
Démission de Starmer : la livre sous pression, les marchés à l’affût de la succession
L’annonce du départ du premier ministre britannique fait glisser la devise et ravive les inquiétudes sur la soutenabilité budgétaire du Royaume-Uni.
L’annonce par Keir Starmer de sa démission prochaine de la tête du Parti travailliste et du gouvernement britannique a provoqué un nouvel accès de faiblesse de la livre sterling, qui cédait 0,2 % face au dollar, à 1,319, proche de ses plus bas de trois mois. La devise a perdu environ 3 % depuis février, lorsque la pression politique sur le premier ministre s’est intensifiée. Les rendements des obligations d’État à dix ans (gilts) se maintenaient autour de 4,85 %, non loin de leurs niveaux les plus élevés depuis la crise financière de 2008, faisant du Royaume-Uni le pays du G7 affichant les coûts d’emprunt les plus lourds.
Cette réaction contenue mais négative reflète l’incertitude quant à l’orientation budgétaire du prochain gouvernement. Andy Burnham, ancien maire du Grand Manchester et favori pour succéder à Starmer, est perçu comme plus à gauche que le premier ministre sortant. S’il s’est engagé à respecter les règles fiscales strictes définies par la ministre des Finances Rachel Reeves, les investisseurs attendent des preuves concrètes, alors que la dette publique avoisine 94 % du PIB et que le déficit budgétaire atteint près de 5 % du PIB, selon un stratège de la société de gestion suisse Gam.
Les marchés d’options montrent que les opérateurs sont prêts à payer davantage pour se couvrir contre la volatilité de la livre dans les semaines à venir. Un analyste de la banque japonaise MUFG, basé à Londres, estime que les déclarations rassurantes de Burnham limitent les risques baissiers à court terme, tandis qu’un stratège de la banque canadienne CIBC, également à Londres, prévient qu’une contestation ouverte pour la direction du parti, avec des engagements fiscaux non maîtrisés, serait bien plus problématique pour la devise. Un stratège obligataire de la banque américaine Jefferies, à Londres, indique avoir évité les gilts de longue maturité et anticipe une volatilité accrue sur la partie longue de la courbe.
La période de dépôt des candidatures à la direction du Labour s’ouvre le 9 juillet et le nouveau premier ministre doit être en place d’ici la reprise parlementaire de septembre. Les investisseurs surveilleront la nomination du chancelier de l’Échiquier et les premiers arbitrages budgétaires, alors que le fardeau de la dette et les dépenses sociales, estimées à 337 milliards de livres pour 2025-2026 par le Département du travail et des retraites, limitent les marges de manœuvre. La bienveillance des créanciers étrangers, qui détiennent près d’un tiers des gilts en circulation, reste un facteur clé de stabilité.
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La livre sterling a reculé et les coûts d'emprunt britanniques ont légèrement augmenté après l'annonce de la démission du Premier ministre Starmer, laissant les investisseurs sans visibilité sur les projets économiques du prochain dirigeant. Avec Andy Burnham donné favori, les marchés se focalisent sur la fiabilité budgétaire dans un contexte de dette déjà élevée et de croissance atone.
La démission de Starmer plonge le Royaume-Uni dans une énième phase d'incertitude politique, la livre sterling touchant ses plus bas de l'année. Le pays s'apprête à connaître son septième Premier ministre en dix ans, ravivant le chaos que la victoire écrasante des travaillistes était censée clore.
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