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Société & Culturevendredi 26 juin 2026

À Sokoto, imams et gouverneurs unis contre la drogue

En ce 26 juin, Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, les initiatives se multiplient du Nigeria au Ghana en passant par les Émirats, révélant des approches contrastées mais convergentes.

Sous les plafonds ouvragés de l’Institut Sultan Maccido d’études coraniques de Sokoto, la voix du gouverneur Ahmed Aliyu, portée par son adjoint Idris Mohammed Gobir, a résonné jeudi devant un parterre de responsables religieux, d’enseignants et de soignants. « La drogue détruit les familles, alimente la criminalité et expose les usagers à de graves conséquences sanitaires et sociales », a-t-il martelé, appelant à une mobilisation qui dépasse les seules forces de l’ordre. Dans cette ancienne capitale califale du nord-ouest nigérian, le choix du lieu disait à lui seul la volonté d’ancrer la lutte dans les structures traditionnelles et confessionnelles.

Cette scène, parmi des dizaines d’autres à travers le monde, s’inscrivait dans la commémoration de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite de drogues, instituée en 1987 par les Nations unies. Le thème retenu cette année – « Problème mondial de la drogue : problèmes persistants, nouveaux défis, réponses innovantes » – reflète une inquiétude croissante. Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, cité par la presse nigériane, environ 316 millions de personnes consomment des substances illicites dans le monde, un chiffre en hausse constante, tiré par l’expansion des drogues de synthèse et des réseaux de trafic toujours plus sophistiqués.

Au Nigeria, premier pays consommateur du continent, la riposte prend des formes multiples. À Kano, le gouverneur Abba Yusuf a annoncé le même jour la création d’une task force spéciale confiée à l’ancien patron de la commission anticorruption de l’État, Muhuyi Magaji, avec pour mission de démanteler les réseaux criminels, de saisir les avoirs issus du trafic et d’accélérer les poursuites judiciaires. Dans l’État d’Ogun, le président de l’association des étudiants, Oluwafemi Ajayi, a participé à une marche de sensibilisation organisée par l’agence antidrogue, exhortant ses camarades à ne pas voir dans la consommation un signe de modernité ou de statut social. Au Ghana voisin, le ministre de l’Intérieur Mohammed-Mubarak Muntaka a profité d’une déclaration au Parlement pour alerter sur la hausse de l’usage du tramadol et du cannabis chez les jeunes, annonçant la création prochaine d’un laboratoire de police scientifique.

Dans le Golfe, les Émirats arabes unis ont déployé une stratégie différente, misant sur une campagne nationale au slogan explicite – « Unifier le rang pour éradiquer le fléau » – et sur un discours qui lie étroitement sécurité intérieure, stabilité sociale et valeurs familiales. La presse émiratie insiste sur la dimension préventive et la coopération internationale, présentant la lutte antidrogue comme un pilier de la « qualité de vie » et de la protection de la jeunesse, sans occulter la sévérité de l’arsenal répressif. Cette approche intégrée, qui va de la prévention en milieu scolaire à la réinsertion des personnes dépendantes, contraste avec les réalités ouest-africaines où les moyens de réhabilitation restent largement insuffisants.

Au-delà des discours officiels, la journée a été marquée par des images de jeunes arpentant les rues d’Abeokuta avec des banderoles, par des comités de quartier formés à Sokoto pour convaincre les femmes enceintes de fréquenter les centres de santé, et par la promesse d’un gouverneur de Kano de « sauver l’avenir de la jeunesse ». Autant de fragments d’une mobilisation qui, du Sahel au golfe de Guinée, tente de répondre à un fléau que les chiffres décrivent comme l’une des menaces les plus transversales du siècle.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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44%
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Presse africaine subsahariennePresse du Golfe arabe
Presse africaine subsaharienne/ Anglophone
AlarmePragmatismeUrgence

Les gouvernements d'Afrique de l'Ouest, notamment au Nigeria et au Ghana, renforcent les groupes d'intervention et lancent des campagnes de sensibilisation pour endiguer l'abus de drogues chez les jeunes. La menace est présentée comme une crise mettant en péril la sécurité nationale et l'avenir de la jeune génération. Les mesures allient répression du trafic illicite et programmes de prévention communautaires.

Presse du Golfe arabe
TriompheAlarmeUrgence

Les Émirats arabes unis célèbrent leurs succès dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, se positionnant comme un rempart sécuritaire dans une guerre qui lie la drogue au terrorisme. La campagne nationale « Unir les rangs pour éradiquer le fléau » incarne une stratégie intégrée qui dépasse la simple répression, misant sur la prévention et la cohésion sociale. Le discours officiel souligne que la protection de la patrie exige un effort collectif et une vigilance constante.

