
Washington veut taxer à 100 % les importations des pays achetant du pétrole russe
Un accord bipartisan au Sénat américain ouvre la voie à des droits de douane punitifs contre les principaux clients énergétiques de Moscou et prolonge les sanctions contre l’Iran.
Un groupe de sénateurs républicains et démocrates a annoncé, mardi 28 juillet, un compromis sur un projet de loi qui confère au président des États-Unis le pouvoir d’imposer des droits de douane de 100 % sur les importations en provenance des cinq plus grands acheteurs de pétrole brut et de gaz naturel russes, ainsi que des cinq pays jugés les plus actifs dans le contournement des sanctions énergétiques. Le texte, rebaptisé « Loi Lindsey Graham de sanctions contre la Russie et l’Iran 2026 » en hommage au sénateur décédé le 11 juillet, prévoit également la possibilité d’une surtaxe de 500 % sur les marchandises russes entrant aux États-Unis et reconduit pour cinq ans, jusqu’en 2031, la loi de sanctions contre l’Iran de 1996.
Selon les promoteurs de l’initiative au Congrès, l’objectif est de tarir les ressources qui alimentent l’effort de guerre russe en Ukraine, en ciblant les recettes d’exportation d’hydrocarbures. Les sénateurs signataires – parmi lesquels la démocrate Jeanne Shaheen et les républicains Lindsey Graham (à titre posthume), Roger Wicker et Jim Risch – insistent sur la dimension commémorative du vote, prévu le soir même, jour des funérailles de Graham à Washington. La présidence ukrainienne, dont le chef Volodymyr Zelensky est présent dans la capitale américaine pour l’occasion, voit dans ce calendrier un signal de soutien appuyé.
Du côté de Moscou, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a dénoncé une manœuvre destinée à « entraver la normalisation des relations bilatérales » et à « tirer une balle dans le pied » de Washington, l’inefficacité des sanctions étant, selon elle, « prouvée par la pratique ». Les capitales asiatiques, en particulier Pékin et New Delhi, principaux clients du brut russe, sont directement visées par le mécanisme de tarifs secondaires, ce qui, d’après les analystes de Bloomberg, pourrait compliquer les équilibres commerciaux avec les États-Unis. Certains élus démocrates expriment par ailleurs des réserves quant à l’ampleur des pouvoirs tarifaires accordés au président, craignant un usage discrétionnaire.
Le projet de loi a connu plusieurs réécritures. Une première version, négociée avec la Maison Blanche avant la mort de Graham, en atténuait la portée, notamment sur les droits de douane secondaires. Après le décès, Donald Trump, qui réclamait auparavant des marges de manœuvre plus larges pour lever des restrictions, a exigé que le texte soit durci et élargi à l’Iran. Le Sénat devrait adopter la mouture finale dans les prochains jours, mais la Chambre des représentants, partie en vacances parlementaires jusqu’en septembre, ne pourra l’examiner qu’à la rentrée, repoussant toute entrée en vigueur à l’automne.
| Presse russe et CEI | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse iranienne et apparentée | −0.60 | critical |
| Presse européenne continentale | +0.10 | neutral |
| Presse atlantique / anglosphère | +0.40 | aligned |
La Russie dénonce un nouvel acte hostile des États-Unis, accusant Washington de tenter de paralyser son économie par des sanctions unilatérales.
En présentant les sanctions comme une attaque non provoquée et en soulignant la nature bipartite, le récit positionne la Russie comme victime de l'agression américaine, détournant l'attention du contexte de la guerre en Ukraine.
Le récit omet que les sanctions sont une réponse à l'invasion de l'Ukraine par la Russie et que le projet de loi cible également l'Iran.
L'Iran condamne les nouvelles sanctions américaines qui ciblent à la fois la Russie et l'Iran, les qualifiant d'acte d'hostilité et d'escalade de l'agression américaine.
En présentant les sanctions comme une attaque conjointe contre la Russie et l'Iran, le récit crée une symétrie qui aligne l'Iran avec la Russie en tant que victimes de l'agression américaine, détournant l'attention des raisons spécifiques des sanctions de chaque pays.
Le récit omet que les dispositions relatives à l'Iran sont une extension de sanctions existantes, et non une nouvelle mesure, et que le moteur principal est la guerre de la Russie en Ukraine.
L'Europe soutient les nouvelles sanctions américaines comme une étape nécessaire pour contrer l'agression russe en Ukraine, les présentant comme une norme universelle contre les violations du droit international.
En présentant les sanctions comme une réponse naturelle et nécessaire à la guerre russe, le récit universalise l'action américaine comme une position collective occidentale, minimisant les coûts économiques potentiels ou les désaccords politiques.
Le récit omet que le projet de loi donne à Trump des pouvoirs unilatéraux, qui pourraient être utilisés arbitrairement, et que les pays européens eux-mêmes sont de grands acheteurs d'énergie russe et pourraient être affectés.
Les États-Unis agissent de manière décisive pour stopper le financement de la guerre russe et des activités iraniennes, démontrant un fort leadership bipartite.
En célébrant l'accord bipartite et en le présentant comme une victoire décisive, le récit amplifie le sentiment de force et d'autorité morale des États-Unis, tout en minimisant les conséquences négatives potentielles ou l'opposition.
Le récit omet que le projet de loi donne à Trump de larges pouvoirs discrétionnaires, qui pourraient être utilisés de manière imprévisible, et qu'il pourrait tendre les relations avec des alliés clés qui achètent de l'énergie russe.
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