
Entre exploits des petits poucets et tensions géopolitiques, le Mondial 2026 bat son plein
Dédicaces politiques de joueurs iraniens, absence de l'Italie et de la Russie, performances inattendues des sélections africaines redessinent les contours de la Coupe du monde.
Le premier but de l'Iran dans ce Mondial 2026 a été explicitement dédié aux 168 fillettes tuées par les bombes américaines à Minab, un geste lourd de sens dans un tournoi qui se déroule sous haute tension internationale. Dans les stades, des groupes de supporteurs bosniens, sud-coréens ou marocains brandissent des drapeaux palestiniens et entonnent des slogans, soigneusement ignorés par les retransmissions télévisées, note la presse latino-américaine. La FIFA, de son côté, a dû faire face à des critiques après que son président, Gianni Infantino, a tenté d'interdire les questions en espagnol en conférence de presse, avant de reculer, selon un observateur mexicain. L'organisation est aussi pointée du doigt pour sa politique de prix des billets, ajustés « selon les lois du marché » et revendus avec un surcoût de 15 % par des agences internes.
L'édition 2026, à cheval sur trois pays hôtes – Canada, États-Unis, Mexique –, est aussi marquée par des absences de taille. Pour la troisième fois consécutive, l'Italie n'a pas obtenu son billet. La presse transalpine décrit une nation en deuil footballistique, une génération qui grandit sans avoir connu l'ivresse d'un été mondial avec les Azzurri. Une partie du débat italien fustige le format élargi à 48 équipes, tout en enviant les performances d'équipes pourtant jugées « inférieures ». La Russie, elle, est exclue par la FIFA en raison de la guerre en Ukraine. Un ancien joueur du Zénith Saint-Pétersbourg, le Belge Nicolas Lombaerts, regrette dans les médias russes de ne pas voir « l'une des plus grandes nations du football » et espère un retour rapide sur la scène internationale, tout en concédant que cela ne dépend ni des joueurs ni des citoyens.
Sur le terrain, les premiers jours ont réservé leur lot de surprises et de matches ouverts. Le Mexique a péniblement dominé la Corée du Sud (1-0) à la faveur d'une erreur du gardien adverse dans les arrêts de jeu, tandis que l'Écosse a bénéficié d'une frappe mal ajustée de John McGinn pour battre Haïti. Mais c'est surtout la qualité de jeu déployée par les sélections africaines et asiatiques qui retient l'attention. Le Maroc, le Japon, l'Égypte ou l'Arabie saoudite ont affiché une préparation athlétique et une organisation tactique qui bousculent les hiérarchies, relève la presse sportive italienne. Selon une analyse économique mexicaine, le succès ne dépend plus seulement de la richesse ou de la population : le Japon, malgré un contexte démographique morose, a su bâtir un projet de long terme, quand le Sénégal ou le Cap-Vert ont misé sur leur diaspora formée en Europe.
La ferveur populaire, elle, est très inégale selon les régions. En Argentine, où près de 72 % des sondés croient à un nouveau titre, l'effervescence n'a pourtant pas suffi à étouffer les scandales politiques, constate un journal de Buenos Aires. En Colombie, les voyageurs se déclarent prêts à dépenser plus de dix millions de pesos pour un séjour sportif, preuve que le tourisme du ballon rond devient un moteur économique. Mais en Espagne, une enquête montre que l'intérêt pour le Mondial est deux fois moindre qu'en Argentine, et que la passion y est moins unificatrice.
Alors que la phase de poules se poursuit, le tableau offre un éclairage saisissant des rapports de force contemporains : une mondialisation inachevée où le football, comme le développement, reste tributaire de la géographie et de l'histoire. Les modèles statistiques cités par la presse économique hispanophone désignent l'Espagne comme favorite, mais la route est encore longue jusqu'au 19 juillet.
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Continental European press laments Italy's third consecutive World Cup absence, criticizing the expansion to 48 teams as an overreach that widens borders but sidelines traditional football powerhouses. There is skepticism toward premature optimism after wins against minnows, and nostalgia for what Italy could have contributed. The tone mixes indignation with a hint of revanchism against a format that penalizes historic nations.
Latin American press covers the World Cup with a dual lens: on one hand, it highlights economic opportunities for businesses, citing concrete revenue increases; on the other, it offers an ironic take on how football passion can blur social and political realities. There is a pragmatic focus on consumption patterns alongside critical warnings against letting the tournament distract from larger issues.
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