
Téhéran avertit que les routes alternatives dans le détroit d’Ormuz prolongeront les tensions
L’Iran insiste sur son contrôle exclusif du passage stratégique et menace de représailles tout navire empruntant un corridor non approuvé, tandis que Washington et les monarchies du Golfe maintiennent une voie maritime parallèle.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a prévenu dimanche à Bagdad que toute tentative d’imposer des itinéraires de navigation distincts de ceux agréés par Téhéran « ne ferait qu’accroître les tensions et retarder la réouverture du détroit d’Ormuz ». Cette déclaration fait suite à l’apparition d’un couloir de circulation longeant la côte omanaise, annoncé par Mascate et l’Organisation maritime internationale sans consultation de l’Iran. Selon les autorités iraniennes, cet itinéraire viole le mémorandum d’entente conclu ce mois-ci avec les États-Unis sous médiation pakistanaise, qui confère à la République islamique la responsabilité exclusive de la gestion du détroit pour une période de trente jours et garantit le libre passage des navires commerciaux pendant soixante jours.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) a qualifié le corridor parallèle d’« ingérence extérieure » et menacé d’user de « moyens plus fermes » contre les bâtiments qui l’emprunteraient. Côté américain, le président Donald Trump a averti que l’Iran « n’existerait plus » si Washington était contraint de reprendre les hostilités, tandis que le Commandement central américain (CENTCOM) a mené des frappes contre des sites de missiles et de drones iraniens en réponse à une attaque de drone contre le pétrolier panaméen Kiku. Téhéran a riposté par des tirs visant des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, tous deux fermement condamnés par ces monarchies du Golfe. Selon des analystes du Royal United Services Institute de Londres, ces échanges participent d’une stratégie iranienne de « pression contrôlée » visant à maintenir un avantage dans les négociations tout en entretenant l’incertitude sur les marchés énergétiques mondiaux.
Les capitales régionales tentent d’éviter un embrasement. Bagdad, qui avait joué un rôle de médiateur avant le conflit déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes, souhaite organiser un sommet régional incluant l’Iran, l’Irak et les États du Conseil de coopération du Golfe, « sans présence ni ingérence extérieure ». Le ministre irakien des Affaires étrangères, Fouad Hussein, a souligné qu’une fermeture prolongée du détroit menacerait directement les exportations pétrolières irakiennes. Parallèlement, la dimension libanaise complique l’équation : Israël a mené des frappes contre le Hezbollah, que Téhéran qualifie de « violation flagrante » du cessez-le-feu, tandis qu’un député du Hezbollah prédit l’échec de l’accord israélo-libanais signé cette semaine.
Le 8 juillet, les processions funéraires de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien tué lors des premières heures de la guerre, devraient rassembler en Irak des groupes chiites fidèles à Téhéran, renforçant la solidarité régionale autour de l’Iran. Dans l’attente du sommet régional proposé par Bagdad, le dossier reste tributaire de la capacité des parties à faire respecter un mémorandum d’entente dont chaque camp interprète les clauses à son avantage, sans mécanisme de vérification impartial.
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Iran's foreign minister asserted full Iranian control over the Strait of Hormuz for the next 30 days, warning that any outside interference would delay reopening. The statement frames Iran as the sole legitimate manager of the strait, with the deal with the US seen as a victory. Any challenge is portrayed as a threat to regional stability, implying Iran's dominant position.
Russian state media reports Iran's exclusive responsibility for restoring shipping in the Strait of Hormuz, presenting the deal as a matter of fact. The tone is neutral, without criticism or endorsement, aligning with Iran's position. The focus is on the technical details of the 30-day period and the resumption of normal operations.
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