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Géopolitique et Politiquevendredi 19 juin 2026

Moscou élargit le registre des « agents étrangers » : journalistes et militants LGBTQ+ visés

Le ministère russe de la Justice a inscrit quatre nouvelles entités, dont un ex-journaliste de Mediazona et un projet d’aide aux personnes queers, tandis qu’au Bangladesh un journaliste a été arrêté pour diffamation envers un ministre.

Le ministère russe de la Justice a ajouté, le 12 juin 2026, quatre noms à son registre des « agents étrangers » : le journaliste Petr Ruzavin, ancien de Mediazona et désormais engagé dans les forces armées ukrainiennes, Ksenia Fadeeva, ex-coordinatrice du bureau de Navalny à Tomsk, l’artiste Ekaterina Kuznetsova, directrice de la Maison d’Ingrie à Narva, et le projet « Sfera », qui vient en aide aux personnes queers. Selon le communiqué officiel, tous sont accusés d’avoir diffusé des « informations non fiables » sur les décisions des autorités russes, de s’être opposés à l’« opération militaire spéciale » en Ukraine et, pour « Sfera », d’avoir « fait la propagande des relations LGBT ». Le ministère précise que les personnes visées résident à l’étranger et que le projet « Sfera » opère hors du territoire russe. Avec ces nouvelles entrées, le registre compte désormais plus de 1 200 individus et organisations.

La notion d’« agent étranger », introduite en 2012 dans un contexte de protestations massives, a connu un élargissement continu. Initialement conditionné à un financement extérieur et à une activité politique, le statut peut aujourd’hui être attribué à toute personne ou entité « sous influence étrangère », une notion que la loi ne définit pas. D’après les données du projet de défense des droits humains OVD-Info, en 2025, seuls 4 % des nouveaux inscrits avaient effectivement reçu des fonds de l’étranger, un chiffre reconnu par le ministère lui-même. Les obligations imposées – marquage des publications, rapports financiers, interdiction d’enseigner, d’être fonctionnaire, d’organiser des événements publics ou de se présenter aux élections – se sont alourdies : depuis 2024, les « agents étrangers » sont soumis à un taux d’imposition unique de 30 %, doivent verser leurs revenus créatifs et locatifs sur des comptes spéciaux, et encourent jusqu’à deux ans de prison en cas de récidive administrative.

Les organisations de défense des droits humains russes qualifient ce dispositif de répressif. OVD-Info relève que 80 % des personnes inscrites en 2025 l’ont été pour leur opposition à la guerre en Ukraine ou leur soutien à Kiev. Le même jour, le ministère a retiré du registre le politologue Inal Khashig, inscrit en mars 2026, « en raison de la perte des caractéristiques d’agent étranger », illustrant le caractère discrétionnaire de la procédure. Les nouveaux inscrits étant à l’étranger, l’effet immédiat est surtout une stigmatisation extraterritoriale et un blocage de leurs éventuelles activités en Russie.

Dans un développement distinct, au Bangladesh, la police de Bogura a arrêté le rédacteur en chef par intérim du quotidien Agrajatra Pratidin, Rezanur Islam, pour diffusion présumée d’informations diffamatoires et extorsion visant le ministre d’État aux Collectivités locales, Mir Shah Alam. Le ministre a publié un communiqué niant toute autorisation ou instruction dans cette affaire, exprimant ses regrets et appelant à une résolution pacifique ainsi qu’à la libération rapide du journaliste. Ce cas, bien que sans lien direct avec la législation russe, illustre la manière dont des instruments juridiques – ici la loi sur la cybersécurité – peuvent être mobilisés pour contraindre la presse dans différentes régions du monde.

Le dossier russe des « agents étrangers » continue de s’étoffer. La Douma a adopté en juin 2026 une loi interdisant, à compter de septembre, la diffusion de publicité sociale par les entités inscrites, et obligeant banques et administrations à transmettre au ministère les données financières des personnes visées sous trois jours. Aucune réaction des nouveaux inscrits n’a été rapportée, mais le durcissement graduel du cadre juridique laisse présager de nouvelles inscriptions dans les mois à venir.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Les autorités russes ont élargi le registre des 'agents étrangers' en y incluant le journaliste Petr Ruzavin, l'activiste Ksenia Fadeeva, l'artiste Ekaterina Kuznetsova et le projet LGBT 'Sfera'. Le ministère de la Justice affirme qu'ils diffusaient des documents d'autres agents étrangers et des informations non fiables, et s'opposaient à l'opération militaire spéciale. Ce registre est un outil de protection des intérêts nationaux contre les influences étrangères.

