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Géopolitique et Politiquedimanche 28 juin 2026

De la Chine à l’Inde, les lois identitaires au cœur des crispations régionales

Pékin active sa législation visant à promouvoir une identité nationale commune, tandis que le Bengale-Occidental s’apprête à débattre d’un code civil uniforme, suscitant des réactions contrastées.

La loi chinoise sur la promotion de l’unité ethnique et du progrès entre en vigueur ce mercredi 1er juillet 2025, soit le vingt-neuvième anniversaire de la rétrocession de Hong Kong. D’après un responsable taïwanais, ce texte, voté le 12 mars dernier, restreint l’espace de neutralité politique en criminalisant, au-delà des frontières chinoises, les actes jugés contraires à l’unité de la nation. Selon Taipei, toute position n’épousant pas la ligne de la réunification pourrait être assimilée à une promotion de l’indépendance et exposer les ressortissants, y compris les hommes d’affaires, à des poursuites. Les autorités australiennes ont, pour leur part, exprimé leur préoccupation quant aux conséquences extraterritoriales de cette législation. Des associations ouïghoures et tibétaines d’Australie redoutent que l’article 63, qui permet de poursuivre les organisations ou individus coupables d’avoir « sapé l’unité ethnique » ou « créé des divisions ethniques », ne soit utilisé contre des militants de la diaspora. Le Département australien des affaires étrangères a soulevé ces inquiétudes directement auprès de Pékin et au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. En avril, le Parlement européen avait également adopté une résolution condamnant l’impact assimilateur de la loi et appelant à son abrogation.\n\nLe texte codifie la primauté du mandarin dans l’enseignement, l’obligation pour chaque groupe ethnique d’avoir les « perspectives correctes » sur la nation, l’histoire et la religion, ainsi que le devoir des parents d’éduquer leurs enfants à « aimer le Parti communiste chinois ». Pour James Leibold, chercheur à l’Université La Trobe de Melbourne, cette loi entérine l’abandon des promesses d’autonomie régionale au profit d’un récit national unique. Le vice-ministre chinois de la Justice, Hu Weilie, a balayé les critiques, évoquant une « pratique législative normale d’un État souverain » destinée à contrer le séparatisme, et accusant les médias occidentaux de déformer la portée du dispositif. Parallèlement, des médias de plusieurs pays, dont le Bangladesh, ont été conviés à une tournée dans la province de Hainan, présentée comme un modèle de développement ouvert et durable, témoignant d’une volonté de Pékin de projeter une image positive de ses réformes.\n\nDans le même temps, les autorités taïwanaises dénoncent une autre facette de l’offensive d’influence chinoise : l’organisation de forums transdétroit, comme celui de Sun Yat-sen dans le Guangdong, où les participants taïwanais de moins de 45 ans se voient offrir l’hébergement et les repas, ne payant que le billet d’avion jusqu’à Macao. Selon un responsable anonyme, ces « voyages de front uni » ramènent « beaucoup de contre-vérités » et visent à créer des liens affectifs et des réseaux personnels pour promouvoir l’identité nationale chinoise. Un universitaire taïwanais relativise toutefois l’impact de ces échanges sur l’identité des jeunes, appelant le gouvernement à encourager ces derniers à s’ouvrir au monde plutôt qu’à se replier.\n\nÀ l’ouest du détroit, un autre débat sur l’uniformisation juridique agite l’Inde. Le gouvernement du Bengale-Occidental, dirigé par le parti Bharatiya Janata (BJP), doit présenter lundi un projet de code civil uniforme (UCC) destiné à remplacer les lois personnelles fondées sur la religion en matière de mariage, de divorce, de succession et d’adoption. Le chef du Trinamool Congress, Mamata Banerjee, a ordonné une résistance parlementaire, dénonçant un instrument de polarisation politique. Le BJP assure que les communautés tribales seront exemptées et que la réforme vise l’égalité devant la loi. Si la démarche indienne se limite au territoire national, sans portée extraterritoriale, elle s’inscrit, comme en Chine, dans une volonté de redéfinir le lien entre citoyenneté et identité par la loi. Le texte bengali sera débattu dans les prochains jours, tandis que la mise en œuvre de la loi chinoise sera observée de près par les chancelleries occidentales et les organisations de défense des droits humains.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Presse chinoisePresse atlantique / anglosphère
Presse chinoise/ État
TriomphePragmatisme

Les nouvelles politiques chinoises inaugurent une ère d'opportunités sans précédent, Hong Kong étant en première ligne du 'China Opportunity 2.0' pour connecter les entreprises continentales au monde. L'accent reste sur l'intégration économique et la prospérité partagée, reléguant au second plan les préoccupations sur la législation intérieure.

