
Soupçons d’accès compassionnel au rétatrutide : la Maison-Blanche dément que Trump en soit le bénéficiaire
Un patient de 79 ans a obtenu un accès spécial au rétatrutide, un anti-obésité en phase 3, suscitant des spéculations sur l’identité du bénéficiaire que la présidence américaine a fermement rejetées.
Le 10 juin, le site spécialisé STAT a révélé qu’un homme de 79 ans avait obtenu un accès compassionnel au rétatrutide, un anti-obésité expérimental d’Eli Lilly, pour une obésité réfractaire compliquée d’apnée du sommeil et d’hypertension pulmonaire. La Maison-Blanche a démenti que le président Trump, qui a eu 80 ans ce mois-ci, soit ce patient, qualifiant l’hypothèse de « spéculation sans fondement » et la journaliste de « chroniqueuse de ragots ». La presse israélienne et italienne a largement relayé les interrogations, soulignant que le porte-parole avait d’abord refusé de répondre directement, avant de renvoyer vers le département de la Santé.
Le programme d’usage compassionnel de la FDA permet l’accès à des traitements non approuvés pour des pathologies engageant le pronostic vital. La demande, déposée en avril par un clinicien des NIH, a attiré l’attention des plus hauts responsables sanitaires, suggérant un patient bien connecté. Le rétatrutide, un triple agoniste GLP-1/GIP/glucagon, a montré en essai de phase 3 (2 339 adultes) une perte de poids moyenne de 28,3 %, un résultat proche de la chirurgie bariatrique, selon les données relayées par la presse brésilienne. Les effets indésirables, principalement gastro-intestinaux, ont conduit 11 % des participants à interrompre le traitement.
Les médias américains ont rappelé que Trump avait déjà bénéficié d’un accès précoce à un traitement expérimental contre le Covid-19 en 2020. Son dernier bilan médical ne mentionne pas les pathologies citées, mais son poids (108 kg) frôle le seuil d’obésité clinique. En Europe, où Eli Lilly prévoit un lancement du médicament en 2026-2027 via des canaux de télésanté, la politique de prix de « nation la plus favorisée » voulue par l’administration Trump complique les négociations avec les autorités de santé, rapporte un média économique espagnol. Le laboratoire entend privilégier le paiement direct par les patients, tout en cherchant un remboursement public lorsque cela reste possible.
La prochaine étape réglementaire pour le rétatrutide conditionnera sa mise sur le marché. L’épisode illustre les tensions entre accès précoce pour des patients influents et équité dans l’innovation thérapeutique, un débat qui traverse les communautés médicales américaines et européennes.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Un juge fédéral a bloqué les restrictions SNAP sur les sodas et bonbons voulues par l'administration Trump, mais la Maison Blanche prévient que ce n'est pas le dernier mot. L'exécutif revendique un mandat pour rendre l'Amérique plus saine et nie avec véhémence les rumeurs d'accès privilégié du président à un médicament amaigrissant expérimental.
Eli Lilly prévoit de lancer sa pilule amaigrissante en Europe d'ici fin 2026 ou début 2027, en visant le marché du paiement direct. L'entreprise compte toujours solliciter un remboursement public auprès des gouvernements européens, même si les nouvelles politiques de prix des médicaments de l'administration Trump risquent de compliquer les négociations.
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