
Wall Street en ordre dispersé, entre accalmie pétrolière et déroute des valeurs technologiques
Les marchés américains ont terminé sans tendance claire vendredi, le recul du brut sous les 100 dollars compensé par les inquiétudes sur la rentabilité des investissements dans l’IA.
Les principaux indices new-yorkais ont clôturé la semaine en ordre dispersé, illustrant la fébrilité des investisseurs partagés entre la détente inattendue des cours pétroliers et la défiance persistante à l’égard des géants de la technologie. Le Nasdaq Composite a cédé 0,6 %, plombé par des prises de bénéfices sur les semiconducteurs, tandis que le S&P 500 grappillait 0,05 % et le Dow Jones progressait de 0,46 %. Sur l’ensemble de la semaine, tous affichent des pertes, la chute de Tesla et d’Alphabet ayant creusé un trou de près de 800 milliards de dollars dans la valorisation des « Sept Magnifiques ».
La brutale envolée des prix du pétrole depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran a constitué le principal facteur de risque. Le Brent a touché 100 dollars le baril après des frappes américaines et des menaces de riposte massive de Donald Trump contre Téhéran et les houthistes au Yémen, qui ont attaqué des pétroliers saoudiens en mer Rouge. Vendredi, les cours se sont repliés de plus de 4 % sous l’effet de prises de bénéfices et d’une initiative de médiation chinoise évoquée par des sources pakistanaises. Mais l’épisode a ravivé les craintes d’un choc d’offre durable, propulsant le rendement des obligations du Trésor à 30 ans vers ses niveaux de 2007 et étoffant les paris sur un tour de vis monétaire de la Réserve fédérale – désormais chiffré à une chance sur trois d’une hausse dès septembre, contre 12 % une semaine plus tôt.
Si les places européennes ont fait preuve de résilience – Francfort gagnant 0,84 %, Paris 0,42 % et Madrid 1,25 % –, le choc a été nettement plus rude en Asie, où Séoul a dévissé de 5,7 % et Tokyo de 2,8 %. Partout, la tech a été la première cible des vendeurs. Les résultats de Tesla et d’Alphabet ont nourri le scepticisme quant à la capacité des entreprises à monétiser rapidement leurs investissements pharaoniques dans l’intelligence artificielle, un état d’esprit qui n’a même pas épargné Intel, dont les prévisions solides n’ont pas empêché le titre de chuter de 7,9 %. Dans le même temps, l’administration américaine a imposé de nouveaux tarifs de 10 % à 12,5 % à 60 partenaires commerciaux, ajoutant une couche d’incertitude sur le front commercial.
La semaine à venir s’annonce décisive à double titre. La Réserve fédérale se réunit mercredi, et son communiqué sera scruté à l’aune des tensions inflationnistes et du ralentissement manufacturier. Surtout, Microsoft, Amazon, Meta et Apple publient leurs résultats trimestriels, un test majeur pour évaluer la solidité du secteur face à la défiance des marchés et l’impact réel du cycle des dépenses d’IA. L’évolution de la crise iranienne et la tenue du pétrole resteront les fils rouges de cette séquence à hauts risques.
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