
Le Hezbollah rejette l’accord-cadre libano-israélien et exige l’application du mémorandum irano-américain
Le secrétaire général du Hezbollah a qualifié de « nulle et non avenue » la feuille de route signée à Washington, exigeant le respect du mémorandum entre Téhéran et Washington, tandis que l’État libanais s’engage dans un processus de paix séparé.
La signature, le 5 juillet à Washington, d’un accord-cadre entre le Liban et Israël sous médiation américaine a immédiatement provoqué le rejet catégorique du Hezbollah. Son secrétaire général, Naïm Qassem, a dénoncé samedi un « accord de capitulation », une « humiliation » et une « trahison de la souveraineté », estimant que le texte légitime l’occupation israélienne pour des années et conditionne le retrait de Tsahal au désarmement de la résistance, ce qu’il qualifie de « ligne rouge infranchissable ». Le document prévoit pourtant un retrait israélien progressif, le déploiement de l’armée libanaise dans deux zones pilotes, la dissolution des groupes armés non étatiques et un soutien international à la reconstruction, tout en réaffirmant l’absence de visées territoriales israéliennes.
La position du Hezbollah, largement relayée par les médias iraniens, s’appuie sur le mémorandum d’entente (MOU) conclu quelques jours plus tôt entre Téhéran et Washington. Selon la presse de la République islamique, cet accord parallèle garantissait un cessez-le-feu immédiat et la souveraineté libanaise, et l’Iran aurait suspendu son application tout en menaçant de bloquer le détroit d’Ormuz pour contraindre Israël à l’arrêter. Naïm Qassem accuse les autorités de Beyrouth d’avoir dilapidé cette « carte maîtresse » offerte par Téhéran et d’avoir cédé gratuitement aux exigences israéliennes. Du côté israélien, un haut responsable cité par la chaîne 12 a affirmé que la « zone de sécurité » serait maintenue tant que le Hezbollah n’aura pas été désarmé, tandis que l’Union européenne, par la voix de sa présidente Ursula von der Leyen, a salué l’accord et appelé au désarmement des groupes non étatiques.
L’accord-cadre consacre, selon des sources politiques libanaises citées par le quotidien An-Nahar, une dissociation entre la piste libanaise et le dossier iranien, que Washington s’efforce de maintenir. Le retrait des affiches à l’effigie des Khamenei de l’aéroport de Beyrouth, remplacées par des symboles nationaux, illustre la volonté de l’État libanais de reprendre la main, en dépit de l’opposition frontale du Hezbollah. Des analystes à Beyrouth estiment que ce bras de fer pourrait déstabiliser le pays, le parti chiite ayant appelé à poursuivre la résistance armée et à utiliser « tous les moyens nécessaires » pour forcer Israël à se retirer, y compris des pressions internationales et arabes.
Le texte signé à Washington n’est qu’un cadre destiné à ouvrir des négociations bilatérales directes, supervisées par un groupe de coordination militaire tripartite. Sa mise en œuvre doit débuter par le déploiement progressif de l’armée libanaise dans les zones pilotes, conditionné à la vérification du désarmement des milices. Les prochaines semaines devraient voir les premières étapes de ce déploiement, alors que le Hezbollah maintient sa menace de ne pas déposer les armes et que les capitales occidentales conditionnent leur aide à la reconstruction au rétablissement de l’autorité exclusive de l’État libanais sur l’ensemble du territoire.
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Hezbollah's leader declared the framework agreement null and void, accusing the Lebanese government of betraying national sovereignty and legitimizing Israeli occupation. He insisted that the Iran-US memorandum must be implemented instead, and called for continued resistance until full liberation. The tone is one of outrage and defiance, framing the agreement as a historic betrayal.
While Hezbollah vehemently rejects the framework agreement, analysts in the region see it as a step that separates Lebanon from Iranian influence. The agreement is portrayed as potentially restoring Lebanese sovereignty and breaking the link between Lebanese and Iranian negotiations. There is a tone of cautious optimism and skepticism towards Hezbollah's claims.
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