
Après l’accord Iran-États-Unis, le Qatar relance sa production de gaz naturel liquéfié
La restauration des exportations qataries de GNL, perturbées par les frappes iraniennes et la fermeture du détroit d’Ormuz, illustre les progrès des négociations entre Washington et Téhéran.
Le premier ministre qatari, Mohammed ben Abderrahmane Al Thani, a annoncé que la production de gaz naturel liquéfié (GNL) du pays retrouvera un niveau normal « d’ici quelques semaines », à l’exception d’une unité endommagée. Cette déclaration constitue le signal le plus concret d’une désescalade dans le golfe Persique après les frappes iraniennes qui avaient visé le complexe de Ras Laffan début mars et entraîné la fermeture de facto du détroit d’Ormuz. Les marchés gaziers mondiaux, qui redoutaient une perturbation prolongée des approvisionnements, entrevoient une détente : le Qatar assure à lui seul environ 20 % des exportations mondiales de GNL, dont une part significative est destinée aux terminaux européens.
La reprise des opérations s’appuie sur un mémorandum d’entente conclu entre Washington et Téhéran lors des négociations de Bürgenstock, en Suisse. Ce texte prévoit l’établissement d’une ligne de communication directe entre les deux capitales, destinée à contrer les fausses informations et à garantir la sécurité des navires durant les opérations de déminage du détroit. Le premier ministre qatari a précisé que la compagnie nationale QatarEnergy ne lèvera l’état de force majeure qu’une fois la sûreté des transits intégralement assurée. En parallèle, un mécanisme de vérification du cessez-le-feu au Liban a été agréé, associant Beyrouth, le commandement central américain, l’Iran et les médiateurs, afin d’empêcher toute escalade entre Israël et le Hezbollah.
La perspective qatarie insiste sur le caractère régional de toute solution durable. Doha, qui a joué un rôle de médiateur aux côtés du Pakistan, affirme que tout modèle de gestion du détroit d’Ormuz devra être discuté avec l’Iran, Oman et les États du Golfe. Les médias russes soulignent que l’émirat s’opposera à toute tentative iranienne d’imposer des droits de passage, tout en reconnaissant que Téhéran entend négocier ce cadre avec ses voisins. Les sources libanaises, quant à elles, mettent en avant la dénonciation par le Qatar des opérations militaires « disproportionnées » d’Israël, accusé de nourrir l’escalade plutôt que de rechercher l’apaisement. L’objectif régional affiché est la création d’un nouveau cadre de sécurité entre les pays du Golfe et l’Iran, éventuellement adossé à un fonds d’investissement de 300 milliards de dollars destiné à l’économie iranienne.
Le chemin vers un accord permanent reste toutefois embryonnaire. Le premier ministre qatari a prévenu que le « vrai travail » ne fait que commencer et que la question de la sécurité régionale pourrait être réglée plus rapidement que le dossier nucléaire. La normalisation du trafic maritime dans le détroit est attendue dans un délai de trente jours après la signature du mémorandum, mais le rétablissement de la confiance prendra davantage de temps. Les conséquences économiques de la crise – perturbations des livraisons d’engrais, d’urée, de produits pétroliers et d’hélium – pourraient se faire sentir jusqu’en septembre ou octobre. Le prochain jalon factuel sera la reprise effective des chargements de GNL à Ras Laffan et la levée officielle de la force majeure par QatarEnergy.
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La région cherche un cadre de sécurité avec l'Iran. Le Premier ministre qatari a confirmé que le détroit ne sera plus fermé et a souligné l'importance de la ligne directe Washington-Téhéran pour le déminage et la lutte contre la désinformation. La production de GNL ne reprendra que lorsque des opérations sûres seront garanties.
Le Premier ministre qatari a condamné la réponse israélienne comme disproportionnée et contraire à la désescalade. Il a révélé un mécanisme de vérification du cessez-le-feu au Liban impliquant le Liban, le Commandement central américain, l'Iran et des médiateurs. La réouverture du détroit d'Ormuz dépend de la ligne directe USA-Iran.
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