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vendredi 26 juin 2026

À Sokoto, imams et gouverneurs unis contre la drogue

En ce 26 juin, Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, les initiatives se multiplient du Nigeria au Ghana en passant par les Émirats, révélant des approches contrastées mais convergentes.

Sous les plafonds ouvragés de l’Institut Sultan Maccido d’études coraniques de Sokoto, la voix du gouverneur Ahmed Aliyu, portée par son adjoint Idris Mohammed Gobir, a résonné jeudi devant un parterre de responsables religieux, d’enseignants et de soignants. « La drogue détruit les familles, alimente la criminalité et expose les usagers à de graves conséquences sanitaires et sociales », a-t-il martelé, appelant à une mobilisation qui dépasse les seules forces de l’ordre. Dans cette ancienne capitale califale du nord-ouest nigérian, le choix du lieu disait à lui seul la volonté d’ancrer la lutte dans les structures traditionnelles et confessionnelles.

Cette scène, parmi des dizaines d’autres à travers le monde, s’inscrivait dans la commémoration de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite de drogues, instituée en 1987 par les Nations unies. Le thème retenu cette année – « Problème mondial de la drogue : problèmes persistants, nouveaux défis, réponses innovantes » – reflète une inquiétude croissante. Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, cité par la presse nigériane, environ 316 millions de personnes consomment des substances illicites dans le monde, un chiffre en hausse constante, tiré par l’expansion des drogues de synthèse et des réseaux de trafic toujours plus sophistiqués.

Au Nigeria, premier pays consommateur du continent, la riposte prend des formes multiples. À Kano, le gouverneur Abba Yusuf a annoncé le même jour la création d’une task force spéciale confiée à l’ancien patron de la commission anticorruption de l’État, Muhuyi Magaji, avec pour mission de démanteler les réseaux criminels, de saisir les avoirs issus du trafic et d’accélérer les poursuites judiciaires. Dans l’État d’Ogun, le président de l’association des étudiants, Oluwafemi Ajayi, a participé à une marche de sensibilisation organisée par l’agence antidrogue, exhortant ses camarades à ne pas voir dans la consommation un signe de modernité ou de statut social. Au Ghana voisin, le ministre de l’Intérieur Mohammed-Mubarak Muntaka a profité d’une déclaration au Parlement pour alerter sur la hausse de l’usage du tramadol et du cannabis chez les jeunes, annonçant la création prochaine d’un laboratoire de police scientifique.

Dans le Golfe, les Émirats arabes unis ont déployé une stratégie différente, misant sur une campagne nationale au slogan explicite – « Unifier le rang pour éradiquer le fléau » – et sur un discours qui lie étroitement sécurité intérieure, stabilité sociale et valeurs familiales. La presse émiratie insiste sur la dimension préventive et la coopération internationale, présentant la lutte antidrogue comme un pilier de la « qualité de vie » et de la protection de la jeunesse, sans occulter la sévérité de l’arsenal répressif. Cette approche intégrée, qui va de la prévention en milieu scolaire à la réinsertion des personnes dépendantes, contraste avec les réalités ouest-africaines où les moyens de réhabilitation restent largement insuffisants.

Au-delà des discours officiels, la journée a été marquée par des images de jeunes arpentant les rues d’Abeokuta avec des banderoles, par des comités de quartier formés à Sokoto pour convaincre les femmes enceintes de fréquenter les centres de santé, et par la promesse d’un gouverneur de Kano de « sauver l’avenir de la jeunesse ». Autant de fragments d’une mobilisation qui, du Sahel au golfe de Guinée, tente de répondre à un fléau que les chiffres décrivent comme l’une des menaces les plus transversales du siècle.

Divergence des sources

Société & Culture · 9 sources · 5 langues

44%Moyenne

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

Comment ils se divisent

Favorable14%
Neutre14%
Critique72%

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 5 langues

TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse africaine subsahariennePresse du Golfe arabe
Presse africaine subsaharienne/ Anglophone
AlarmePragmatismeUrgence

Les gouvernements d'Afrique de l'Ouest, notamment au Nigeria et au Ghana, renforcent les groupes d'intervention et lancent des campagnes de sensibilisation pour endiguer l'abus de drogues chez les jeunes. La menace est présentée comme une crise mettant en péril la sécurité nationale et l'avenir de la jeune génération. Les mesures allient répression du trafic illicite et programmes de prévention communautaires.

Presse du Golfe arabe
TriompheAlarmeUrgence

Les Émirats arabes unis célèbrent leurs succès dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, se positionnant comme un rempart sécuritaire dans une guerre qui lie la drogue au terrorisme. La campagne nationale « Unir les rangs pour éradiquer le fléau » incarne une stratégie intégrée qui dépasse la simple répression, misant sur la prévention et la cohésion sociale. Le discours officiel souligne que la protection de la patrie exige un effort collectif et une vigilance constante.

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