
L’Australie durcit sa législation sur les réseaux sociaux, un modèle scruté dans le monde
Canberra double les amendes et élargit les pouvoirs du régulateur pour faire respecter l’interdiction des comptes aux moins de 16 ans, tandis que les Émirats arabes unis adoptent une approche fondée sur la responsabilité des plateformes.
Le gouvernement australien a présenté lundi au Parlement un projet de loi visant à doubler les sanctions financières et à renforcer les prérogatives de la commissaire à la sécurité en ligne, après avoir constaté que des enfants continuaient d’accéder aux plateformes sociales six mois après l’entrée en vigueur de l’interdiction mondiale inédite visant les moins de 16 ans. Selon Canberra, les amendes maximales pour non-respect systémique passeront de 49,5 à 99 millions de dollars australiens (environ 60 millions d’euros), et le régulateur pourra désormais exiger des documents internes – procès-verbaux de conseils d’administration, courriels – ainsi que des données de fournisseurs tiers de vérification d’âge, afin de constituer des dossiers juridiques « aussi solides que possible » devant la Cour fédérale.
La ministre des Communications, Anika Wells, a accusé les grandes entreprises technologiques de recourir à des « manœuvres déloyales » pour contourner délibérément la loi, affirmant que « ces entreprises veulent que ces lois échouent » car elles redoutent que plus de vingt pays ne leur emboîtent le pas. L’opposition conservatrice, par la voix de Jane Hume, a reconnu que l’interdiction « ne fonctionnait pas » en raison d’un texte initial mal conçu, tout en se disant prête à examiner un vote favorable. Les plateformes visées – Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube, toutes sous enquête de la eSafety Commission – n’ont pas commenté ou ont refusé de s’exprimer.
Cette offensive législative intervient alors qu’une étude de l’Université de Newcastle, publiée dans le British Medical Journal, relève une « mise en œuvre limitée, une conformité incomplète et un contournement substantiel » des restrictions : plus de 80 % des jeunes Australiens continueraient d’utiliser les réseaux sociaux, avec un impact minimal chez les 12-13 ans et un léger recul chez les 14-15 ans. Les autorités australiennes contestent ces conclusions, y voyant une campagne coordonnée par l’industrie technologique pour discréditer la loi avant son adoption par d’autres États. Elles soulignent que plus de cinq millions de comptes de mineurs ont été bloqués ou restreints depuis le 10 décembre 2025.
La démarche australienne est observée avec attention par un nombre croissant de pays. La France a adopté une législation exigeant le consentement parental pour les moins de 15 ans, tandis que le Royaume-Uni prépare une interdiction « Australia-plus » pour les moins de 16 ans avec des restrictions additionnelles. Aux Émirats arabes unis, une nouvelle loi interdit l’accès aux moins de 15 ans et opère un basculement juridique : selon des experts locaux, elle fait porter la responsabilité sur les plateformes elles-mêmes, en précisant que le consentement parental ne peut outrepasser l’interdiction, et prévoit un délai de douze mois pour détecter et supprimer les comptes concernés, sous peine de blocage ou de fermeture.
Le projet de loi australien doit encore être adopté par le Parlement, où le gouvernement compte sur le soutien bipartisan qui avait permis l’adoption du texte initial en 2024. La commissaire à la sécurité en ligne, Julie Inman Grant, a indiqué que ses enquêtes sur les cinq plateformes se poursuivaient et qu’une décision sur d’éventuelles poursuites était attendue d’ici le milieu de l’année.
| Presse d'Asie du Sud-Est | +0.30 | aligned |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
Australia is doubling penalties and empowering regulators to enforce the under-16 social media ban, showing it will not back down in the face of big tech inaction.
The bloc frames the measure as a pragmatic response to a concrete problem, citing evidence of persistent underage access to justify regulatory escalation.
It omits platform criticisms about the technical feasibility of the ban and potential privacy side effects.
The royal commission on antisemitism is investigating the spread of online hate and the media's role, broadening Australia's regulatory framework beyond child protection.
The bloc institutionalizes the problem of online hate through a royal commission, lending legitimacy and authority to the regulatory response.
It does not explicitly link this inquiry to the parallel crackdown on social media fines, keeping the two regulatory strands separate.
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