
Conjoncture mondiale : la Russie en contraction, l’Amérique latine en croissance modérée
Les derniers indicateurs économiques d’avril révèlent un essoufflement en Russie, une reprise timide au Brésil et une expansion modérée au Mexique et en Colombie.
La Russie a confirmé une contraction de 0,2 % de son produit intérieur brut au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente, selon la première estimation officielle de Rosstat. Ce repli, anticipé par la banque centrale et le ministère du Développement économique, s’explique en partie par un effet calendaire – trois jours ouvrés de moins qu’en 2025 – et par un hiver rigoureux qui a lourdement pesé sur le bâtiment, dont la valeur ajoutée brute a chuté de 9,7 %. Le transport et l’entreposage (−1,8 %), les industries manufacturières (−1,5 %) et le commerce de détail (−1,2 %) ont également souffert, traduisant un affaiblissement de la demande intérieure. En revanche, les technologies de l’information, l’hôtellerie-restauration et la production d’énergie ont affiché des progressions notables. Moscou table sur un rebond de 0,9 % au deuxième trimestre, porté par un effet calendaire inverse.
Au Brésil, l’indice d’activité économique de la banque centrale (IBC-Br), considéré comme un précurseur fiable du PIB, a progressé de 0,51 % en avril par rapport à mars, après une révision à la baisse du recul de mars (−0,18 % au lieu de −0,67 %). Ce résultat, inférieur aux attentes du marché qui misait sur 0,6 %, signale une reprise modérée en ce début de deuxième trimestre. Les services (+0,27 %) et l’industrie (+0,36 %) ont soutenu l’activité, tandis que l’agriculture est restée quasi stable. Sur l’ensemble du premier trimestre, le PIB brésilien a crû de 1,1 % en rythme trimestriel et de 1,8 % sur un an, confirmant une dynamique de croissance qui tend toutefois à s’essouffler après un début d’année vigoureux.
Les indicateurs avancés mexicains dessinent une trajectoire comparable de progression contenue. L’Institut national de statistique (Inegi) prévoit, via son indicateur opportun (IOAE), une hausse annuelle de 1,4 % en avril et de 1,1 % en mai pour l’activité économique globale. Les activités secondaires (industrie) et tertiaires (services) devraient croître respectivement de 1,8 % et 1,7 % en avril, mais le mois de mai marquerait un léger repli mensuel (−0,1 %), essentiellement dû aux services. En Colombie, l’indicateur de suivi de l’économie (ISE) attendu pour avril laisse entrevoir une croissance annuelle de 3,4 %, en retrait par rapport aux 4,0 % de mars. Ce ralentissement s’explique en partie par un effet de calendrier lié au déplacement des fêtes de Pâques, mais aussi par la lenteur de la reprise dans l’industrie et la construction, tandis que les services et le commerce restent les moteurs de l’expansion.
Ces instantanés statistiques, bien que disparates, révèlent une économie mondiale toujours fragmentée. La Russie subit les conséquences de tensions géopolitiques persistantes et d’une consommation atone, tandis que les grandes économies latino-américaines naviguent entre résilience des services et fragilité industrielle. Les effets de calendrier, souvent sous-estimés, ont joué un rôle non négligeable dans ces résultats trimestriels. Pour les mois à venir, les regards se tournent vers la capacité de rebond de la Russie au deuxième trimestre, la poursuite du cycle d’assouplissement monétaire au Brésil, et la concrétisation des espoirs de nearshoring au Mexique, autant de facteurs qui détermineront si cette croissance modérée peut se muer en une reprise plus solide.
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Le PIB russe s'est contracté de 0,2 % au premier trimestre, confirmant les estimations préliminaires. Les responsables attribuent cette baisse à un nombre réduit de jours ouvrables et à un hiver rigoureux qui a pénalisé la construction. Un rebond est attendu au deuxième trimestre.
Les données économiques en Amérique latine indiquent une expansion mitigée. L'IBC-Br brésilien a progressé de 0,51 % en avril, en dessous des prévisions, dans un contexte de ralentissement progressif, tandis que le Mexique table sur une croissance modeste tirée par les services et l'industrie. L'économie colombienne a probablement crû de 3,4 % en glissement annuel, mais l'industrie et la construction restent à la traîne.
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