
Emploi américain : un ralentissement inattendu calme les craintes de hausse des taux
Avec seulement 57 000 créations de postes en juin, les États-Unis surprennent les marchés, réduisant la probabilité d’un resserrement monétaire imminent.
Le département du Travail américain a annoncé jeudi que l’économie n’avait créé que 57 000 emplois en juin, soit près de la moitié des 110 000 à 115 000 attendus par les économistes. Le taux de chômage a légèrement reculé à 4,2 %, mais cette baisse masque un recul marqué du taux de participation à la population active, tombé à 61,5 %, son plus bas niveau depuis plus de cinq ans. Les marchés ont immédiatement réagi : le dollar a chuté, les rendements obligataires se sont détendus et les indices boursiers new-yorkais ont ouvert en ordre dispersé, le Dow Jones gagnant du terrain tandis que le Nasdaq, riche en valeurs technologiques, reculait.
Ce rapport tempère les anticipations de hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale, que les investisseurs jugeaient de plus en plus probables après les déclarations fermes de son président, Kevin Warsh, sur la lutte contre l’inflation. Selon les données compilées par LSEG, la probabilité implicite d’au moins un relèvement cette année est passée de 84 % à 76 %. Des économistes de la place londonienne ont qualifié ce chiffre de « magnifique », estimant qu’il éloigne le spectre d’une surchauffe du marché du travail, tandis que les analystes de la City soulignent que la Fed pourrait désormais se concentrer davantage sur son mandat d’emploi.
La surprise est venue en grande partie du secteur des loisirs et de l’hôtellerie, qui a supprimé 61 000 postes, alors que les analystes tablaient sur un coup de pouce de la Coupe du monde de football, co-organisée par les États-Unis. Les embauches dans les bars et restaurants, qui avaient bondi en mai, se sont donc retournées, décevant les prévisions de Goldman Sachs qui espérait 40 000 créations d’emplois liées au tournoi. Les révisions à la baisse des mois précédents (–74 000 emplois pour avril et mai) renforcent l’image d’un marché du travail en perte de dynamisme, même si la santé et l’assistance sociale continuent de tirer leur épingle du jeu.
Ce ralentissement intervient dans un contexte géopolitique tendu : la guerre entre les États-Unis et l’Iran, bien que des pourparlers indirects aient eu lieu à Doha, maintient une pression sur les prix de l’énergie. La hausse des salaires horaires (+3,5 % sur un an) reste inférieure à l’inflation, érodant le pouvoir d’achat des ménages. Les économistes de Francfort notent que la modération des prix du pétrole, si elle se confirme, pourrait atténuer l’inflation globale, mais que l’inflation sous-jacente risque de rester élevée en raison de la transmission des coûts énergétiques.
Les prochains indicateurs d’inflation seront donc déterminants pour la trajectoire des taux. La Fed, qui se réunit à la fin du mois, devrait maintenir le statu quo, mais les marchés surveilleront tout signe d’un changement de ton. À l’approche des élections de mi-mandat, la santé du marché du travail devient aussi un enjeu politique pour l’administration Trump, qui mise sur une réindustrialisation dont les effets tardent à se matérialiser.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | −0.30 | critical |
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
The number is a wake-up call for those betting on endless growth, but no reason to panic: the Fed has the tools to manage the phase.
The slowdown is normalized as a natural correction, avoiding dramatization and anchoring the narrative to institutional responsiveness.
The US slowdown is bad news for Latin America: fewer remittances, less exports, more volatility. Markets react by fleeing to gold.
The US figure is linked to local interests, turning a foreign statistic into a concrete risk for the region.
The US labor market slows, but for the Gulf what matters more is oil demand and the stability of local investments.
The impact of the US figure is minimized by shifting focus to variables considered more relevant for the regional economy.
The American model shows its cracks: fragile growth, inequalities, dependence on the Fed. Europe must look to itself.
The US data is used to question the superiority of the American economic model and legitimize a more independent European policy line.
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