
Trump suggère que la Syrie remplace Israël face au Hezbollah au Liban
Au sommet du G7 en France, le président américain a publiquement critiqué la campagne israélienne au Liban et proposé que Damas prenne le relais contre le Hezbollah, au risque d’une rupture avec son allié historique.
Depuis les rives du lac Léman, où se tenait le sommet du G7 à Évian-les-Bains, Donald Trump a redessiné mardi les lignes de fracture du Moyen-Orient en une seule phrase : « Si Israël ne peut pas faire le travail sans tuer tout le monde, la Syrie devrait s’en charger. » Le président américain, qui s’exprimait en marge d’une rencontre bilatérale avec l’émir du Qatar, a ainsi publiquement désavoué la stratégie militaire de Benyamin Nétanyahou contre le Hezbollah au Liban, jugée trop longue, trop meurtrière et contre-productive pour le fragile compromis que Washington tente de sceller avec Téhéran.
La presse israélienne, à l’image du Jerusalem Post, y voit l’expression d’une frustration grandissante de la Maison-Blanche face à l’incapacité de Tsahal à obtenir une victoire décisive après plus de neuf cents jours de combats. Les médias arabes, notamment Al-Manar, proche du Hezbollah, ont immédiatement relayé l’aveu trumpien selon lequel « sans moi, il n’y aurait pas d’Israël », tandis que les analystes russes, cités par Kommersant et Interfax, soulignent l’étonnante promotion du nouveau président syrien Ahmed al-Sharaa, présenté par Trump comme l’homme capable de « mettre de l’ordre » face à la milice chiite. En Amérique latine, El Financiero et La Nación interprètent cette sortie comme une « claire critique » et une « nouvelle fissure » entre Washington et Jérusalem, alors que les journaux européens, de La Vanguardia à Radio-Canada, y décèlent une tentative de rééquilibrer une alliance de plus en plus asymétrique.
Cette charge verbale intervient à un moment de tension extrême autour du mémorandum d’entente américano-iranien, dont la signature formelle est attendue cette semaine. Trump a qualifié la guerre au Liban de « conflit mineur » comparé au dossier iranien, tout en assurant que les frappes israéliennes ne remettraient pas en cause l’accord – une position aussitôt relativisée par Téhéran, qui exige le retrait israélien du sud du Liban. Les sources américaines, relayées par CBS News et Time, précisent que le président a personnellement fait savoir à Nétanyahou son mécontentement après le bombardement d’un immeuble de Beyrouth, survenu deux heures avant l’annonce du compromis avec l’Iran. Les organisations de défense des droits humains, citées par la presse australienne, rappellent que plus de 3 700 personnes ont déjà péri dans cette guerre.
En suggérant que Damas – un ancien ennemi d’Israël – prenne en main la lutte contre le Hezbollah, Trump bouscule les équilibres régionaux et place Nétanyahou dans une position intenable. Les observateurs africains et asiatiques, du Ghana Report à CNN Indonesia, notent que cette proposition pourrait accélérer la réhabilitation internationale du régime de Sharaa, tout en affaiblissant la liberté d’action israélienne. Reste à savoir si Jérusalem acceptera de déléguer sa sécurité à un voisin syrien dont les intentions demeurent opaques, ou si cette pression américaine, aussi spectaculaire soit-elle, ne fera que durcir la détermination d’un premier ministre israélien déjà isolé sur la scène intérieure. Une chose est certaine : la « grande relation » que Trump revendique avec Nétanyahou n’aura jamais semblé aussi conditionnelle.
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La remarque improvisée du président Trump, selon laquelle la Syrie pourrait remplacer Israël dans la confrontation avec le Hezbollah, a alarmé les milieux de sécurité israéliens. Cette suggestion, faite lors d'une rencontre du G7 avec l'émir du Qatar, est jugée dangereusement naïve, car elle ignore la fragilité de la Syrie et le risque de renforcer un ancien adversaire. Des responsables préviennent que de tels propos sapent la liberté opérationnelle d'Israël et envoient un mauvais signal à Téhéran.
La critique franche de Trump sur la campagne israélienne au Liban — affirmant qu'elle tue trop de personnes et que la Syrie pourrait s'occuper du Hezbollah — a été accueillie avec un mélange de schadenfreude et d'ironie dans le Levant arabe. Sa vantardise parallèle selon laquelle 'sans moi, Israël n'existerait pas' souligne la nature transactionnelle de la relation. Pour beaucoup, ces déclarations confirment que même la Maison Blanche perd patience face à l'ampleur des destructions.
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