Stampa europea continentale
scetticismoindignazione

Moscou a ajouté de nouveaux noms à sa liste de soi-disant 'agents étrangers', ciblant un ancien journaliste de Mediazona, une proche de Navalny et un projet de défense des droits LGBT. Les critiques y voient une nouvelle étape dans la répression du Kremlin contre les voix indépendantes et les minorités. Cette mesure souligne le rétrécissement de l'espace pour la dissidence en Russie.

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vendredi 19 juin 2026

Moscou élargit le registre des « agents étrangers » : journalistes et militants LGBTQ+ visés

Le ministère russe de la Justice a inscrit quatre nouvelles entités, dont un ex-journaliste de Mediazona et un projet d’aide aux personnes queers, tandis qu’au Bangladesh un journaliste a été arrêté pour diffamation envers un ministre.

Le ministère russe de la Justice a ajouté, le 12 juin 2026, quatre noms à son registre des « agents étrangers » : le journaliste Petr Ruzavin, ancien de Mediazona et désormais engagé dans les forces armées ukrainiennes, Ksenia Fadeeva, ex-coordinatrice du bureau de Navalny à Tomsk, l’artiste Ekaterina Kuznetsova, directrice de la Maison d’Ingrie à Narva, et le projet « Sfera », qui vient en aide aux personnes queers. Selon le communiqué officiel, tous sont accusés d’avoir diffusé des « informations non fiables » sur les décisions des autorités russes, de s’être opposés à l’« opération militaire spéciale » en Ukraine et, pour « Sfera », d’avoir « fait la propagande des relations LGBT ». Le ministère précise que les personnes visées résident à l’étranger et que le projet « Sfera » opère hors du territoire russe. Avec ces nouvelles entrées, le registre compte désormais plus de 1 200 individus et organisations.

La notion d’« agent étranger », introduite en 2012 dans un contexte de protestations massives, a connu un élargissement continu. Initialement conditionné à un financement extérieur et à une activité politique, le statut peut aujourd’hui être attribué à toute personne ou entité « sous influence étrangère », une notion que la loi ne définit pas. D’après les données du projet de défense des droits humains OVD-Info, en 2025, seuls 4 % des nouveaux inscrits avaient effectivement reçu des fonds de l’étranger, un chiffre reconnu par le ministère lui-même. Les obligations imposées – marquage des publications, rapports financiers, interdiction d’enseigner, d’être fonctionnaire, d’organiser des événements publics ou de se présenter aux élections – se sont alourdies : depuis 2024, les « agents étrangers » sont soumis à un taux d’imposition unique de 30 %, doivent verser leurs revenus créatifs et locatifs sur des comptes spéciaux, et encourent jusqu’à deux ans de prison en cas de récidive administrative.

Les organisations de défense des droits humains russes qualifient ce dispositif de répressif. OVD-Info relève que 80 % des personnes inscrites en 2025 l’ont été pour leur opposition à la guerre en Ukraine ou leur soutien à Kiev. Le même jour, le ministère a retiré du registre le politologue Inal Khashig, inscrit en mars 2026, « en raison de la perte des caractéristiques d’agent étranger », illustrant le caractère discrétionnaire de la procédure. Les nouveaux inscrits étant à l’étranger, l’effet immédiat est surtout une stigmatisation extraterritoriale et un blocage de leurs éventuelles activités en Russie.

Dans un développement distinct, au Bangladesh, la police de Bogura a arrêté le rédacteur en chef par intérim du quotidien Agrajatra Pratidin, Rezanur Islam, pour diffusion présumée d’informations diffamatoires et extorsion visant le ministre d’État aux Collectivités locales, Mir Shah Alam. Le ministre a publié un communiqué niant toute autorisation ou instruction dans cette affaire, exprimant ses regrets et appelant à une résolution pacifique ainsi qu’à la libération rapide du journaliste. Ce cas, bien que sans lien direct avec la législation russe, illustre la manière dont des instruments juridiques – ici la loi sur la cybersécurité – peuvent être mobilisés pour contraindre la presse dans différentes régions du monde.

Le dossier russe des « agents étrangers » continue de s’étoffer. La Douma a adopté en juin 2026 une loi interdisant, à compter de septembre, la diffusion de publicité sociale par les entités inscrites, et obligeant banques et administrations à transmettre au ministère les données financières des personnes visées sous trois jours. Aucune réaction des nouveaux inscrits n’a été rapportée, mais le durcissement graduel du cadre juridique laisse présager de nouvelles inscriptions dans les mois à venir.

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