
Moscou et Pyongyang affichent leur unité stratégique et dénoncent le rôle de Washington
Lors d’un dialogue stratégique à Moscou, les chefs de la diplomatie russe et nord-coréenne ont réaffirmé leur soutien mutuel, y compris militaire, et attribué les tensions régionales aux États-Unis.
La ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, Choe Son Hui, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, ont tenu le 20 juillet à Moscou leur troisième « dialogue stratégique », conclu par un constat de convergence sur l’ensemble des dossiers abordés. Selon l’agence centrale coréenne KCNA et le ministère russe des Affaires étrangères, les discussions ont porté sur la mise en œuvre du traité de partenariat stratégique global signé en juin 2024, qui élève les relations bilatérales à un « niveau qualitativement nouveau d’alliance ». La Russie a exprimé son « plein soutien » aux mesures nord-coréennes face aux « actes hostiles » menaçant sa souveraineté, tandis que Pyongyang a réitéré son appui « invariable » à la politique russe visant à « éliminer la cause profonde du conflit ukrainien » et à défendre l’intégrité territoriale de la Fédération.
Dans le communiqué conjoint diffusé par la diplomatie russe, les deux parties attribuent la « dégradation de la situation en Asie du Nord-Est et dans le monde » au « comportement irresponsable des États-Unis et de leurs alliés », accusés d’intensifier leur activité militaire « provocatrice » autour de la péninsule coréenne. Pour Moscou et Pyongyang, l’approfondissement de leurs relations contribue à la sécurité régionale et internationale ainsi qu’à l’émergence d’un « ordre mondial multipolaire juste », fondé sur l’égalité et le respect mutuel. Cette rhétorique s’inscrit dans une dynamique de rapprochement tous azimuts, illustrée par la rencontre, la veille, entre Vladimir Poutine et Choe Son Hui au Kremlin, au cours de laquelle le président russe a salué les « actes héroïques » des soldats nord-coréens engagés sur le front ukrainien.
La dimension militaire de ce partenariat est désormais ouvertement assumée. D’après des estimations relayées par plusieurs capitales occidentales et Séoul, Pyongyang aurait déployé environ 14 000 soldats dans la région russe de Koursk pour appuyer les forces de Moscou face à une incursion ukrainienne, et fourni d’importants stocks d’armement. En retour, selon des analystes basés en Corée du Sud et aux États-Unis, la Corée du Nord bénéficierait d’une aide financière, de livraisons alimentaires et énergétiques, ainsi que de transferts de technologies militaires susceptibles d’accélérer ses programmes balistiques et nucléaires. Ce troc sécuritaire, que Pyongyang justifie par la « guerre sacrée » menée par la Russie, contourne les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, sans que la paralysie de cet organe ne permette une réponse coordonnée.
Le déplacement de la chef de la diplomatie nord-coréenne intervient dans un calendrier diplomatique chargé, marqué par des échanges de haut niveau entre Pyongyang et Pékin – le Premier ministre nord-coréen a rencontré Xi Jinping, tandis qu’un membre du comité permanent du bureau politique chinois s’est rendu à Pyongyang. Pour les chancelleries occidentales, cette séquence conforte l’hypothèse d’un front anti-occidental structuré, où la guerre en Ukraine sert de catalyseur à une reconfiguration des alliances. La Corée du Sud, par la voix de son ministère de l’Unification, se borne à « surveiller de près » ces contacts, sans se prononcer sur l’éventualité d’un nouveau sommet entre Kim Jong-un et Vladimir Poutine, que plusieurs observateurs jugent probable après l’invitation lancée par le Kremlin en juin 2024.
Aucune annonce concrète n’a filtré sur les prochaines étapes, mais les deux ministres sont convenus de poursuivre les échanges à divers niveaux entre leurs diplomaties. Le dossier reste donc ouvert, dans l’attente d’une possible visite de Kim Jong-un en Russie, qui viendrait sceller une alliance de facto aux implications directes pour la sécurité de la péninsule coréenne et au-delà.
| Presse russe et CEI | +1.00 | aligned |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.80 | critical |
| Presse européenne continentale | −1.00 | critical |
Russia and North Korea reaffirm their strategic alliance and accuse Washington of destabilizing the region.
By blaming the United States for the security degradation, the Russian narrative turns the meeting into a legitimate defensive reaction, not an act of aggression.
The Russian bloc omits any mention of North Korea's support for Russia's war in Ukraine, focusing instead on US provocations.
Putin thanks Pyongyang for war support, while the West watches the Russia-North Korea axis with alarm.
By framing the meeting as a thank-you for support in the Ukraine war, the Atlantic account highlights the immediate threat to European security.
The Atlantic bloc omits the North Korean perspective on the 'Ukrainian dispute' as a legitimate struggle and does not mention the US role on the Korean Peninsula.
Russia and North Korea ally in their fantasies of power while Ukraine suffers missile terror.
Using highly emotional and accusatory language ('rocket terror', 'fantasies of omnipotence'), the account equates the alliance with an immediate existential threat.
The European continental bloc omits any mention of the strategic partnership treaty or the long-term diplomatic context, focusing solely on the immediate terror and propaganda.
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