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Géopolitique et Politiquemardi 30 juin 2026

Bruxelles dément un embargo total sur les visas touristiques russes, mais prépare des restrictions ciblées

La Commission européenne affirme ne pas préparer d’interdiction générale, tout en travaillant à des mesures visant les anciens participants à la guerre en Ukraine, dans un contexte de divisions entre États membres.

La Commission européenne a démenti, le 30 juin, préparer une interdiction complète de délivrance de visas touristiques aux citoyens russes, contredisant des informations de presse évoquant un tel scénario. Selon sa porte-parole, l’exécutif communautaire travaille uniquement à des « mesures ciblées » destinées à adapter le régime des visas aux « menaces pour la sécurité » que pourraient représenter les personnes ayant pris part à la guerre contre l’Ukraine. Ces restrictions, inscrites dans le cadre du 21e paquet de sanctions, viseraient à empêcher l’entrée dans l’espace Schengen des anciens combattants, sans que Bruxelles n’ait précisé comment elle entend les identifier. La Commission rappelle que, depuis 2022, l’accord de facilitation des visas avec la Russie est suspendu et que, depuis 2025, la délivrance de visas à entrées multiples a été « de facto interrompue » pour la majorité des demandeurs.

Les positions des États membres restent toutefois hétérogènes. D’après des sources européennes, plusieurs pays – dont l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Slovaquie – ont cessé dès 2022 de délivrer des visas touristiques aux Russes et poussent pour un durcissement général. À l’inverse, l’Italie, la France et l’Espagne continuent d’en accorder, y compris des visas à entrées multiples, en invoquant le poids du tourisme russe dans leurs économies. Selon les données de la Commission, ces trois pays concentrent l’essentiel des quelque 600 000 visas Schengen délivrés à des Russes en 2024, un chiffre en chute libre par rapport aux 4 millions de 2019. Au Parlement européen, la fraction allemande CDU/CSU a plaidé pour une interdiction totale, tandis que l’eurodéputé Fernand Kartheiser a estimé que l’objectif des restrictions discutées était de « déstabiliser la société russe » à l’approche des élections législatives.

Du côté de Moscou, la réaction combine dénonciation politique et calcul économique. Le vice-président de la commission des affaires internationales de la Douma, Alexeï Tchepa, a jugé « réelle » la possibilité d’une interdiction totale, tout en prédisant que les pertes économiques seraient d’abord supportées par les Européens. Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué qu’il ne répondrait pas de manière symétrique, mais prendrait des mesures fondées sur ses intérêts nationaux, sans pénaliser les citoyens étrangers en raison de leur nationalité. Dans les milieux touristiques russes, l’expert de l’Union russe de l’industrie du voyage Egor Kaïl a qualifié de « peu probable » un embargo complet à court terme, anticipant plutôt un resserrement progressif et différencié selon les pays.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un durcissement continu de la politique migratoire européenne vis-à-vis de la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine. Outre la suspension de l’accord de facilitation, les frais de dossier sont passés de 35 à 80 euros et les délais de traitement se sont allongés. La Commission a annoncé son intention de présenter en 2027 une initiative législative pour renforcer encore les restrictions, tout en rappelant que la décision finale en matière de visas relève de la compétence des États membres. Le commissaire européen à la Sécurité, Magnus Brunner, a souligné que l’UE ne disposait pas du pouvoir d’imposer une interdiction générale. Le dossier reste donc ouvert, le 21e paquet de sanctions devant encore être négocié entre les Vingt-Sept, avec la perspective d’un consensus difficile sur l’ampleur des restrictions à adopter.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Presse russe et CEIPresse latino-américaine
Presse russe et CEI
VictimisationRevanchismeIndignation

La Commission européenne nie une interdiction totale des visas, mais c'est une demi-mesure hypocrite qui cible toujours les citoyens russes. Moscou y voit une nouvelle étape de la campagne occidentale pour isoler et faire pression sur la Russie, tout en ignorant les véritables causes du conflit. Le récit insiste sur le fait que la Russie ne se laissera pas intimider et répondra proportionnellement.

Presse latino-américaine
DétachementPragmatisme

La décision de la Commission européenne d'éviter une interdiction totale des visas mais d'imposer des sanctions ciblées est présentée comme un ajustement pragmatique. L'accent est mis sur les implications économiques et diplomatiques, sans jugement moral. L'histoire est traitée comme une routine diplomatique, avec une attention sur la façon dont elle pourrait affecter les voyages et les affaires.

