
Longévité et inégalités : quand le vieillissement démographique expose les fragilités des systèmes de santé
En Colombie, les dépenses de santé des ménages ont bondi de 57,3 % en trois ans, frappant les plus pauvres, tandis que la recherche génétique explore les clés d’une vieillesse en bonne santé.
Le gasto de bolsillo en salud de los hogares colombianos aumentó un 57,3 % entre 2022 y 2025, según cifras divulgadas por la Asociación de Laboratorios Farmacéuticos de Investigación y Desarrollo (Afidro). Cette hausse, qui atteint 63,4 % pour le quintile le plus pauvre contre 15,3 % pour les ménages aisés, signale un transfert direct de la charge financière des assureurs vers les familles, à mesure que les barrières d’accès aux soins se multiplient : rendez-vous retardés, médicaments non délivrés, perte de confiance dans les entités promotrices de santé (EPS).
Ce basculement s’inscrit dans un contexte de détérioration de la protection financière autrefois offerte par le système colombien. La volonté du gouvernement Petro d’affaiblir financièrement les EPS s’est traduite par une chute de la part des personnes à bas revenus recourant à leur EPS (de 55,8 % en 2022 à 43,1 % en 2025) et un doublement de l’automédication. Parallèlement, le centre de réflexion Fedesarrollo avertit que l’ajustement budgétaire nécessaire pour stabiliser la dette publique sera plus lourd que ne l’admet le Cadre fiscal de moyen terme : les arriérés de paiement dans la santé et l’énergie, ainsi que la réforme des transferts aux régions, alourdissent le point de départ effectif de la dette, exigeant un effort supplémentaire de 1 à 1,5 point de PIB.
La pression démographique amplifie ces tensions. En Colombie, les plus de 60 ans dépasseront les moins de 15 ans dès 2036. Les propositions des deux candidats à la présidence pour une vieillesse digne restent partielles : Iván Cepeda défend la réforme des retraites et veut convertir les subventions en droits exigibles, sans préciser comment financer les services nécessaires ; Abelardo De la Espriella cantonne la question au seul champ de la santé. Ailleurs dans le monde, la longévité se féminise mais creuse les inégalités : à Buenos Aires, 75 % des victimes de violences domestiques de plus de 60 ans sont des femmes, qui vivent plus longtemps avec des retraites plus faibles et davantage de charges de soins.
Face à ce vieillissement, la science explore les ressorts biologiques d’une longévité en bonne santé. Aux Pays-Bas, l’étude de 212 fratries issues de familles longévives a identifié une variante rare du gène CGAS associée à une réduction de l’inflammation chronique et à un report des maladies cardiométaboliques. Les chercheurs du Centre médical universitaire de Leyde vont désormais tester cette mutation chez le killifish, un poisson à la durée de vie très courte, pour vérifier si elle prolonge réellement la période vécue sans maladie. En Australie, l’analyse de 325 gènes du goût et de l’odorat chez 160 000 adultes de la UK Biobank révèle que la préférence pour l’oignon est corrélée à un moindre risque d’hypertension et de diabète de type 2, illustrant comment les prédispositions génétiques influencent les choix alimentaires et, indirectement, la santé.
Ces avancées doivent toutefois être lues avec prudence. Un démographe de l’Université d’Oxford rappelle que de nombreux records de supercentenaires reposent sur des documents d’état civil erronés ou des fraudes aux pensions, et que les horloges épigénétiques actuelles sont calibrées sur ces mêmes données douteuses. La prochaine étape consistera à valider les marqueurs biologiques par des méthodes physiques comme la datation au radiocarbone. En Colombie, le prochain gouvernement devra matérialiser un ajustement budgétaire d’une ampleur supérieure aux projections officielles, tout en répondant à une crise d’accès aux soins qui frappe d’abord les plus démunis.
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Le vieillissement accentue la pression financière sur les ménages colombiens, les dépenses de santé directes ayant bondi de 57,3 % et frappant disproportionnellement les pauvres. Les politiques publiques, comme la réforme des EPS, ont dégradé la protection financière, tandis que le déficit budgétaire exige un ajustement plus profond que ce qu'admet le gouvernement. Une crise de soutenabilité se profile, touchant d'abord les plus vulnérables.
Un nouveau cadre génétique mis au point par des scientifiques australiens montre que les préférences alimentaires individuelles sont influencées par les gènes du goût et de l'odorat. La recherche fournit une explication biologique au fait que certaines personnes aiment l'oignon tandis que d'autres l'évitent, en reliant les profils génétiques aux habitudes alimentaires. L'étude ouvre des perspectives pour mieux comprendre le comportement alimentaire humain.
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