
La Crimée en état d’urgence après une attaque massive de drones ukrainiens
Face aux pénuries de carburant et aux coupures d’électricité provoquées par les frappes, les autorités installées par Moscou déclarent l’état d’urgence régional.
La péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014, a été placée vendredi 26 juin en situation d’urgence régionale par les autorités prorusses, au lendemain de l’une des plus vastes attaques de drones menées par l’Ukraine depuis le début de l’invasion à grande échelle. Selon le ministère russe de la Défense, 660 appareils ont été interceptés durant la nuit au-dessus de douze régions, dont celle de Moscou, la mer Noire et la mer d’Azov. Les gouverneurs de Crimée et de Sébastopol, Sergueï Aksionov et Mikhaïl Razvojaïev, ont justifié cette mesure par la nécessité de gérer les conséquences des frappes sur les infrastructures énergétiques, qui ont entraîné des coupures d’électricité tournantes, la suspension de la vente de carburant aux particuliers et l’annulation des colonies de vacances.
Du côté ukrainien, le président Volodymyr Zelensky a annoncé la veille le lancement d’une « opération d’influence » de quarante jours, confiée aux services de sécurité (SBU), visant à « contraindre la Russie à mettre fin à la guerre ». Les forces de Kiev revendiquent des frappes contre deux navires de soutien logistique et des systèmes de défense aérienne dans le port de Kertch, ainsi que contre l’usine chimique Azot de Novomoskovsk, dans la région de Toula, présentée par la présidence ukrainienne comme un site clé pour la production d’explosifs. Selon des analystes occidentaux, cette campagne de frappes en profondeur, qui s’appuie sur une production accrue de drones à longue portée, vise à désorganiser la logistique militaire russe et à accroître le coût politique et économique du conflit pour Moscou.
Les conséquences sur le terrain sont tangibles. D’après les médias indépendants russes, les réserves de carburant de la Crimée sont devenues critiques, les trains reliant la péninsule à la Russie ont été réduits de moitié et les réservations hôtelières se sont effondrées de 88 % par rapport à l’année précédente. La dépendance énergétique de la Crimée vis-à-vis du territoire russe, via le pont de Kertch et les corridors terrestres du nord, est mise en lumière par ces perturbations. Les autorités de Sébastopol ont reconnu que les coupures d’électricité affectaient également l’approvisionnement en eau, tandis que le gouverneur Aksionov a admis que « la situation concernant le carburant est la plus critique », un aveu rare de vulnérabilité.
La Crimée occupe une place à la fois stratégique et symbolique pour le Kremlin, qui en a fait une vitrine de l’intégration des territoires occupés. Pour Kiev, isoler la péninsule constitue un levier de pression politique, alors que les négociations de paix restent dans l’impasse. Des sources au sein de l’Otan estiment que l’intensification des frappes ukrainiennes, combinée à l’érosion des stocks de défense aérienne russes, pourrait modifier l’équilibre militaire dans la région. Le président Zelensky a par ailleurs mis en garde contre un possible entraînement de la Biélorussie dans le conflit, évoquant des infrastructures militaires en cours d’achèvement le long de la frontière nord. Le dossier reste ouvert : l’état d’urgence en Crimée est en vigueur jusqu’à nouvel ordre, et le sommet de l’Otan prévu le mois prochain pourrait offrir à l’Ukraine de nouvelles garanties de soutien.
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L'Ukraine a lancé l'une de ses plus grandes offensives de drones de la guerre, envoyant plus de 600 appareils sans pilote contre une douzaine de régions russes et la Crimée annexée illégalement. Ce barrage s'inscrit dans une campagne à longue portée visant à ramener le conflit sur le sol russe, les drones de Kiev frappant de plus en plus loin derrière les lignes ennemies. La défense aérienne russe a affirmé avoir intercepté 660 drones, mais l'ampleur de l'opération souligne la capacité croissante de l'Ukraine à projeter sa force.
La Russie affirme avoir intercepté 660 drones ukrainiens lors de l'une des plus grandes attaques nocturnes depuis le début de la guerre, avec des drones visant Moscou, la Crimée et d'autres régions. L'assaut reflète la stratégie déclarée de Kiev de porter la guerre sur le sol russe, comme l'avait prévenu le président Zelensky. Parallèlement, une usine chimique à Toula aurait été touchée, soulignant la portée de la campagne de drones ukrainienne.
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