
Essai clinique imminent contre la souche Bundibugyo : l’OMS évalue deux traitements en RDC
Un essai clinique de phase avancée, impliquant 500 à 1 000 participants, testera dès la semaine prochaine un anticorps monoclonal et un antiviral contre une variante rare d’ébola sans vaccin ni traitement approuvé.
L’Organisation mondiale de la santé a annoncé le lancement, la semaine prochaine, d’un essai clinique dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo, pour évaluer deux traitements contre la souche Bundibugyo du virus ébola. Cette variante, rare et pour laquelle il n’existe ni vaccin ni thérapie spécifique, est à l’origine d’une flambée épidémique qui a déjà infecté plus de 1 000 personnes en RDC et une vingtaine en Ouganda voisin, avec un taux de létalité de 25 %. L’essai, coordonné par un consortium réunissant l’Institut national de recherche biomédicale de la RDC, l’ONG Alima, l’Université d’Oxford et l’OMS, portera sur l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir, donnés par les États-Unis et le laboratoire Gilead. Entre 500 et 1 000 participants pourraient être inclus, le nombre définitif dépendant de l’efficacité observée en cours d’étude.
L’objectif est de déterminer si ces molécules, administrées seules ou en association, permettent de réduire la mortalité chez les patients infectés par le virus Bundibugyo. L’essai se déroulera dans une zone minière reculée, marquée par la violence de groupes armés et une profonde défiance d’une partie de la population envers les autorités et les intervenants extérieurs. Les équipes sanitaires y sont exposées à des menaces d’enlèvement et à des agressions – sept incidents ont été recensés par l’OMS –, tandis que le traçage des contacts est compliqué par la mobilité des jeunes travailleurs miniers venus de différentes régions du pays. L’absence de vaccin contre cette souche prive également les personnes identifiées comme contacts d’une incitation à se signaler, ce qui maintient le taux de traçage en dessous du seuil de 95 % jugé nécessaire pour contenir la propagation.
Le bilan provisoire fait état, selon les données de l’OMS, de 1 094 cas confirmés en RDC, dont 277 décès, et de 20 cas en Ouganda. Un premier cas a par ailleurs été détecté en France métropolitaine : un médecin de l’ONG Alima, de retour de RDC à bord d’un vol commercial, a été pris en charge avec une charge virale qualifiée de « très faible » par les autorités sanitaires françaises. L’OMS considère que le risque pour la santé publique reste bas à l’échelle mondiale, tout en soulignant que cet événement illustre les dangers auxquels sont exposés les soignants en première ligne.
En dépit d’un renforcement notable des capacités de réponse – le nombre de lits de traitement est passé de 10 à plus de 500 en cinq semaines, et la capacité quotidienne de tests de 30 à plus de 2 000 –, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a reconnu que l’épidémie « continue de dépasser la réponse ». Le financement reste insuffisant, un plan conjoint de l’OMS et de l’agence sanitaire de l’Union africaine sollicitant 518 millions de dollars. Le prochain jalon à surveiller sera le démarrage effectif de l’essai clinique en Ituri et les premières données sur la sécurité et l’efficacité des traitements, qui conditionneront leur éventuelle mise à disposition des communautés affectées.
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L'épidémie d'Ebola au Congo progresse rapidement, mettant en danger le personnel soignant. La semaine prochaine, l'OMS lancera un essai clinique de deux antiviraux, dont un donné par les États-Unis, offrant un espoir concret pour endiguer la maladie.
La semaine prochaine, des essais cliniques pour deux traitements contre Ebola débuteront en République démocratique du Congo. Jusqu'à présent, plus d'un millier de cas et 277 décès ont été enregistrés, les soignants travaillant dans des conditions difficiles.
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