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Politiquemardi 16 juin 2026

Vannacci et l’AfD bousculent les droites européennes

En Italie comme en Allemagne, la percée de mouvements disruptifs redessine les rapports de force au sein des coalitions conservatrices et affole les états-majors.

La droite italienne est saisie d’un vertige inédit. Le mouvement Futuro Nazionale, lancé par l’ancien général Roberto Vannacci, atteint désormais 5,3 % dans les intentions de vote, à égalité avec la Ligue de Matteo Salvini, selon l’institut Swg. La dynamique est inverse : le parti de Salvini chute de semaine en semaine, quand la formation vannaccienne engrange une progression constante. Ce basculement provoque une onde de choc jusqu’au sommet de Forza Italia. Marina Berlusconi, présidente de Fininvest, se dit « atterrée » par le show de Vannacci et refuse toute alliance avec cette « lie » et ces « camarades ». Selon la presse transalpine, elle envisage de suggérer à Giorgia Meloni l’abandon du scrutin majoritaire au profit d’une proportionnelle intégrale sans coalition obligatoire, afin de ne pas lier le sort du centre droit à un partenaire jugé infréquentable.

Outre-Rhin, une secousse comparable ébranle la CDU-CSU. Un sondage YouGov place l’AfD à 29 %, en hausse d’un point, tandis que l’Union chrétienne-démocrate dégringole à 20 %, soit un écart record de neuf points. Ce décrochage, qui s’est creusé de trois points en cinq semaines, met sous pression le chancelier Friedrich Merz et le patron bavarois Markus Söder. La droite traditionnelle allemande, tout comme son homologue italienne, voit ainsi son leadership contesté par une force qui capitalise sur le rejet des compromis et la radicalité du discours.

La poussée de Vannacci doit beaucoup à une mécanique médiatique bien rodée. Intellectuels et éditorialistes italiens, de Massimo Cacciari à Serena Poli, dénoncent une « propagande » involontaire : à force de le pourfendre, les grandes plateformes ont transformé un phénomène marginal en interlocuteur central. L’intéressé, lui, se présente en « leader qui unit » et rejette les étiquettes, tout en verrouillant les dossiers de l’immigration et de la souveraineté. Son mouvement attire jusqu’à d’anciens détracteurs, illustrant la porosité d’un espace politique en recomposition.

Cette fragmentation n’épargne pas d’autres géographies. Au Proche-Orient, les derniers sondages israéliens montrent un effritement des blocs traditionnels : le parti de Benny Gantz et Yaïr Lapid recule face à la formation de l’ex-chef d’état-major Gadi Eizenkot, tandis qu’une partie de l’électorat haredi envisage l’abstention pour protester contre l’absence de solution sur la conscription des étudiants en yeshiva. Partout, les loyautés partisanes s’effilochent au profit d’offres plus personnalisées ou plus tranchées.

À l’approche des prochaines échéances électorales, la question des alliances devient existentielle pour les droites de gouvernement. En Italie, l’hypothèse d’une réforme électorale proportionnelle pourrait sanctuariser les identités partisanes mais affaiblir la coalition. En Allemagne, l’écart grandissant entre l’AfD et la CDU-CSU complique toute perspective de majorité stable sans cordon sanitaire. La simultanéité de ces dynamiques, de Rome à Berlin, signale une mutation profonde des équilibres conservateurs européens, où les outsiders imposent leur tempo aux héritiers de la démocratie chrétienne.

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mardi 16 juin 2026

Vannacci et l’AfD bousculent les droites européennes

En Italie comme en Allemagne, la percée de mouvements disruptifs redessine les rapports de force au sein des coalitions conservatrices et affole les états-majors.

La droite italienne est saisie d’un vertige inédit. Le mouvement Futuro Nazionale, lancé par l’ancien général Roberto Vannacci, atteint désormais 5,3 % dans les intentions de vote, à égalité avec la Ligue de Matteo Salvini, selon l’institut Swg. La dynamique est inverse : le parti de Salvini chute de semaine en semaine, quand la formation vannaccienne engrange une progression constante. Ce basculement provoque une onde de choc jusqu’au sommet de Forza Italia. Marina Berlusconi, présidente de Fininvest, se dit « atterrée » par le show de Vannacci et refuse toute alliance avec cette « lie » et ces « camarades ». Selon la presse transalpine, elle envisage de suggérer à Giorgia Meloni l’abandon du scrutin majoritaire au profit d’une proportionnelle intégrale sans coalition obligatoire, afin de ne pas lier le sort du centre droit à un partenaire jugé infréquentable.

Outre-Rhin, une secousse comparable ébranle la CDU-CSU. Un sondage YouGov place l’AfD à 29 %, en hausse d’un point, tandis que l’Union chrétienne-démocrate dégringole à 20 %, soit un écart record de neuf points. Ce décrochage, qui s’est creusé de trois points en cinq semaines, met sous pression le chancelier Friedrich Merz et le patron bavarois Markus Söder. La droite traditionnelle allemande, tout comme son homologue italienne, voit ainsi son leadership contesté par une force qui capitalise sur le rejet des compromis et la radicalité du discours.

La poussée de Vannacci doit beaucoup à une mécanique médiatique bien rodée. Intellectuels et éditorialistes italiens, de Massimo Cacciari à Serena Poli, dénoncent une « propagande » involontaire : à force de le pourfendre, les grandes plateformes ont transformé un phénomène marginal en interlocuteur central. L’intéressé, lui, se présente en « leader qui unit » et rejette les étiquettes, tout en verrouillant les dossiers de l’immigration et de la souveraineté. Son mouvement attire jusqu’à d’anciens détracteurs, illustrant la porosité d’un espace politique en recomposition.

Cette fragmentation n’épargne pas d’autres géographies. Au Proche-Orient, les derniers sondages israéliens montrent un effritement des blocs traditionnels : le parti de Benny Gantz et Yaïr Lapid recule face à la formation de l’ex-chef d’état-major Gadi Eizenkot, tandis qu’une partie de l’électorat haredi envisage l’abstention pour protester contre l’absence de solution sur la conscription des étudiants en yeshiva. Partout, les loyautés partisanes s’effilochent au profit d’offres plus personnalisées ou plus tranchées.

À l’approche des prochaines échéances électorales, la question des alliances devient existentielle pour les droites de gouvernement. En Italie, l’hypothèse d’une réforme électorale proportionnelle pourrait sanctuariser les identités partisanes mais affaiblir la coalition. En Allemagne, l’écart grandissant entre l’AfD et la CDU-CSU complique toute perspective de majorité stable sans cordon sanitaire. La simultanéité de ces dynamiques, de Rome à Berlin, signale une mutation profonde des équilibres conservateurs européens, où les outsiders imposent leur tempo aux héritiers de la démocratie chrétienne.

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