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Sociétémardi 16 juin 2026

De Landskrona à Jakarta, l’emprise psychologique et la terreur au féminin

Témoignages suédois, révélations indonésiennes et un signalement italien esquissent une cartographie mondiale de la violence psychologique faite aux femmes, entre menaces anonymes et traumatismes intimes.

Le récit le plus saisissant nous vient d’Indonésie, où l’actrice Tamara Tyasmara a récemment brisé le silence sur une double épreuve : la perte de son fils Dante, tué par son ancien compagnon, et la campagne de terreur numérique qui a suivi. Des messages menaçants sur WhatsApp et Instagram, une surveillance diffuse jusque sur les lieux de tournage, l’ont plongée dans une paranoïa persistante. La presse de Jakarta rapporte qu’elle n’ose plus sortir sans crainte, et qu’elle a déposé plainte. Ce climat d’intimidation s’enracine dans un traumatisme plus profond : la mort de l’enfant, infligée par celui qui aurait dû le protéger, a laissé une empreinte indélébile. Tamara Tyasmara confie ne pas être en mesure d’envisager une nouvelle relation, se disant encore « sous l’ombre » du drame, et promet d’écouter davantage les mises en garde de ses proches à l’avenir.

Ce témoignage trouve un écho troublant en Suède, où une écrivaine et cinéaste de la région de Scanie, My Roman Fagerlind, a livré un texte autobiographique sur la « terreur psychique » subie dans une relation intime. Elle y décrit un homme au « charisme étincelant », rencontré à distance, qui disparaît puis réapparaît pour tisser une emprise faite de suspicion maladive et de dépendance affective. « Si j’étais restée, je ne serais plus en vie aujourd’hui », écrit-elle, en écho aux récits de femmes de Landskrona victimes de violences psychologiques. La contribution suédoise, publiée dans un grand quotidien du Sud, transforme l’expérience personnelle en analyse culturelle : elle souligne combien la manipulation mentale, sans traces visibles, isole la victime et la coupe de tout repère, rendant le départ presque impossible.

L’Europe du Sud n’est pas en reste. En Italie, l’affaire de Garlasco – ce meurtre non élucidé d’une jeune femme en 2007 – connaît un rebondissement avec la déposition d’un témoin oculaire resté silencieux pendant près de deux décennies. L’homme affirme avoir aperçu, le jour du crime, une femme blonde aux « yeux exorbités » près de la villa, et avoir été menacé par la suite pour qu’il « se mêle de ses affaires ». Ce détail, révélé par une émission d’investigation, illustre un autre visage de la terreur : celui qui pèse sur les témoins, souvent dissuadés de parler par peur des représailles. La scène italienne rappelle que la violence psychologique ne s’arrête pas aux victimes directes, mais contamine l’entourage et entrave la vérité judiciaire.

Ces fragments, bien que disparates, dessinent une géographie de l’emprise. En Asie du Sud-Est, la vulnérabilité des personnalités publiques face au harcèlement en ligne se double d’un silence imposé par la honte et la peur de ne pas être crues. En Scandinavie, la parole se libère à travers le prisme littéraire, transformant le traumatisme en matériau de réflexion collective sur les mécanismes de la manipulation affective. En Europe méridionale, la menace prend la forme d’une omerta de fait, où les témoins d’actes criminels sont réduits au silence par intimidation. Partout, la frontière entre l’espace privé et la sphère publique s’efface : les réseaux sociaux deviennent des armes, les relations intimes des pièges, et la rue un théâtre d’insécurité.

Cette convergence de récits, par-delà les frontières linguistiques et culturelles, met en lumière une réalité trop souvent reléguée au rang de fait divers. La terreur psychologique, qu’elle s’exerce dans le huis clos d’un couple, par le truchement d’écrans ou sous la forme de menaces directes, laisse des séquelles durables que les systèmes judiciaires peinent encore à appréhender. L’enjeu, pour les années à venir, est de traduire cette prise de conscience en dispositifs de protection adaptés – de l’accompagnement des victimes de violences intimes à la lutte contre le cyberharcèlement, en passant par la sécurisation des témoins dans les affaires criminelles. Les voix de Landskrona, de Jakarta et de Garlasco, si différentes soient-elles, convergent vers une même exigence : que la peur change de camp.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Stampa europea continentaleStampa sud-est asiatica
Stampa europea continentale/ nordica
indignazioneallarmeurgenza

En Suède et en Italie, des voix émergent pour raconter la terreur psychologique et les intimidations qui refont surface du passé. Les femmes de Landskrona décrivent un contrôle coercitif qui a failli leur coûter la vie, tandis qu'un témoin de l'affaire Garlasco se souvient d'une femme blonde aux yeux hagards et des menaces pour le faire taire. Le récit tisse un fil de violence immergée qui traverse les années et les frontières, dénonçant un système qui ne protège pas.

