
Les grands travaux de Trump à Washington rattrapés par les algues et les tribunaux
La rénovation à 14 millions de dollars du bassin du Lincoln Memorial a viré au vert marécageux, tandis que la justice fédérale est saisie contre le projet de « Jardin des héros américains ».
À peine achevée, la rénovation du miroir d’eau du Lincoln Memorial, voulue par Donald Trump pour lui donner un bleu « American flag », a tourné au fiasco écologique et esthétique. En quelques jours, une prolifération d’algues a teinté le bassin d’un vert chartreuse, obligeant les équipes du National Park Service à déverser du peroxyde d’hydrogène à 12 % dans les 25 millions de litres d’eau. L’administration justifie ce traitement par sa douceur relative, mais les médias américains rappellent que les autorités sanitaires mettent en garde contre les risques respiratoires et les brûlures chimiques, sans parler des effets sur la faune ailée qui fréquente le plan d’eau.
Ce revers biologique s’inscrit dans une offensive plus large pour remodeler le paysage monumental de la capitale fédérale. Outre le bassin repeint, le président a ordonné la construction d’une salle de bal à la Maison-Blanche, d’une arche monumentale au bord du Potomac et d’un « Jardin national des héros américains » dans le parc de West Potomac. C’est précisément ce dernier projet qui fait l’objet d’une plainte déposée lundi par des associations de préservation du patrimoine : elles accusent le ministère de l’Intérieur d’ignorer un décret du Congrès interdisant toute nouvelle œuvre commémorative dans le grand axe de la croix du Mall. Parallèlement, l’administration a fait appel d’une décision de justice ordonnant la restauration, avant les célébrations du 4 juillet, de sites historiques et de marqueurs mémoriels retirés des parcs nationaux depuis le 20 mai.
La presse européenne, du Figaro au Göteborgs-Posten suédois, souligne l’ironie d’un chantier dont la facture a explosé – Trump évoquait initialement 17 millions de couronnes, l’équivalent d’environ 1,7 million de dollars, pour un coût final huit fois supérieur – et dont le résultat est une eau « sale » que même les canetons peinent à rendre poétique. Les correspondants asiatiques, comme le South China Morning Post, rapportent la déconvenue des touristes : une visiteuse chinoise confiait vouloir utiliser un filtre photo pour masquer les algues. Sur place, les riverains américains déplorent un « gâchis » et une teinte qu’ils n’avaient jamais vue aussi verte.
Au-delà de l’anecdote chromatique, ces épisodes révèlent la difficulté de plier un territoire chargé d’histoire et un écosystème capricieux à une volonté présidentielle de marquer l’espace public. Les batailles juridiques en cours détermineront si le Jardin des héros et les autres projets verront le jour, tandis que la lutte contre les algues, simple question de chimie pour l’administration, pourrait bien devenir le symbole d’une présidence qui, en voulant trop bleuir le décor, se retrouve confrontée au vert imprévisible de la réalité.
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Quelques jours après une rénovation de 14,2 millions de dollars ordonnée par Trump pour teindre le Reflecting Pool en « bleu drapeau américain », les algues l'ont de nouveau rendu vert vif. L'administration rejette maintenant la faute sur l'ère Obama, tandis que les équipes aspirent les algues avant les célébrations du 4 juillet.
La coûteuse rénovation du Reflecting Pool par Trump devait le faire briller en bleu patriotique, mais en quelques jours les algues l'ont rendu vert vif. Juste à temps pour le 250e anniversaire de la nation, on pompe et écume, tandis que la faute est rejetée sur Obama.
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