
DeepSeek conçoit sa propre puce IA pour s’émanciper de Nvidia
La start-up chinoise développe un semi-conducteur dédié à l’inférence, une étape stratégique qui redessine les dépendances technologiques entre la Chine et les États-Unis.
DeepSeek, fer de lance chinois de l’intelligence artificielle, a engagé la conception d’une puce spécialisée dans l’inférence – la phase où un modèle entraîné génère des réponses. Le projet, encore à un stade précoce selon trois sources proches du dossier citées par Reuters, vise à réduire la dépendance de l’entreprise envers les processeurs de Nvidia et de Huawei, qu’elle utilise actuellement pour faire fonctionner ses modèles. Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large : le mois dernier, OpenAI a dévoilé sa propre puce d’inférence, Jalapeno, développée avec Broadcom, tandis qu’Anthropic évalue une démarche similaire.
La décision de DeepSeek répond à une contrainte géopolitique directe. Les contrôles à l’exportation imposés par Washington interdisent aux entreprises chinoises l’accès aux puces les plus avancées de Nvidia. Le modèle fondamental du très médiatisé R1 – dont les performances à bas coût avaient ébranlé les valeurs technologiques américaines en janvier 2025 – avait été entraîné sur des H800, une puce conçue pour le marché chinois avant d’être prohibée fin 2023. Depuis, DeepSeek s’est tourné vers les processeurs Ascend de Huawei, qui revendique près de la moitié du marché chinois des puces IA, estimé à 50 milliards de dollars. Mais la domination de Huawei est désormais contestée par les ambitions de concurrents locaux comme Alibaba et Baidu, qui développent eux aussi leurs propres semi-conducteurs.
La presse économique chinoise présente ce virage comme un alignement sur les injonctions de Pékin, qui presse ses champions technologiques de bâtir des alternatives nationales. Les médias américains, citant des responsables du Département d’État, y voient un nouveau front dans la rivalité technologique : des commissions du Congrès examinent comment restreindre l’usage des modèles d’IA chinois par les entreprises américaines, invoquant des risques de cybersécurité. En retour, la Chine maintient son « Grand Firewall », qui bloque l’accès à ChatGPT et aux autres modèles occidentaux, et a été le premier pays à légiférer sur l’IA générative.
La faisabilité du projet reste incertaine. La conception d’une puce compétitive exige plusieurs années et des capitaux considérables. La fabrication se heurte à l’interdiction faite aux concepteurs chinois d’accéder aux fonderies étrangères les plus avancées, ainsi qu’aux restrictions sur la mémoire à large bande passante, composant critique pour l’inférence. DeepSeek, basé à Hangzhou, a discrètement renforcé ses recrutements d’ingénieurs en conception de puces ces derniers mois, sans publier d’offres sur les plateformes classiques. Le prochain jalon à surveiller sera l’éventuelle annonce d’un partenariat avec une fonderie ou un fabricant de mémoires, qui donnerait une indication concrète sur le calendrier de ce projet stratégique.
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
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| Presse indienne et sud-asiatique | +0.40 | aligned |
| Presse russe et CEI | 0.00 | neutral |
| Presse chinoise | 0.00 | neutral |
L'Occident observe la manœuvre de DeepSeek comme une quête stratégique de souveraineté technologique, la présentant comme un défi à la domination américaine.
En mettant l'accent sur l'objectif de 'mettre fin à la dépendance américaine', le récit crée une compétition à somme nulle entre les technologies américaines et chinoises, faisant du développement de la puce de DeepSeek une menace directe pour le leadership américain.
Le cadre atlantique omet que DeepSeek vise également à réduire sa dépendance à Huawei, et que la puce est uniquement destinée à l'inférence, pas à l'entraînement, ce qui limite son impact immédiat sur le cœur de métier de Nvidia.
L'Inde présente la puce de DeepSeek comme un coup direct à Nvidia, célébrant le potentiel de la Chine à contourner la technologie américaine et signalant un changement dans le paysage mondial des puces.
L'utilisation de 'mauvaise nouvelle pour Nvidia' et 'la Chine n'aura peut-être pas besoin de vos puces' personnifie la rivalité, transformant un développement d'entreprise en une confrontation nationaliste.
Le cadre indien omet que la puce est uniquement destinée à l'inférence, donc le marché des puces d'entraînement de Nvidia reste largement inchangé, et que DeepSeek cherche également l'indépendance vis-à-vis de Huawei.
La Russie recadre l'histoire comme une répression menée par les États-Unis contre l'IA chinoise, dépeignant Washington comme l'agresseur et DeepSeek comme une victime de restrictions géopolitiques.
En se concentrant sur les restrictions américaines plutôt que sur l'innovation de DeepSeek, le récit déplace l'attention vers l'outrance américaine, faisant du développement de la puce un détail secondaire.
Le cadre russe omet les détails du développement de la puce de DeepSeek, y compris son objectif et son calendrier, et ne mentionne pas les dynamiques concurrentielles avec Nvidia et Huawei.
La Chine présente la puce de DeepSeek comme une stratégie pragmatique et à long terme pour parvenir à l'autosuffisance, avec une évaluation lucide des défis des contrôles à l'exportation américains et de l'impact sur le rival national Huawei.
Le reportage technique et détaillé normalise la décision comme une décision commerciale rationnelle, tandis que la mention de la perte potentielle de marché de Huawei introduit une concurrence interne, détournant d'un récit purement anti-américain.
Le cadre chinois omet toute critique des contrôles à l'exportation américains comme injustes, les traitant plutôt comme un défi donné, et ne met pas en évidence le stade précoce du développement ou le risque d'échec.
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