Stampa sud-est asiatica
allarmevittimismourgenza

L'actrice indonésienne Tamara Tyasmara rapporte une campagne de terreur et de menaces après la mort tragique de son fils des mains de son ex-compagnon. Elle parle de traumatisme profond, de peur de sortir de chez elle et d'incapacité à ouvrir son cœur à de nouvelles relations. L'histoire se concentre sur sa souffrance personnelle et les ombres persistantes d'un passé violent.

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mardi 16 juin 2026

De Landskrona à Jakarta, l’emprise psychologique et la terreur au féminin

Témoignages suédois, révélations indonésiennes et un signalement italien esquissent une cartographie mondiale de la violence psychologique faite aux femmes, entre menaces anonymes et traumatismes intimes.

Le récit le plus saisissant nous vient d’Indonésie, où l’actrice Tamara Tyasmara a récemment brisé le silence sur une double épreuve : la perte de son fils Dante, tué par son ancien compagnon, et la campagne de terreur numérique qui a suivi. Des messages menaçants sur WhatsApp et Instagram, une surveillance diffuse jusque sur les lieux de tournage, l’ont plongée dans une paranoïa persistante. La presse de Jakarta rapporte qu’elle n’ose plus sortir sans crainte, et qu’elle a déposé plainte. Ce climat d’intimidation s’enracine dans un traumatisme plus profond : la mort de l’enfant, infligée par celui qui aurait dû le protéger, a laissé une empreinte indélébile. Tamara Tyasmara confie ne pas être en mesure d’envisager une nouvelle relation, se disant encore « sous l’ombre » du drame, et promet d’écouter davantage les mises en garde de ses proches à l’avenir.

Ce témoignage trouve un écho troublant en Suède, où une écrivaine et cinéaste de la région de Scanie, My Roman Fagerlind, a livré un texte autobiographique sur la « terreur psychique » subie dans une relation intime. Elle y décrit un homme au « charisme étincelant », rencontré à distance, qui disparaît puis réapparaît pour tisser une emprise faite de suspicion maladive et de dépendance affective. « Si j’étais restée, je ne serais plus en vie aujourd’hui », écrit-elle, en écho aux récits de femmes de Landskrona victimes de violences psychologiques. La contribution suédoise, publiée dans un grand quotidien du Sud, transforme l’expérience personnelle en analyse culturelle : elle souligne combien la manipulation mentale, sans traces visibles, isole la victime et la coupe de tout repère, rendant le départ presque impossible.

L’Europe du Sud n’est pas en reste. En Italie, l’affaire de Garlasco – ce meurtre non élucidé d’une jeune femme en 2007 – connaît un rebondissement avec la déposition d’un témoin oculaire resté silencieux pendant près de deux décennies. L’homme affirme avoir aperçu, le jour du crime, une femme blonde aux « yeux exorbités » près de la villa, et avoir été menacé par la suite pour qu’il « se mêle de ses affaires ». Ce détail, révélé par une émission d’investigation, illustre un autre visage de la terreur : celui qui pèse sur les témoins, souvent dissuadés de parler par peur des représailles. La scène italienne rappelle que la violence psychologique ne s’arrête pas aux victimes directes, mais contamine l’entourage et entrave la vérité judiciaire.

Ces fragments, bien que disparates, dessinent une géographie de l’emprise. En Asie du Sud-Est, la vulnérabilité des personnalités publiques face au harcèlement en ligne se double d’un silence imposé par la honte et la peur de ne pas être crues. En Scandinavie, la parole se libère à travers le prisme littéraire, transformant le traumatisme en matériau de réflexion collective sur les mécanismes de la manipulation affective. En Europe méridionale, la menace prend la forme d’une omerta de fait, où les témoins d’actes criminels sont réduits au silence par intimidation. Partout, la frontière entre l’espace privé et la sphère publique s’efface : les réseaux sociaux deviennent des armes, les relations intimes des pièges, et la rue un théâtre d’insécurité.

Cette convergence de récits, par-delà les frontières linguistiques et culturelles, met en lumière une réalité trop souvent reléguée au rang de fait divers. La terreur psychologique, qu’elle s’exerce dans le huis clos d’un couple, par le truchement d’écrans ou sous la forme de menaces directes, laisse des séquelles durables que les systèmes judiciaires peinent encore à appréhender. L’enjeu, pour les années à venir, est de traduire cette prise de conscience en dispositifs de protection adaptés – de l’accompagnement des victimes de violences intimes à la lutte contre le cyberharcèlement, en passant par la sécurisation des témoins dans les affaires criminelles. Les voix de Landskrona, de Jakarta et de Garlasco, si différentes soient-elles, convergent vers une même exigence : que la peur change de camp.

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L'actrice indonésienne Tamara Tyasmara rapporte une campagne de terreur et de menaces après la mort tragique de son fils des mains de son ex-compagnon. Elle parle de traumatisme profond, de peur de sortir de chez elle et d'incapacité à ouvrir son cœur à de nouvelles relations. L'histoire se concentre sur sa souffrance personnelle et les ombres persistantes d'un passé violent.

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