
Trump conditionne l’accord nucléaire saoudien à la reconnaissance d’Israël
En liant après coup l’entrée en vigueur du partenariat à l’adhésion de Riyad aux Accords d’Abraham, Washington remet en cause un accord signé la veille et ravive les tensions au Moyen-Orient.
Au lendemain de la signature d’un accord de coopération nucléaire civil avec l’Arabie saoudite, le président américain Donald Trump a annoncé sur son réseau Truth Social que cet engagement était « entièrement subordonné » à la normalisation des relations entre Riyad et Israël, via les Accords d’Abraham. Cette déclaration, qui n’apparaissait pas dans l’annonce officielle du Département de l’Énergie, plonge l’avenir du partenariat dans l’incertitude. Selon la Maison Blanche, Washington aurait évoqué cette condition à plusieurs reprises avec ses alliés du Golfe, la porte-parole Karoline Leavitt affirmant que « si [les Saoudiens] ne rejoignent pas les Accords d’Abraham, l’accord est nul ».
Du côté de Riyad, aucun commentaire officiel n’a été émis, mais les analystes régionaux rappellent que le royaume a constamment conditionné toute reconnaissance d’Israël à l’existence d’une voie crédible vers un État palestinien – perspective rendue plus lointaine par la guerre à Gaza. Les capitales arabes observent avec méfiance ce revirement, certains observateurs jugeant douteux qu’un changement de position saoudien intervienne après trois décennies de diplomatie constante. Les spécialistes européens du Golfe estiment que cette exigence tardive risque d’être perçue comme une humiliation par le prince héritier Mohammed ben Salmane, tout en affaiblissant la fiabilité des engagements américains.
L’État hébreu, en revanche, accueille favorablement la condition posée par Trump. Le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou a salué « un saut historique vers la paix au Moyen-Orient », attribuant cette ouverture à l’action militaire conjointe américano-israélienne contre l’Iran. Pourtant, les responsables israéliens de l’opposition, comme les anciens ministres Naftali Bennett et Avigdor Lieberman, mettent en garde contre les risques de prolifération : un programme nucléaire civil saoudien, même encadré, pourrait déclencher une course aux armements dans une région déjà déstabilisée par le conflit avec Téhéran.
L’accord dit « 123 », d’une durée de trente ans, prévoit l’accès des entreprises américaines, notamment Westinghouse, au développement de l’infrastructure nucléaire saoudienne, pour un montant estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Il inclut, selon certaines sources, la possibilité d’un enrichissement d’uranium sur le sol saoudien à l’issue d’une étude de faisabilité de deux ans, bien que Trump ait affirmé qu’il n’y aurait « aucun enrichissement de matière ». Les experts américains en non-prolifération, relayés par plusieurs sénateurs démocrates, dénoncent une concession majeure à Riyad sans contrepartie immédiate, qui pourrait saper les efforts visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique. Le Congrès, qui dispose de quatre-vingt-dix jours de session pour examiner le texte, pourrait se saisir du dossier alors que les négociations avec Téhéran sont au point mort.
À ce stade, le sort de l’accord demeure suspendu aux discussions entre les deux capitales. Si l’administration Trump maintient que la normalisation était un prérequis implicite, l’absence de cette clause dans les documents signés fragilise la position américaine. L’Agence internationale de l’énergie atomique s’est dite prête à travailler avec les parties, mais le flou diplomatique actuel repousse toute avancée concrète. La prochaine étape formelle sera le dépôt du texte devant le Congrès, où les critiques bipartisanes pourraient compliquer l’approbation finale.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.30 | critical |
| Presse arabe Levant-Maghreb | +0.20 | neutral |
The Atlantic warns: the deal with Riyadh is a gamble that could trigger a nuclear race. Trump's clause is a clumsy face-saving attempt, but the damage is done.
It leverages the Iranian precedent and the possibility that Saudi Arabia will pursue enriched uranium, presenting the scenario as a concrete and imminent threat.
The Saudi perspective of self-defense and the regional threats that would justify the need for nuclear energy are omitted.
Europe looks on with apprehension: the US-Saudi nuclear pact risks further destabilizing the Middle East. Trump's move is reckless and poorly managed.
It uses a measured but insistent tone, citing experts and historical analogies to underscore the lack of transparency and the risk of a domino effect.
The Israeli viewpoint, which sees the deal as an opportunity for peace as shown by Netanyahu's statements, is omitted.
Riyadh acts in self-defense: the nuclear deal is a response to regional threats. Trump's condition is a snag, but Saudi determination is clear.
It emphasizes the context of regional insecurity and the need to diversify energy sources, presenting the Saudi choice as inevitable and reasonable.
The risks of proliferation and international criticism of the deal, as well as Israeli fears of an arms race, are omitted.
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