
António Guterres à Damas : une première onusienne depuis 2009 pour appuyer la transition syrienne
Le secrétaire général de l’ONU a entamé samedi une visite de trois jours en Syrie, la première d’un chef de l’organisation depuis le début de la guerre en 2011, afin de mobiliser la communauté internationale en faveur du redressement du pays.
António Guterres est arrivé à Damas le 25 juillet pour une visite de solidarité – la première d’un secrétaire général des Nations unies en Syrie depuis 2009. L’événement survient près de deux ans après l’éviction de Bachar al-Assad par une coalition rebelle menée par Ahmed al-Charaa, qui dirige désormais un gouvernement de transition. Sur X, M. Guterres a appelé la communauté internationale à « ne ménager aucun effort » pour soutenir le peuple syrien, marquant ainsi la volonté onusienne d’accompagner une phase encore fragile.
« Le moment est venu non seulement de se relever du conflit, mais aussi de jeter les bases d’un avenir plus stable, plus inclusif et plus prospère pour tous les Syriens », a déclaré le porte-parole du secrétaire général. Le président Ahmed al-Charaa, ancien chef de la filiale syrienne d’Al-Qaïda jusqu’en 2016 et désormais soucieux de normaliser les relations internationales, a reçu M. Guterres au palais présidentiel. Selon les médias d’État syriens, les discussions ont porté sur la coopération humanitaire, le redressement précoce et la souveraineté territoriale. Les capitales occidentales, Washington en tête, ont levé l’essentiel des sanctions économiques, tout en conditionnant la pleine réintégration de la Syrie à des progrès sur la protection des minorités et la tenue d’élections. Les chancelleries européennes, à l’image de la France dont le président s’est rendu à Damas quelques semaines plus tôt, observent avec prudence une transition déjà émaillée de violences confessionnelles – près de 1 500 alaouites et des centaines de druzes tués lors d’affrontements avec des factions pro-gouvernementales.
Le déplacement du chef de l’ONU inclut une visite à la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD) sur le Golan, où Israël a occupé de nouvelles zones après la chute de l’ancien régime. Les autorités israéliennes, qui ont mené des centaines de frappes contre des sites militaires syriens, entendent maintenir une zone de sécurité et exigent une démilitarisation du sud syrien. Des pourparlers directs israélo-syriens ont abouti à un mécanisme de coordination sous pression américaine, sans toutefois mettre fin aux incursions israéliennes que Damas et l’ONU jugent contraires à l’accord de désengagement de 1974. Moscou et Téhéran, alliés historiques d’Assad, sont largement absents de cette séquence, tandis que les médias iraniens s’inquiètent de la perte rapide d’influence de la République islamique dans l’échiquier syrien.
Au-delà du symbole diplomatique, la visite vise à mobiliser une aide internationale à la hauteur des besoins : 90 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon les Nations unies, et la Banque mondiale estime le coût de la reconstruction à 216 milliards de dollars. M. Guterres doit rencontrer des représentants de la société civile et des organisations de femmes avant de s’adresser lundi au nouveau Parlement de transition. Le secrétaire général entend réaffirmer le rôle de l’ONU dans l’accompagnement de la transition politique, un processus que le Conseil de sécurité avait soutenu lors d’une visite inédite d’une délégation à Damas à la fin 2025. Les prochaines échéances – notamment le rapport du secrétaire général au Conseil de sécurité – indiqueront si la communauté internationale est prête à transformer cet engagement de principe en un soutien opérationnel et durable.
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