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Justice & Droitvendredi 10 juillet 2026

Colombie : un nouveau jour férié sous tension entre ferveur religieuse, laïcité et coût du travail

L’instauration d’un jour férié en l’honneur de la Vierge de Chiquinquirá, contestée devant la Cour constitutionnelle, s’ajoute à une réforme du travail qui renchérit les services de sécurité et réduit la durée légale du travail.

Le lundi 13 juillet 2026 sera chômé en Colombie en vertu de la loi 2578, qui a érigé le 9 juillet, jour de Notre-Dame du Rosaire de Chiquinquirá, en fête nationale. Le repos a été déplacé au lundi suivant par application de la « loi Emiliani » de 1983, mécanisme qui vise à favoriser le tourisme intérieur en créant des ponts. Selon les médias colombiens, cette date s’impose à tous les employeurs, aux établissements scolaires publics comme privés, et aux administrations, tant que la Cour constitutionnelle n’a pas suspendu la norme. Un citoyen a pourtant saisi la haute juridiction, estimant que ce jour férié confessionnel méconnaît le caractère laïc de l’État issu de la Constitution de 1991 et qu’il pénalise les microentreprises en leur imposant un coût supplémentaire.

Du côté des milieux économiques, l’inquiétude ne porte pas seulement sur ce nouveau pont. La Fédération colombienne des entreprises de sécurité privée (Fedeseguridad) chiffre à 32 % la hausse cumulée du coût de ses services entre août 2025 et août 2026, sous l’effet conjugué de la revalorisation du salaire minimum, de la réduction de la durée du travail et du relèvement des majorations pour travail dominical et festif. Ce dernier est passé de 80 % à 90 % le 1er juillet 2026, et doit atteindre 100 % en 2027. Le vice-ministre du Travail, Iván Jaramillo, cité par la presse, défend ces mesures en soulignant qu’elles bénéficieront à près de 962 000 travailleurs des secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, de la restauration et du transport, particulièrement exposés aux horaires atypiques.

La réduction de la semaine de travail à 42 heures, qui entrera en vigueur le 15 juillet 2026, constitue l’aboutissement d’un calendrier progressif amorcé en 2023. Les employeurs doivent réorganiser leurs plannings sans diminuer les salaires ni les prestations sociales, sous peine de sanctions pouvant atteindre 5 000 salaires minimums. Les experts juridiques rappellent que le non-respect du jour férié du 13 juillet expose les entreprises à des réclamations salariales, à des indemnités de retard et à un contrôle de l’Unité de gestion des pensions et des cotisations parafiscales (UGPP). Pour les travailleurs qui seront mobilisés ce jour-là, la loi distingue le travail occasionnel, qui ouvre droit au choix entre le paiement majoré et un repos compensatoire, du travail habituel, qui cumule les deux avantages.

La controverse sur le nouveau jour férié illustre une tension plus large entre la tradition catholique, encore prégnante dans le calendrier officiel colombien, et les principes de neutralité religieuse de l’État. La Cour constitutionnelle n’a pour l’heure émis aucune mesure conservatoire, de sorte que le pont du 13 juillet est garanti pour 2026. Si la loi était ultérieurement déclarée inconstitutionnelle, sa disparition ne prendrait effet qu’à partir de 2027. En attendant, les voyagistes et les plates-formes de location touristique anticipent une fréquentation accrue, tandis que les secteurs à fonctionnement continu, comme la sécurité privée, absorbent des surcoûts qu’ils répercutent en partie sur les donneurs d’ordre publics — hôpitaux, écoles et collectivités locales —, selon les représentants patronaux.

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vendredi 10 juillet 2026

Colombie : un nouveau jour férié sous tension entre ferveur religieuse, laïcité et coût du travail

L’instauration d’un jour férié en l’honneur de la Vierge de Chiquinquirá, contestée devant la Cour constitutionnelle, s’ajoute à une réforme du travail qui renchérit les services de sécurité et réduit la durée légale du travail.

Le lundi 13 juillet 2026 sera chômé en Colombie en vertu de la loi 2578, qui a érigé le 9 juillet, jour de Notre-Dame du Rosaire de Chiquinquirá, en fête nationale. Le repos a été déplacé au lundi suivant par application de la « loi Emiliani » de 1983, mécanisme qui vise à favoriser le tourisme intérieur en créant des ponts. Selon les médias colombiens, cette date s’impose à tous les employeurs, aux établissements scolaires publics comme privés, et aux administrations, tant que la Cour constitutionnelle n’a pas suspendu la norme. Un citoyen a pourtant saisi la haute juridiction, estimant que ce jour férié confessionnel méconnaît le caractère laïc de l’État issu de la Constitution de 1991 et qu’il pénalise les microentreprises en leur imposant un coût supplémentaire.

Du côté des milieux économiques, l’inquiétude ne porte pas seulement sur ce nouveau pont. La Fédération colombienne des entreprises de sécurité privée (Fedeseguridad) chiffre à 32 % la hausse cumulée du coût de ses services entre août 2025 et août 2026, sous l’effet conjugué de la revalorisation du salaire minimum, de la réduction de la durée du travail et du relèvement des majorations pour travail dominical et festif. Ce dernier est passé de 80 % à 90 % le 1er juillet 2026, et doit atteindre 100 % en 2027. Le vice-ministre du Travail, Iván Jaramillo, cité par la presse, défend ces mesures en soulignant qu’elles bénéficieront à près de 962 000 travailleurs des secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, de la restauration et du transport, particulièrement exposés aux horaires atypiques.

La réduction de la semaine de travail à 42 heures, qui entrera en vigueur le 15 juillet 2026, constitue l’aboutissement d’un calendrier progressif amorcé en 2023. Les employeurs doivent réorganiser leurs plannings sans diminuer les salaires ni les prestations sociales, sous peine de sanctions pouvant atteindre 5 000 salaires minimums. Les experts juridiques rappellent que le non-respect du jour férié du 13 juillet expose les entreprises à des réclamations salariales, à des indemnités de retard et à un contrôle de l’Unité de gestion des pensions et des cotisations parafiscales (UGPP). Pour les travailleurs qui seront mobilisés ce jour-là, la loi distingue le travail occasionnel, qui ouvre droit au choix entre le paiement majoré et un repos compensatoire, du travail habituel, qui cumule les deux avantages.

La controverse sur le nouveau jour férié illustre une tension plus large entre la tradition catholique, encore prégnante dans le calendrier officiel colombien, et les principes de neutralité religieuse de l’État. La Cour constitutionnelle n’a pour l’heure émis aucune mesure conservatoire, de sorte que le pont du 13 juillet est garanti pour 2026. Si la loi était ultérieurement déclarée inconstitutionnelle, sa disparition ne prendrait effet qu’à partir de 2027. En attendant, les voyagistes et les plates-formes de location touristique anticipent une fréquentation accrue, tandis que les secteurs à fonctionnement continu, comme la sécurité privée, absorbent des surcoûts qu’ils répercutent en partie sur les donneurs d’ordre publics — hôpitaux, écoles et collectivités locales —, selon les représentants patronaux.

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