
Opérations antistups au Mexique et sanctions occidentales contre l’évasion financière iranienne
Une série d’arrestations et de saisies d’armes a frappé les cartels mexicains, tandis que Washington et l’Union européenne ciblent le réseau du financier Babak Zanjani, accusé de contourner les embargos.
Une double offensive sécuritaire et financière a marqué la fin juillet des deux côtés de l’Atlantique. Selon les communiqués officiels du gouvernement mexicain, une série d’opérations coordonnées dans treize États a conduit à l’arrestation d’au moins vingt-six personnes, parmi lesquelles plusieurs chefs de cellules criminelles liées au cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), à la « Mayiza » ou à l’Union Tepito. Simultanément, le département du Trésor américain a imposé des sanctions à quatre individus et neuf entités associés au réseau du financier iranien Babak Zanjani, accusé d’avoir permis au Corps des gardiens de la révolution islamique de contourner les embargos internationaux.
Les autorités mexicaines font état de saisies massives : plus de deux tonnes de marijuana dans la seule capitale, quatre-vingt-une armes longues et près de 275 000 cartouches à San Luis Río Colorado (Sonora), ainsi que plusieurs kilos de méthamphétamine et de cocaïne lors du démantèlement d’un groupe opérant entre le Guanajuato et le Michoacán. Les interventions, menées par l’armée, la marine, la Garde nationale et les polices locales, ont permis de capturer des cibles prioritaires comme Oscar Luna Colunga, alias « Chino Payaso », présenté par les autorités de Monterrey comme un coordinateur régional du CJNG, ou encore Carlos Giovanni « N », surnommé « El Ojón », soupçonné de diriger des offensives armées contre des factions rivales. Un arsenal comprenant des fusils d’assaut AK-47, des lance-grenades et des milliers de munitions a été retiré de la circulation.
À Washington, le Trésor a ciblé le conglomérat « Dotvan » de Babak Zanjani, qui opère dans les secteurs de l’or, des transports ferroviaires et des actifs numériques via les plateformes Zedcex et Zedxion. Selon le communiqué américain, ces sociétés ont facilité le transfert de fonds pour le compte des Gardiens de la révolution, illustrant « jusqu’où les élites liées à l’État iranien sont prêtes à aller pour préserver leur accès au système financier international ». L’Union européenne a renforcé la pression en sanctionnant cinq juges iraniens et le fondateur du groupe informatique « Ashiyaneh », présenté par les médias d’opposition comme un « pirate des Gardiens de la révolution », accusé de coopérer avec la police du cyberespace et le corps d’élite.
Du côté mexicain, le secrétaire à la Sécurité, Omar García Harfuch, a souligné que l’Unité de renseignement financier (UIF) avait déjà déposé des plaintes contre les personnes visées par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), preuve d’une coordination bilatérale étroite entre les deux pays. La justice mexicaine poursuit les investigations : les suspects interpellés ont été placés en détention provisoire et les ministères publics fédéraux continuent d’exploiter les éléments saisis – armes, véhicules, téléphones – pour identifier d’éventuels complices et remonter les chaînes de commandement. Les opérations en cours s’inscrivent dans la Stratégie nationale de sécurité présentée par l’administration Sheinbaum, qui mise sur le renseignement et la coopération interinstitutionnelle pour affaiblir les structures criminelles, pendant que Washington utilise la pression financière pour contraindre Téhéran à négocier tout en maintenant la menace d’une action militaire.
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