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mardi 30 juin 2026

Bruxelles dément un embargo total sur les visas touristiques russes, mais prépare des restrictions ciblées

La Commission européenne affirme ne pas préparer d’interdiction générale, tout en travaillant à des mesures visant les anciens participants à la guerre en Ukraine, dans un contexte de divisions entre États membres.

La Commission européenne a démenti, le 30 juin, préparer une interdiction complète de délivrance de visas touristiques aux citoyens russes, contredisant des informations de presse évoquant un tel scénario. Selon sa porte-parole, l’exécutif communautaire travaille uniquement à des « mesures ciblées » destinées à adapter le régime des visas aux « menaces pour la sécurité » que pourraient représenter les personnes ayant pris part à la guerre contre l’Ukraine. Ces restrictions, inscrites dans le cadre du 21e paquet de sanctions, viseraient à empêcher l’entrée dans l’espace Schengen des anciens combattants, sans que Bruxelles n’ait précisé comment elle entend les identifier. La Commission rappelle que, depuis 2022, l’accord de facilitation des visas avec la Russie est suspendu et que, depuis 2025, la délivrance de visas à entrées multiples a été « de facto interrompue » pour la majorité des demandeurs.

Les positions des États membres restent toutefois hétérogènes. D’après des sources européennes, plusieurs pays – dont l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Slovaquie – ont cessé dès 2022 de délivrer des visas touristiques aux Russes et poussent pour un durcissement général. À l’inverse, l’Italie, la France et l’Espagne continuent d’en accorder, y compris des visas à entrées multiples, en invoquant le poids du tourisme russe dans leurs économies. Selon les données de la Commission, ces trois pays concentrent l’essentiel des quelque 600 000 visas Schengen délivrés à des Russes en 2024, un chiffre en chute libre par rapport aux 4 millions de 2019. Au Parlement européen, la fraction allemande CDU/CSU a plaidé pour une interdiction totale, tandis que l’eurodéputé Fernand Kartheiser a estimé que l’objectif des restrictions discutées était de « déstabiliser la société russe » à l’approche des élections législatives.

Du côté de Moscou, la réaction combine dénonciation politique et calcul économique. Le vice-président de la commission des affaires internationales de la Douma, Alexeï Tchepa, a jugé « réelle » la possibilité d’une interdiction totale, tout en prédisant que les pertes économiques seraient d’abord supportées par les Européens. Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué qu’il ne répondrait pas de manière symétrique, mais prendrait des mesures fondées sur ses intérêts nationaux, sans pénaliser les citoyens étrangers en raison de leur nationalité. Dans les milieux touristiques russes, l’expert de l’Union russe de l’industrie du voyage Egor Kaïl a qualifié de « peu probable » un embargo complet à court terme, anticipant plutôt un resserrement progressif et différencié selon les pays.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un durcissement continu de la politique migratoire européenne vis-à-vis de la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine. Outre la suspension de l’accord de facilitation, les frais de dossier sont passés de 35 à 80 euros et les délais de traitement se sont allongés. La Commission a annoncé son intention de présenter en 2027 une initiative législative pour renforcer encore les restrictions, tout en rappelant que la décision finale en matière de visas relève de la compétence des États membres. Le commissaire européen à la Sécurité, Magnus Brunner, a souligné que l’UE ne disposait pas du pouvoir d’imposer une interdiction générale. Le dossier reste donc ouvert, le 21e paquet de sanctions devant encore être négocié entre les Vingt-Sept, avec la perspective d’un consensus difficile sur l’ampleur des restrictions à adopter.

Divergence des sources

Géopolitique et Politique · 3 sources · 1 langue

34%Moyenne

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

Comment ils se divisent

Neutre29%
Critique71%

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 1 langues

TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse russe et CEIPresse latino-américaine
Presse russe et CEI
VictimisationRevanchismeIndignation

La Commission européenne nie une interdiction totale des visas, mais c'est une demi-mesure hypocrite qui cible toujours les citoyens russes. Moscou y voit une nouvelle étape de la campagne occidentale pour isoler et faire pression sur la Russie, tout en ignorant les véritables causes du conflit. Le récit insiste sur le fait que la Russie ne se laissera pas intimider et répondra proportionnellement.

Presse latino-américaine
DétachementPragmatisme

La décision de la Commission européenne d'éviter une interdiction totale des visas mais d'imposer des sanctions ciblées est présentée comme un ajustement pragmatique. L'accent est mis sur les implications économiques et diplomatiques, sans jugement moral. L'histoire est traitée comme une routine diplomatique, avec une attention sur la façon dont elle pourrait affecter les voyages et les affaires.

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