuit de dimanche à lundi, après que les défenses antiaériennes russes ont annoncé avoir intercepté plusieurs dizaines de drones en approche de la capitale. Selon le maire Sergueï Sobianine, entre 59 et 84 appareils ont été neutralisés au-dessus de la ville et de sa région, sans faire de victimes immédiates. Le ministère russe de la Défense a fait état, pour l’ensemble du territoire et de la Crimée annexée, de 301 drones abattus en vingt-quatre heures. Au même moment, des frappes russes ont tué au moins six civils en Ukraine, dont trois membres d’une même famille dans la région de Soumy, et un missile balistique Iskander a visé une installation agricole près d’Odessa.
Du côté ukrainien, l’état-major a confirmé une série de frappes de longue portée contre des infrastructures logistiques militaires, des dépôts pétroliers et des systèmes de défense aérienne russes, notamment des radars S-400 et Pantsir. Le président Volodymyr Zelensky a présenté ces opérations comme une riposte aux bombardements russes sur Kiev et comme un moyen de perturber les capacités de ravitaillement de l’armée adverse. Les médias pro-ukrainiens et des analystes occidentaux soulignent que la campagne de frappes en profondeur s’est intensifiée depuis le début de l’année, visant des sites situés à plus de 1 700 kilomètres de la frontière, de Iekaterinbourg à la Caspienne. En Crimée, les autorités installées par Moscou ont suspendu la vente de carburant au public et annulé les événements en plein air, conséquence directe, selon elles, des attaques répétées contre les routes d’approvisionnement et les installations énergétiques.
Côté russe, les responsables minimisent les dégâts matériels tout en reconnaissant une gêne croissante. La raffinerie Kapotnia, seul site de raffinage de la capitale, a été touchée pour la troisième fois en un mois, provoquant des colonnes de fumée noire et, d’après des habitants relayés par la BBC, une pluie de résidus huileux. Les chaînes Telegram officielles ont recommandé aux résidents de garder les fenêtres fermées et aux personnes fragiles de quitter le quartier. Le Kremlin, par la voix de Vladimir Poutine, accuse Kiev de chercher à « semer la confusion et infliger des dommages économiques » pour diviser la société russe. Des experts indépendants, cités par le Moscow Times, estiment que l’effet n’est pas seulement psychologique : la production pétrolière russe a baissé pour le sixième mois consécutif en juin, et des régions proches du front connaissent des pénuries aiguës de carburant.
Au-delà du territoire russe, la guerre aérienne a des répercussions sur la sécurité maritime en mer Noire. La marine ukrainienne a rapporté qu’un drone russe a frappé le cargo turc Victress battant pavillon panaméen, tuant un cuisinier égyptien et contraignant huit marins à évacuer sur un radeau de sauvetage. Deux autres navires, sous pavillon des Palaos et du Belize, ont également été visés sans faire de blessés. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a dénoncé une menace persistante pour la prospérité de la région, tandis que les assureurs maritimes et les chancelleries occidentales suivent avec inquiétude la multiplication des incidents touchant des bâtiments civils.
Le dossier des frappes réciproques reste dans une dynamique d’escalade sans perspective immédiate de désescalade. Les capitales européennes, tout en condamnant les attaques russes contre les infrastructures civiles ukrainiennes, observent avec prudence l’extension de la campagne ukrainienne en profondeur, qui interroge sur les risques de débordement. Aucune nouvelle initiative diplomatique n’est annoncée, et les états-majors des deux camps anticipent une poursuite des opérations aériennes à mesure que les capacités de drones et de missiles se renforcent.
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Les quatre aéroports de Moscou ont été brièvement fermés après que la défense antiaérienne a abattu des dizaines de drones ukrainiens visant la capitale. Le maire a décrit une vague d'attaques sans précédent récent, tandis que les frappes russes continuaient de tuer des civils en Ukraine.
Moscou a abattu près de 60 drones et brièvement suspendu les vols dans ses aéroports, tandis que des attaques russes en Ukraine ont tué cinq personnes. Les deux camps ont fait état de dégâts et de victimes dans une escalade mutuelle des raids aériens.
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