
Nouveaux tarifs américains sur le travail forcé : la Chine s’oppose, l’UE temporise
Washington impose des droits de douane de 10 à 12,5 % à 60 pays, ravivant les tensions commerciales.
Les États-Unis ont mis en œuvre, le 24 juillet, une nouvelle salve de droits de douane visant une soixantaine de partenaires commerciaux, dont la Chine, le Japon et l’Union européenne. Ces prélèvements, qui s’échelonnent de 10 % à 12,5 % selon les pays, remplacent la taxe globale temporaire de 10 % instaurée en février, après que la Cour suprême a invalidé plusieurs vagues de tarifs décidés par l’administration Trump. Selon le représentant américain au Commerce, ces mesures, fondées sur la section 301 de la loi de 1974, sanctionnent l’insuffisance des dispositifs nationaux à interdire l’importation de biens produits par le travail forcé. Pékin, frappé du taux le plus élevé, a immédiatement réagi en rejetant toute forme de « mesures tarifaires unilatérales ». Les pays ayant adopté une législation prohibant le travail forcé – Canada, Royaume-Uni, États membres de l’UE – se voient appliquer le tarif plancher de 10 %. Les autres grands exportateurs, comme l’Inde, le Japon ou la Corée du Sud, sont taxés à 12,5 %. Le Royaume-Uni, qui bénéficie depuis l’an dernier d’un accord commercial privilégié avec Washington, a indiqué que ce plafonnement ne modifiait en rien ses conditions d’accès. La Commission européenne, de son côté, prend acte de la conformité de ces mesures avec la déclaration conjointe de Turnberry, tout en appelant au respect des engagements pris.
Ces nouveaux droits interviennent dans un contexte de fragiles trêves sino-américaines. Après une escalade qui avait conduit l’an dernier à des taxes croisées de plus de 100 %, transformant les échanges en un embargo de facto, les présidents Trump et Xi Jinping s’étaient entendus pour maintenir des canaux de dialogue. La visite d’État du dirigeant américain en Chine, en mai, avait même débouché sur l’annonce de discussions visant une réduction tarifaire réciproque de 30 milliards de dollars. Or, les dernières annonces réactivent les frictions, alors même que le ministère chinois du Commerce affirmait, la veille encore, qu’une « communication fluide » était en cours sur la structure d’un futur Conseil de commerce bilatéral. D’autres économies, comme l’Australie et le Brésil, ont dénoncé le caractère « injustifié » ou « arbitraire » de ces tarifs, rappelant que leurs chaînes d’approvisionnement respectent les normes internationales.
L’architecture de ces droits de douane sectoriels laisse entrevoir une prochaine étape : la possible extension des enquêtes au titre de la section 301, notamment sur les excédents de capacité industrielle dans seize économies, dont l’Union européenne. Pour l’heure, les produits déjà frappés de taxes sectorielles – acier, automobile – échappent à la nouvelle surtaxe. La balle est désormais dans le camp des diplomaties commerciales, alors que la date butoir pour d’éventuelles mesures de rétorsion ou de nouvelles négociations n’a pas été fixée.
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