
Budgets 2025 : entre subventions ciblées et quête d’excellence éducative
De la Malaisie à l’Italie, les récentes annonces budgétaires illustrent les dilemmes entre justice sociale, modernisation scolaire et investissement dans la recherche.
Le budget malaisien 2025, présenté par le Premier ministre Anwar Ibrahim, marque un tournant avec une enveloppe record de 421 milliards de ringgits. Au-delà des chiffres, deux mesures retiennent l’attention : la rationalisation des subventions au carburant RON95, qui exclura les 15 % les plus aisés et les étrangers à partir de mi-2025, et l’annonce surprise d’une future loi autorisant la détention à domicile. Cette dernière, perçue par certains comme une porte ouverte à un arrangement pour l’ex-Premier ministre Najib Razak, condamné pour corruption, illustre la porosité entre décisions budgétaires et enjeux politiques en Asie du Sud-Est.
En Indonésie voisine, la priorité éducative se manifeste différemment. Face à une concurrence universitaire toujours plus rude, les établissements scolaires renforcent l’accompagnement personnalisé des élèves : préparation de portfolios, développement du leadership, simulations d’entretiens. Le gouvernement, de son côté, prévoit d’accélérer en 2026 un vaste programme de revitalisation des écoles, présenté comme un acte de justice spatiale et un manifeste pour l’égalité des chances. Au Bangladesh, le budget 2025-2026 fait passer les dépenses d’éducation à 2 % du PIB, une hausse notable saluée mais accueillie avec prudence : les experts locaux rappellent que sans amélioration de la gouvernance et de la qualité pédagogique, l’injection de fonds risque de rester sans effet sur les apprentissages.
L’Europe n’échappe pas à ces arbitrages. En Italie, les investissements en recherche stagnent à 1,38 % du PIB, loin de la moyenne communautaire, et la bureaucratie asphyxie les laboratoires. Les appels d’offres complexes et les délais administratifs découragent les chercheurs, au point que, selon les analystes italiens, le pays se fait « dévorer vivant » par ses concurrents. Ce constat résonne avec les ambitions affichées en Asie, où la Malaisie a augmenté de près de 10 % le budget de la santé et revalorisé les gardes des médecins, tandis que le Bangladesh érige l’éducation en « noyau » du développement national.
Ces trajectoires divergentes dessinent une géographie mondiale de la préparation à l’avenir. En Asie du Sud-Est, les États combinent filets sociaux et investissements massifs dans le capital humain, non sans contradictions politiques. En Europe, la lenteur bureaucratique menace la compétitivité scientifique, alors même que la guerre en Ukraine et les transitions écologiques exigent une recherche dynamique. Partout, la question n’est plus seulement combien investir, mais comment transformer les crédits en compétences, en innovations et en cohésion sociale. Les budgets ne sont que des promesses ; leur mise en œuvre déterminera quelles sociétés seront capables de maîtriser le changement plutôt que de le subir.
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Le gouvernement a présenté un budget record avec de fortes augmentations pour l'éducation et la santé, misant sur le capital humain. Cependant, des inquiétudes subsistent quant à l'état des infrastructures publiques et à la capacité d'exécuter les plans. Une proposition controversée d'assignation à résidence a également suscité des interrogations.
Le nouveau budget porte les dépenses d'éducation à 2% du PIB, une augmentation bienvenue. Mais sans planification et exécution adéquates, les fonds supplémentaires pourraient ne pas se traduire par de réelles améliorations du développement humain.
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