
Otan : entre le face-à-face Rutte-Trump et le sommet du E5 à Berlin, la préparation sous tension du rendez-vous d’Ankara
Le secrétaire général de l’Alliance atlantique rencontre le président américain à Washington tandis que les cinq premières puissances militaires européennes se coordonnent à Berlin, à deux semaines d’un sommet crucial en Turquie.
Mercredi 24 juin, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, s’entretient à la Maison-Blanche avec Donald Trump, au moment même où les dirigeants de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie et de la Pologne – le format dit E5 – se réunissent à Berlin, avec la participation de M. Rutte par vidéoconférence. Cette double séquence vise à préparer le sommet de l’Alliance prévu les 7 et 8 juillet à Ankara, dont l’ordre du jour est dominé par la répartition du fardeau financier de la défense et par l’avenir de la présence militaire américaine en Europe.
Du côté de Washington, l’administration Trump accentue la pression pour que les alliés européens assument une part plus importante de leur sécurité. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a qualifié les Européens de « profiteurs » et annoncé un réexamen semestriel du déploiement des troupes américaines sur le continent, pouvant déboucher sur des réductions d’effectifs. Selon des sources proches du Pentagone, les capacités mises à disposition de l’Otan en cas de crise ont déjà été restreintes. La Maison-Blanche lie explicitement cet effort au refus de plusieurs membres de soutenir l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran de février dernier, qui a perturbé le trafic dans le détroit d’Ormuz, et à la réticence générale à appuyer la campagne de Washington au Moyen-Orient. Donald Trump a, dans ce contexte, publiquement mis en doute l’engagement américain envers la clause de défense mutuelle de l’Alliance et évoqué un possible retrait.
Face à ces exigences, les capitales européennes tentent d’arrêter une ligne commune. Le sommet de Berlin, convoqué par le chancelier Friedrich Merz, doit dégager un « plus petit dénominateur commun » sur les cibles de dépenses militaires – l’objectif de 5 % du PIB d’ici 2035 fixé au sommet de La Haye – et sur le soutien à l’Ukraine. Les positions restent toutefois hétérogènes. Rome, qui prévoit d’afficher 2,8 % du PIB en intégrant la cybersécurité et les technologies à double usage, refuse d’acheter des armes américaines pour Kiev via le programme Purl de l’Otan et aborde avec prudence les prêts européens du fonds Safe, par souci de préserver les finances publiques. Paris et Berlin, de leur côté, insistent pour que le format E3 (France, Allemagne, Royaume-Uni) pilote les éventuels canaux diplomatiques avec Moscou, en coordination avec Kiev, marginalisant ainsi le président du Conseil européen Antonio Costa, dont l’initiative de réouverture d’un dialogue avec la Russie a été freinée lors du dernier Conseil européen.
Mark Rutte s’efforce, dans ce paysage fracturé, de prévenir une crise durable. Lors d’un entretien accordé à Fox News, il a qualifié d’« isolés » les incidents au cours desquels certains alliés ont refusé des droits de survol ou de stationnement liés aux opérations américaines, et a souligné que des centaines d’appareils ont décollé de bases européennes pour soutenir l’effort de guerre de Washington. Il entend présenter à Donald Trump des chiffres « considérables » sur la hausse des dépenses de défense des membres. Selon des analystes de think tanks washingtoniens, cette médiation vise avant tout à éviter un « désastre » au sommet d’Ankara, même si l’imprévisibilité du président américain fait planer un risque persistant de rupture.
Le sommet turc s’annonce comme un test de la capacité de l’Alliance à fonctionner avec une présence américaine réduite et conditionnelle. Un engagement insuffisant de certains pays pourrait se traduire par une diminution de leur représentation dans les commandements de haut niveau de l’Otan, une perspective évoquée à Rome concernant les postes de LANDCOM et MARCOM. Moscou, par la voix de Vladimir Poutine, a averti que les Occidentaux s’abstiennent encore de frapper le territoire russe car ils mesurent le risque de riposte, tandis que Helsinki juge improbable une attaque russe contre l’Alliance. Les prochaines étapes incluent la rencontre de Mark Rutte avec des membres du Congrès américain, la finalisation des plans nationaux d’investissement de défense examinés par Washington, et la tenue du sommet d’Ankara les 7 et 8 juillet.
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La rencontre entre le chef de l'OTAN Rutte et Trump se déroule dans un contexte de tensions croissantes liées à la guerre en Iran, Washington étant irrité par la réticence des alliés à soutenir les actions américaines au Moyen-Orient et à aider à rouvrir le détroit d'Ormuz après la frappe américano-israélienne. Trump a longtemps qualifié l'alliance de 'tigre de papier' et le Pentagone réexamine les niveaux de troupes en Europe, alimentant les craintes d'un engagement américain réduit. Le récit met en lumière les tensions transatlantiques et le risque d'une alliance affaiblie.
Le secrétaire général de l'OTAN Rutte, dans un entretien à Fox News, a appelé à une augmentation significative de la production d'armements et au réapprovisionnement des stocks de munitions des deux côtés de l'Atlantique. Il a indiqué que le président Trump travaille sur une législation relative aux achats de défense pour faciliter la production conjointe par les entreprises alliées. L'accent est mis exclusivement sur la nécessité pour l'alliance de renforcer sa capacité militaro-industrielle, sans référence aux tensions géopolitiques plus larges ni à la réunion de Berlin.
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