
Sinner à Wimbledon : après la défaillance de Roland-Garros, une préparation sous le signe de la chaleur
Le numéro un mondial a modifié son entraînement pour mieux résister aux températures extrêmes, tandis que les joueurs durcissent leur protestation sur la répartition des revenus.
C’est l’image d’un champion du monde à l’arrêt, le visage marqué par la souffrance, qui a servi de détonateur. Au deuxième tour de Roland-Garros, Jannik Sinner, pourtant en tête deux manches à zéro et 5-1 dans la troisième, s’effondre physiquement face à l’Argentin Juan Manuel Cerundolo, victime de crampes sous une chaleur accablante. L’élimination précoce du maître du classement ATP agit comme un électrochoc. Dans la foulée, l’Italien se soumet à une batterie d’examens à l’hôpital San Raffaele de Milan – tous rassurants, selon la presse transalpine – et renonce à tout tournoi sur gazon avant Wimbledon, une première dans sa jeune carrière.
La réponse de son équipe, détaillée lors de la conférence de presse d’avant-tournoi, tient en une formule : allonger les séances pour habituer le corps à l’effort prolongé sans pause, enchaîner la salle de musculation et le court, « tout ensemble, pour ressentir le plus de choses possible ». Sinner insiste sur les « petits détails », refuse d’en dire davantage, et prévient qu’il n’y a « pas de baguette magique » : les résultats de ce travail de fond ne seront pas immédiats. Arrivé à Londres plusieurs jours avant le début du tournoi, il a pu fouler un Centre Court désert, une émotion qu’il décrit comme « encore plus belle » que celle des jours de match.
La canicule qui écrase l’Europe donne à cette préparation une résonance particulière. Le Royaume-Uni a connu des températures record la semaine dernière, et si les prévisions annoncent un léger reflux pour l’ouverture, la question de la résistance à la chaleur reste centrale. Wimbledon a bien instauré une règle permettant une pause de dix minutes lorsque l’indice de stress thermique atteint 30,1 °C, mais celle-ci n’avait pas été déclenchée lors de la déroute parisienne de Sinner. La presse britannique rappelle que le tenant du titre avait déjà montré des signes de vulnérabilité en conditions extrêmes, et que le gazon, surface plus rapide, sollicite différemment l’organisme.
En marge de l’enjeu sportif, la grogne des joueurs sur le partage des revenus des tournois du Grand Chelem s’invite dans les allées du All England Club. Comme à Roland-Garros, les têtes d’affiche limitent leurs apparitions médiatiques à quinze minutes par jour de match lors de la première semaine – un chiffre qui renvoie aux 14,4 % des recettes que Wimbledon consacrerait aux prize money, selon les représentants des joueurs. Ces derniers réclament 22 % d’ici 2030. La direction du tournoi, qui a pourtant augmenté la dotation globale de 20 % cette année pour atteindre 64,2 millions de livres, se dit « surprise et déçue » par le maintien de l’action. Des fissures apparaissent toutefois dans le collectif : l’Australien Alex de Minaur et l’Allemand Alexander Zverev n’y participent pas, jugeant l’effort du tournoi significatif. Interrogé sur le sujet, Sinner a sobrement répondu que « ce n’est pas seulement une question d’argent », avant de clore le chapitre.
Lundi, sur le Court Central, le champion en titre ouvrira le tournoi face au Serbe Miomir Kecmanovic, 51e mondial. Un premier tour que l’intéressé qualifie de « très dur mentalement », mais qu’il aborde avec la confiance d’un joueur qui, l’an dernier, avait su rebondir après une élimination précoce à Halle pour décrocher son premier sacre londonien. Placé dans la même moitié de tableau que Novak Djokovic, Sinner pourrait retrouver le septuple vainqueur du tournoi en demi-finale, un horizon qui donne à cette quinzaine une densité toute particulière.
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Jannik Sinner a modifié sa préparation avec des séances plus longues et sans pause pour s’adapter à la chaleur de Wimbledon. Après son malaise à Roland-Garros, le numéro un mondial se dit prêt et confiant, misant sur de petits détails pour défendre son titre.
La chaleur extrême à Wimbledon pourrait entraîner la suspension du jeu en vertu de la règle sur la chaleur. Les difficultés passées de Sinner sous haute température, y compris son effondrement à Roland-Garros, soulèvent des questions sur la sécurité des joueurs.
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