
Netanyahu conclut sa déposition : le procès pour corruption israélien entre dans une nouvelle phase
Après 98 audiences et 17 mois de témoignage, le Premier ministre israélien a terminé sa défense dans trois affaires de fraude et de corruption, tandis que la procédure se poursuit avec les témoins de la défense.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a achevé, mercredi, sa déposition dans le procès pénal qui l’oppose à la justice de son pays depuis 2020. Après 98 journées d’audience étalées sur 17 mois, il a clos sa défense dans les trois dossiers – connus sous les numéros 1000, 2000 et 4000 – qui lui valent des accusations de fraude, d’abus de confiance et, pour le plus grave, de corruption. Cette étape met fin à un contre-interrogatoire mené par le parquet depuis juin 2025, mais le procès est loin d’être terminé : les audiences se poursuivront avec les derniers témoins cités par la défense, avant les plaidoiries finales et le jugement d’un panel de trois juges du tribunal de district de Jérusalem.
Tout au long de sa déposition, Netanyahu a maintenu une ligne de défense constante, relayée par la presse israélienne et les agences internationales : il nie toute infraction et dénonce une « chasse aux sorcières » politique. Selon les médias iraniens et arabes, il a qualifié la procédure de « dix ans d’enfer » et accusé le parquet d’avoir « cherché un homme, pas un crime ». La défense a présenté les cadeaux reçus du producteur Arnon Milchan et du milliardaire James Packer comme relevant d’une amitié privée, les discussions avec l’éditeur de Yediot Aharonot comme un affrontement politique ordinaire, et les décisions réglementaires favorables à Bezeq comme dénuées de tout lien avec la couverture du site Walla. Le parquet, de son côté, a tenté de démontrer, selon les comptes rendus judiciaires, que ces fragments, mis bout à bout, révélaient un système d’échanges entre faveurs personnelles, intérêts médiatiques et décisions publiques.
Le procès, ouvert en 2019 par le procureur général de l’époque, a été régulièrement perturbé par les crises sécuritaires auxquelles le gouvernement israélien a dû faire face : guerres à Gaza et au Liban, puis conflit avec l’Iran au début de 2025. La presse libanaise et les sources arabes soulignent que l’accord de cessez-le-feu américano-iranien, perçu en Israël comme défavorable, a accentué la pression sur Netanyahu. Un sondage de l’Université hébraïque de Jérusalem, relayé par le quotidien An-Nahar, indique que plus de 92 % des Israéliens estiment que l’Iran est sorti vainqueur de la guerre, tandis que le soutien au Premier ministre est tombé de 40,5 % en mars à 29,4 % en juin. Cette érosion intervient alors que Netanyahu, plus long chef de gouvernement de l’histoire du pays, doit affronter des élections générales en octobre.
La procédure va désormais se déplacer définitivement au tribunal de district de Jérusalem, après avoir siégé à Tel-Aviv pour des raisons de sécurité liées à la présence du Premier ministre. Les avocats de la défense poursuivront l’interrogatoire des témoins restants, une phase qui pourrait durer plusieurs mois selon les estimations de la presse israélienne. Aucune date n’est fixée pour le verdict, mais les observateurs judiciaires rappellent que Netanyahu, s’il était reconnu coupable de corruption dans le dossier 4000, encourrait une peine d’emprisonnement. En attendant, le chef du gouvernement continue d’exercer ses fonctions, premier dirigeant israélien à le faire sous le poids d’une inculpation pénale.
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Le premier ministre du régime sioniste a achevé sa déposition après 98 audiences en 17 mois, dans un procès pour corruption qui fait de lui le premier chef de gouvernement israélien en exercice à être jugé. Les accusations portent sur fraude, abus de confiance et pots-de-vin, avec des cadeaux somptueux de milliardaires. Il évoque '10 ans d'enfer' et dénonce une motivation politique, mais pour Téhéran c'est une preuve supplémentaire de la corruption du régime.
Netanyahu a terminé son témoignage après 98 jours d'audience ; le contre-interrogatoire de l'accusation a duré 59 jours. Le procès se poursuivra avec les témoins de la défense restants, puis les mémoires, et un verdict n'est pas attendu prochainement. Au cœur de l'affaire demeure la crédibilité du premier ministre, analysée avec un scepticisme pragmatique.
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