
Les pays baltes pressent l’UE d’accélérer l’embargo sur le pétrole russe
Lors d’une réunion des ministres de l’Énergie, les trois États ont réclamé un plan de sortie rapide, profitant de l’accalmie au Moyen-Orient.
L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont appelé l’Union européenne, le 26 juin, à accélérer l’interdiction des importations de pétrole russe, selon des sources proches des discussions. Cette relance, intervenue lors d’une réunion des ministres de l’Énergie à Bruxelles, survient alors que les craintes d’une crise énergétique majeure liée au conflit au Moyen-Orient se sont atténuées après la signature, le 17 juin, d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran prévoyant la réouverture du détroit d’Ormuz.
La proposition d’embargo pétrolier, que les Vingt-Sept s’étaient engagés à examiner fin 2025, avait été retirée de l’agenda de la Commission européenne en mars, le blocage du détroit par Téhéran après le déclenchement de la guerre avec Washington et Israël, le 28 février, ayant fait redouter des pénuries d’approvisionnement. Les trois capitales baltes estiment désormais que la perspective d’une normalisation des flux via Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, lève l’obstacle principal à une décision rapide. Varsovie a également plaidé pour un abandon total du brut russe d’ici la fin de l’année, son ministre de l’Énergie qualifiant le surcoût éventuel de « prix à payer pour l’indépendance énergétique ».
Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, s’est abstenu de commenter la demande balte lors de la séance à huis clos, mais a ensuite estimé que l’Europe éviterait probablement une pénurie de carburant aviation cet été. Il a toutefois prévenu que, même en cas d’accord, le retour à la normale prendrait plusieurs mois pour le pétrole et plusieurs années pour le gaz, en raison des dégâts infligés aux infrastructures, notamment au Qatar. La Commission doit aussi composer avec les résistances de la Hongrie et de la Slovaquie, fortement dépendantes du brut russe, qui ont déjà annoncé leur intention de contester en justice l’interdiction du gaz russe adoptée en janvier. Si aucun État membre ne peut opposer son veto à une telle mesure, l’opposition de Budapest et de Bratislava pourrait ralentir le processus.
Le dossier s’inscrit dans un calendrier énergétique européen déjà chargé : l’UE a formellement interdit les importations de gaz naturel liquéfié russe à partir de 2027 et celles de gaz par gazoduc à compter de septembre 2027. Parallèlement, Washington a engagé des discussions avec la Hongrie et la Slovaquie pour les encourager à renoncer aux hydrocarbures russes, a indiqué le secrétaire d’État Marco Rubio avant la conférence de Munich. Aucune date n’a pour l’heure été fixée pour le dépôt d’une proposition législative sur le pétrole, mais la pression des États membres les plus déterminés à couper les financements énergétiques de Moscou replace le sujet au cœur de l’agenda européen.
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Après la trêve dans le Golfe, les pays baltes font pression sur Bruxelles pour relancer le plan gelé d'embargo sur le pétrole russe. La proposition avait été reportée par crainte d'une crise énergétique, mais les trois États exhortent désormais l'UE à agir.
Les pays baltes tentent d'exploiter l'accalmie temporaire dans le Golfe pour imposer une interdiction du pétrole russe, mais l'UE est profondément divisée. La Hongrie et la Slovaquie s'y opposent, et la Commission européenne reste silencieuse. L'initiative ignore le risque réel d'une nouvelle crise énergétique et la complexité de remplacer les approvisionnements russes.
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