
Argentine-Angleterre : une demi-finale, écho d’une guerre des Malouines jamais refermée
Le choc entre l’Albiceleste et les Three Lions en demi-finale du Mondial 2026 ravive le souvenir du conflit de 1982 et les tensions diplomatiques autour de l’archipel.
Ce mercredi 15 juillet, au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta, l’Argentine et l’Angleterre se disputent une place en finale de la Coupe du monde 2026. Un rendez-vous sportif qui, pour les deux nations, dépasse le cadre du terrain. Sixième affrontement en phase finale de Coupe du monde, ce duel réveille les fantômes de 1986, quand Diego Maradona, d’une « main de Dieu » et d’un but de légende, avait éliminé les Anglais quatre ans après la guerre des Malouines.
La rivalité trouve ses racines dans ce conflit armé de 1982, déclenché par la junte militaire argentine pour tenter de récupérer l’archipel administré par Londres depuis 1833. La guerre, qui fit 649 morts argentins et 255 britanniques, s’est soldée par une victoire du Royaume-Uni, mais la souveraineté sur les îles reste un contentieux vivace. Buenos Aires s’appuie sur des résolutions de l’ONU et de l’Organisation des États américains appelant à des négociations, tandis que Londres invoque le référendum de 2013, où les habitants ont choisi de rester britanniques, un scrutin qualifié de « piège » par la diplomatie argentine.
Sous la présidence de Javier Milei, le discours argentin a d’abord cherché l’apaisement, avec un accord en 2024 sur l’identification des soldats et la reprise des vols directs. Mais l’arrivée du ministre des Affaires étrangères Pablo Quirno a marqué un retour à une rhétorique plus « malviniste », selon des analystes britanniques. La relance d’un projet pétrolier offshore par des compagnies étrangères dans les eaux contestées a ravivé les tensions, Buenos Aires dénonçant une violation des résolutions de l’ONU. Parallèlement, la perspective d’un possible réexamen du soutien américain à la souveraineté britannique sous l’administration Trump ajoute une incertitude diplomatique.
En Argentine, la vice-présidente Victoria Villarruel a qualifié les Anglais de « pirates usurpateurs », tandis que les supporters entonnent des chants mêlant Malouines et Maradona. Côté britannique, l’ambassade à Buenos Aires a ironisé sur les « conspirations inexistantes ». Pourtant, le sélectionneur argentin Lionel Scaloni a appelé à ne pas « mélanger les choses », rappelant qu’il s’agit d’un match de football. Le vainqueur affrontera l’Espagne en finale, dimanche.
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