
Pénurie de carburant en Russie : les restrictions s’étendent à tout le territoire
La compagnie Tatneft limite les ventes d’essence et de diesel sur l’ensemble de son réseau, tandis que les frappes de drones ukrainiens aggravent les perturbations du raffinage dans des dizaines de régions.
La décision de Tatneft, cinquième groupe pétrolier russe, d’imposer des quotas sur tous ses points de vente du pays marque une escalade soudaine dans la crise d’approvisionnement qui couve depuis plusieurs semaines. Désormais, un automobiliste ne peut acheter que 20 à 30 litres d’essence et 40 à 60 litres de gazole par passage, les camions étant limités à 300 litres dans certaines stations. Plus révélateur encore, le réseau n’accepte plus que les paiements en espèces, une mesure qui évoque une fragilité des systèmes informatiques ou une volonté de contrôler les flux dans l’urgence. L’action de l’entreprise a chuté de 5 % à la Bourse de Moscou, signe que les investisseurs anticipent des répercussions durables.
Cette mesure ne constitue pas un cas isolé. Les stations du géant Rosneft et de ses filiales Bachneft et TNK ont interdit la vente d’essence en jerrycans sur tout le territoire, tout en plafonnant le remplissage des réservoirs à 90 litres. Selon la BBC, au moins 33 régions russes sont désormais touchées par des restrictions, y compris la capitale Moscou et le grenier agricole de Krasnodar. En Crimée, où des limitations avaient été instaurées fin mai, la situation se serait stabilisée, mais l’épisode a révélé la vulnérabilité logistique de la péninsule annexée.
Les causes immédiates sont multiples. Les frappes répétées de drones ukrainiens contre les raffineries russes – un incendie a ainsi touché le site de Kapotnia, dans la banlieue moscovite, et un dépôt pétrolier du Kouban – ont réduit les capacités de traitement au moment même où la maintenance saisonnière de printemps mettait plusieurs unités à l’arrêt. Des goulets d’étranglement logistiques, notamment ferroviaires, compliquent l’acheminement des volumes disponibles. Un responsable de la Douma a qualifié ces restrictions de « temporaires et locales », évoquant une simple superposition de circonstances, mais l’accumulation des signaux contredit ce discours rassurant.
Pour un lectorat francophone, cette crise intérieure russe revêt une dimension géopolitique immédiate. Elle démontre que la campagne de frappes en profondeur menée par Kiev affecte désormais le quotidien des citoyens russes, au-delà des installations militaires. Si les exportations de brut restent pour l’heure peu entravées, la baisse du raffinage pourrait, à terme, réduire les volumes de diesel disponibles sur le marché mondial, avec des conséquences sur les prix en Europe et en Afrique, où plusieurs pays dépendent des cargaisons russes. La fragilité ainsi exposée du secteur énergétique russe rappelle que, dans ce conflit, l’arrière n’est plus sanctuarisé.
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Tatneft a imposé des limites temporaires à la vente de carburant dans toutes ses stations-service en Russie, n'acceptant que les espèces. Selon un député de la Douma, ces restrictions sont dues à des maintenances planifiées, des problèmes logistiques et des attaques de drones, mais elles sont locales et non critiques. Les actions de l'entreprise ont chuté de 5 %, mais un retour à la normale est attendu.
Tatneft a imposé des restrictions sur la vente de carburant dans l'ensemble de son réseau de stations-service en Russie, le paiement n'étant accepté qu'en espèces. La hotline de l'entreprise a confirmé des limites temporaires pour des raisons techniques. À Tcheliabinsk, par exemple, l'essence est limitée à 30 litres pour les voitures, le diesel à 60 litres pour les voitures et 300 litres pour les camions.
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