Presse atlantique / anglosphère/ Sécurité
AlarmeIndignation

La nouvelle loi sur l'unité ethnique suscite l'inquiétude car elle étendrait la portée de Pékin pour poursuivre les critiques à l'étranger, alimentant les craintes au sein des communautés diasporiques en Australie. Les groupes communautaires exhortent le gouvernement à condamner ce qu'ils considèrent comme un outil de répression transnationale.

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dimanche 28 juin 2026

De la Chine à l’Inde, les lois identitaires au cœur des crispations régionales

Pékin active sa législation visant à promouvoir une identité nationale commune, tandis que le Bengale-Occidental s’apprête à débattre d’un code civil uniforme, suscitant des réactions contrastées.

La loi chinoise sur la promotion de l’unité ethnique et du progrès entre en vigueur ce mercredi 1er juillet 2025, soit le vingt-neuvième anniversaire de la rétrocession de Hong Kong. D’après un responsable taïwanais, ce texte, voté le 12 mars dernier, restreint l’espace de neutralité politique en criminalisant, au-delà des frontières chinoises, les actes jugés contraires à l’unité de la nation. Selon Taipei, toute position n’épousant pas la ligne de la réunification pourrait être assimilée à une promotion de l’indépendance et exposer les ressortissants, y compris les hommes d’affaires, à des poursuites. Les autorités australiennes ont, pour leur part, exprimé leur préoccupation quant aux conséquences extraterritoriales de cette législation. Des associations ouïghoures et tibétaines d’Australie redoutent que l’article 63, qui permet de poursuivre les organisations ou individus coupables d’avoir « sapé l’unité ethnique » ou « créé des divisions ethniques », ne soit utilisé contre des militants de la diaspora. Le Département australien des affaires étrangères a soulevé ces inquiétudes directement auprès de Pékin et au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. En avril, le Parlement européen avait également adopté une résolution condamnant l’impact assimilateur de la loi et appelant à son abrogation.\n\nLe texte codifie la primauté du mandarin dans l’enseignement, l’obligation pour chaque groupe ethnique d’avoir les « perspectives correctes » sur la nation, l’histoire et la religion, ainsi que le devoir des parents d’éduquer leurs enfants à « aimer le Parti communiste chinois ». Pour James Leibold, chercheur à l’Université La Trobe de Melbourne, cette loi entérine l’abandon des promesses d’autonomie régionale au profit d’un récit national unique. Le vice-ministre chinois de la Justice, Hu Weilie, a balayé les critiques, évoquant une « pratique législative normale d’un État souverain » destinée à contrer le séparatisme, et accusant les médias occidentaux de déformer la portée du dispositif. Parallèlement, des médias de plusieurs pays, dont le Bangladesh, ont été conviés à une tournée dans la province de Hainan, présentée comme un modèle de développement ouvert et durable, témoignant d’une volonté de Pékin de projeter une image positive de ses réformes.\n\nDans le même temps, les autorités taïwanaises dénoncent une autre facette de l’offensive d’influence chinoise : l’organisation de forums transdétroit, comme celui de Sun Yat-sen dans le Guangdong, où les participants taïwanais de moins de 45 ans se voient offrir l’hébergement et les repas, ne payant que le billet d’avion jusqu’à Macao. Selon un responsable anonyme, ces « voyages de front uni » ramènent « beaucoup de contre-vérités » et visent à créer des liens affectifs et des réseaux personnels pour promouvoir l’identité nationale chinoise. Un universitaire taïwanais relativise toutefois l’impact de ces échanges sur l’identité des jeunes, appelant le gouvernement à encourager ces derniers à s’ouvrir au monde plutôt qu’à se replier.\n\nÀ l’ouest du détroit, un autre débat sur l’uniformisation juridique agite l’Inde. Le gouvernement du Bengale-Occidental, dirigé par le parti Bharatiya Janata (BJP), doit présenter lundi un projet de code civil uniforme (UCC) destiné à remplacer les lois personnelles fondées sur la religion en matière de mariage, de divorce, de succession et d’adoption. Le chef du Trinamool Congress, Mamata Banerjee, a ordonné une résistance parlementaire, dénonçant un instrument de polarisation politique. Le BJP assure que les communautés tribales seront exemptées et que la réforme vise l’égalité devant la loi. Si la démarche indienne se limite au territoire national, sans portée extraterritoriale, elle s’inscrit, comme en Chine, dans une volonté de redéfinir le lien entre citoyenneté et identité par la loi. Le texte bengali sera débattu dans les prochains jours, tandis que la mise en œuvre de la loi chinoise sera observée de près par les chancelleries occidentales et les organisations de défense des droits humains.

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La nouvelle loi sur l'unité ethnique suscite l'inquiétude car elle étendrait la portée de Pékin pour poursuivre les critiques à l'étranger, alimentant les craintes au sein des communautés diasporiques en Australie. Les groupes communautaires exhortent le gouvernement à condamner ce qu'ils considèrent comme un outil de répression transnationale.

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