
Irak : vaste opération anticorruption au cœur de Bagdad après des aveux sur le trafic pétrolier iranien
Des responsables politiques et parlementaires ont été arrêtés dans la Zone verte, sur fond de lutte contre la corruption et de tension régionale autour du détroit d’Ormuz.
À l’aube du dimanche 28 juin 2026, les forces antiterroristes irakiennes, appuyées par l’armée, ont investi la Zone verte de Bagdad pour procéder à de multiples interpellations. Selon des sources sécuritaires à Bagdad et des correspondants de presse occidentaux, au moins quinze à vingt personnalités ont été arrêtées, parmi lesquelles des députés en exercice, d’anciens ministres et des responsables de l’administration précédente. Les entrées de ce périmètre abritant les principales institutions et ambassades ont été bouclées, et des véhicules blindés déployés, tandis que des tirs sporadiques étaient signalés, liés à la fuite de quelques suspects. Le nouveau Premier ministre Ali al-Zaïdi, entré en fonction en mai, a fait de la lutte anticorruption une priorité absolue de son gouvernement.
Le fondement judiciaire de ces raids réside, d’après des sources proches du parquet irakien, dans les aveux de l’ancien vice-ministre du Pétrole Adnan al-Jumaili, arrêté le mois précédent pour corruption. Ces déclarations ont mis en cause un réseau de responsables politiques et d’hommes d’affaires impliqués dans des faits de détournement de fonds et, selon plusieurs titres de la presse régionale et des responsables sécuritaires cités par l’AFP, de contrebande de pétrole iranien au moyen de documents falsifiés. L’adjoint chargé de la distribution au ministère du Pétrole, Ali al-Bahadli, déjà sanctionné par Washington en mai pour son rôle présumé dans ce trafic, a également été appréhendé. Les médias proches du gouvernement irakien insistent sur le caractère strictement interne de l’opération, menée sur mandat judiciaire et sans immixtion étrangère, bien que la presse kurde et des sources proches des services américains évoquent la présence d’agents du FBI à Bagdad.
La dimension politique de ces arrestations est immédiatement apparue. Les noms qui circulent — non confirmés officiellement — incluent des figures des partis chiites liés à l’Iran, comme le frère de l’ex-Premier ministre Mohammed Shia’ al-Sudani, des cadres de l’État de droit de Nouri al-Maliki, ou encore le chef du bloc parlementaire affilié au Hezbollah irakien. Selon des analystes européens et la presse saoudienne, l’offensive judiciaire pourrait affaiblir le « cadre de coordination » chiite, principale force politique de la précédente législature, alors que le scrutin de novembre 2025 a débouché sur un blocage dont est issu le Premier ministre al-Zaïdi, soutenu par Washington. La levée préalable de l’immunité de plusieurs parlementaires, rendue plus aisée par la vacance estivale de l’Assemblée, a permis la mise en œuvre rapide des mandats. Pour les chancelleries occidentales et les pays du Golfe, ces opérations illustrent la volonté du nouveau pouvoir de restaurer la confiance des investisseurs internationaux et de réduire l’emprise économique des milices.
Ce tour de vis coïncide avec une forte tension régionale : depuis le blocus du détroit d’Ormuz et les affrontements entre l’Iran et les États-Unis, Bagdad cherche à repositionner son alliance avec Washington sur un terrain économique plutôt que militaire. Ali al-Zaïdi, qui s’apprête à se rendre en juillet à Washington, a réaffirmé sa volonté de désarmer les factions pro-iraniennes et de faire de l’État le seul détenteur de la violence légitime. La presse kurde et les agences de presse internationales soulignent que la capacité du gouvernement à mener à terme les procédures contre les dignitaires arrêtés sera le véritable test de son indépendance face aux pressions politiques internes. Le communiqué officiel annoncé dans les heures à venir précisera la liste des personnes visées, tandis que les perquisitions se poursuivent pour mettre la main sur les suspects en fuite.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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The anti-corruption campaign in Iraq is portrayed as a targeted operation against the pro-Iranian network, with emphasis on its political scope and regional implications. The role of Prime Minister Al-Zaidi is highlighted, sending signals to both Washington and Tehran, while the need for a serious fight against corruption is stressed. The tone is measured, mixing approval for the action with skepticism about the prospects for genuine reform.
Iranian press does not directly report the Iraq raids, but publishes a story about an arms trafficking arrest in Tehran, shifting focus to a domestic police operation. This selective silence and the choice of a similar but local story suggest an attempt to downplay the Iraqi campaign and reaffirm Iran's internal control capacity.
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