
Taty Almeida, la voix des Mères de la place de Mai, s’éteint à 95 ans
La présidente des Mères de la place de Mai, qui a cherché son fils disparu pendant un demi-siècle, laisse un héritage de résistance face au négationnisme d’État.
Lidia Stella Miy Uranga de Almeida, connue sous le nom de Taty, s’est éteinte dimanche à Buenos Aires à l’âge de 95 ans, suscitant une vague d’émotion en Argentine et au-delà. Présidente de l’association Madres de Plaza de Mayo Línea Fundadora, elle incarnait depuis 1979 la quête obstinée de vérité et de justice pour les victimes de la dictature militaire (1976-1983). Fille d’un officier de l’armée, elle avait vu sa vie basculer le 17 juin 1975, lorsque son fils Alejandro, militant de gauche, fut enlevé par des paramilitaires anticommunistes, neuf mois avant le coup d’État. Ce drame intime la transforma en une figure publique inlassable, dont le foulard blanc noué autour du cou devint un symbole mondial de la lutte contre l’impunité.
La veillée funèbre, organisée au siège du syndicat des télécommunications Foetra à Buenos Aires, a rassemblé des centaines de personnes de toutes générations. Les grilles étaient recouvertes de foulards blancs, écho visuel aux rondes silencieuses que les Mères et Grands-mères de la place de Mai mènent chaque jeudi depuis 1977. La famille a demandé de ne pas envoyer de fleurs, mais de faire des dons, tandis que les hommages affluaient des milieux syndicaux, politiques et associatifs. Estela de Carlotto, présidente des Grands-mères, a exprimé une douleur mêlée de colère, confiant que le gouvernement de Javier Milei « doit être en train de trinquer » tant « ils nous haïssent ». Cette déclaration, largement reprise par la presse argentine, souligne la fracture persistante autour de la mémoire historique dans le pays.
La presse latino-américaine, du quotidien colombien El Espectador au portail brésilien UOL, a salué une « protagoniste infatigable » qui soutenait aussi les luttes syndicales et étudiantes. En Europe, The Guardian a rappelé que Taty Almeida avait passé plus de cinquante ans à chercher son fils, sans jamais obtenir de réponse, et qu’elle était devenue une « figure d’autorité morale » pour toute une nation. Son décès intervient alors que le gouvernement Milei promeut une lecture révisionniste de la dictature, minimisant le nombre de disparus et remettant en cause le consensus démocratique sur les crimes du passé. Taty Almeida livrait, selon La Vanguardia, « sa dernière bataille contre le négationnisme ».
Avec sa disparition, c’est une page de l’histoire des fondatrices du mouvement qui se tourne, mais le relais est déjà assuré par les nouvelles générations, comme l’a souligné Estela de Carlotto. Le message des Mères – « la seule lutte qui se perd est celle qu’on abandonne » – continue de résonner bien au-delà des frontières argentines, dans les combats pour la mémoire, la vérité et la justice à travers le monde. Alors que les témoins directs s’effacent, la tension entre devoir de mémoire et tentations négationnistes promet de rester un enjeu central de la démocratie argentine.
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La disparition de Taty Almeida, dirigeante très aimée des Mères de la place de Mai, a profondément bouleversé l'Argentine. Sa camarade de lutte Estela de Carlotto a durement accusé le gouvernement, affirmant qu'aujourd'hui ils doivent trinquer. L'héritage d'Almeida, combattante infatigable contre le négationnisme de la dictature, reste un phare pour les nouvelles générations.
Taty Almeida, dirigeante historique des Mères de la place de Mai, est décédée à 95 ans. Pionnière de la défense des droits humains, elle s'était récemment opposée à la politique négationniste du gouvernement Milei. Sa disparition clôt un chapitre fondamental du mouvement argentin des droits de l'homme.
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