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Société & Culturemercredi 24 juin 2026

Derrière les promesses de cantines scolaires, le quotidien des marmites vides

Du Ghana au Nigeria, les programmes d’alimentation scolaire butent sur des financements insuffisants, tandis que la Nouvelle-Écosse étend le sien à tous les élèves.

Sur le sol poussiéreux d’une école publique ghanéenne, une scène se répète : une cantinière s’avance avec sa marmite, mais l’odeur qui s’en dégage trahit un repas trop clairsemé. Ce jour-là, les inspecteurs du ministère du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale la renvoient sans ménagement, exigeant qu’elle prépare un plat conforme. « Nous avons dû renvoyer le traiteur avec son repas pour qu’un repas approprié soit préparé », a déclaré la ministre Agnes Naa Momo Lartey devant le Parlement, le 24 juin. L’anecdote, loin d’être isolée, révèle la tension quotidienne entre l’ambition affichée des États et la réalité des cuisines.

Au Ghana, le programme national d’alimentation scolaire sert chaque jour un repas chaud à environ quatre millions d’élèves dans 12 000 établissements. Pourtant, la ministre a annoncé qu’aucune nouvelle école ne serait intégrée en 2026, faute d’autorisation financière. La subvention par enfant a certes été relevée de 1,50 à 2 cedis, et les taxes sur les paiements aux cantinières supprimées, mais ces ajustements ne suffisent pas à masquer l’essoufflement. Les parlementaires s’inquiètent, les contrôles se multiplient, et des contrats sont résiliés lorsque les repas ne respectent pas les normes. La promesse présidentielle d’une expansion reste suspendue à d’hypothétiques marges budgétaires.

À Lagos, la mégapole nigériane, l’approche se veut plus partenariale. Le 30 juin, le gouverneur Babajide Sanwo-Olu lancera l’initiative « Adopt a School for Snacks for Thought », qui vise à offrir un petit-déjeuner nutritif à 30 000 élèves du primaire chaque jour. Porté par le gouvernement fédéral, l’État et les 57 collectivités locales, le projet mise sur un tableau de bord numérique permettant à des entreprises, des philanthropes ou des communautés religieuses de parrainer une école. Selon les promoteurs, il s’agit de « nourrir les esprits, alimenter l’apprentissage et construire des avenirs », en liant nutrition et performance scolaire. Dans l’État de Jigawa, au nord du pays, 154 412 foyers vulnérables reçoivent désormais une allocation sociale inconditionnelle de 25 000 nairas par cycle, contre 10 000 auparavant, une bouffée d’oxygène pour les vendeurs de thé et les petits commerçants.

Pendant ce temps, à l’autre bout du monde, la Nouvelle-Écosse annonce qu’à la rentrée de septembre, tous les élèves des 372 écoles publiques auront accès à un déjeuner abordable, selon un modèle « payez ce que vous pouvez ». Le programme, lancé en 2024 dans les écoles élémentaires, a déjà servi plus de 12 millions de repas. Le menu, enrichi cette année de wraps au poulet césar et de salades, intègre les retours des élèves. Le financement, partagé entre la province et le gouvernement fédéral canadien, contraste avec les difficultés ouest-africaines, où les caisses publiques peinent à suivre.

Au-delà des chiffres, ces politiques dessinent un paysage contrasté de la solidarité alimentaire. D’un côté, des États qui, faute de moyens, doivent dire non à de nouvelles écoles tout en traquant les cantinières négligentes ; de l’autre, des coalitions public-privé qui misent sur la transparence numérique pour attirer les dons. Reste une image tenace : celle d’une assiette refusée, d’un enfant qui attend, et d’une promesse d’expansion sans cesse repoussée.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse africaine subsahariennePresse atlantique / anglosphère
Presse africaine subsaharienne/ Anglophone
PragmatismeDétachement

Le gouvernement ghanéen reconnaît que les contraintes budgétaires empêchent d'ajouter de nouvelles écoles au programme de cantines scolaires cette année, tout en continuant à servir 4 millions d'élèves par jour. Les autorités s'apprêtent également à sanctionner les traiteurs qui fournissent des repas de qualité inférieure, soulignant l'effet positif du programme sur la fréquentation scolaire.

Presse atlantique / anglosphère/ Économique
AlarmeIndignationPaternalisme

Le programme de cantines scolaires au Ghana traverse une crise financière, privant des milliers d'enfants du repas chaud promis et suscitant des craintes de malnutrition et de décrochage. Les critiques dénoncent une mauvaise gestion et une dépendance à des allocations budgétaires incertaines, appelant à un soutien international urgent et à des réformes systémiques.

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mercredi 24 juin 2026

Derrière les promesses de cantines scolaires, le quotidien des marmites vides

Du Ghana au Nigeria, les programmes d’alimentation scolaire butent sur des financements insuffisants, tandis que la Nouvelle-Écosse étend le sien à tous les élèves.

Sur le sol poussiéreux d’une école publique ghanéenne, une scène se répète : une cantinière s’avance avec sa marmite, mais l’odeur qui s’en dégage trahit un repas trop clairsemé. Ce jour-là, les inspecteurs du ministère du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale la renvoient sans ménagement, exigeant qu’elle prépare un plat conforme. « Nous avons dû renvoyer le traiteur avec son repas pour qu’un repas approprié soit préparé », a déclaré la ministre Agnes Naa Momo Lartey devant le Parlement, le 24 juin. L’anecdote, loin d’être isolée, révèle la tension quotidienne entre l’ambition affichée des États et la réalité des cuisines.

Au Ghana, le programme national d’alimentation scolaire sert chaque jour un repas chaud à environ quatre millions d’élèves dans 12 000 établissements. Pourtant, la ministre a annoncé qu’aucune nouvelle école ne serait intégrée en 2026, faute d’autorisation financière. La subvention par enfant a certes été relevée de 1,50 à 2 cedis, et les taxes sur les paiements aux cantinières supprimées, mais ces ajustements ne suffisent pas à masquer l’essoufflement. Les parlementaires s’inquiètent, les contrôles se multiplient, et des contrats sont résiliés lorsque les repas ne respectent pas les normes. La promesse présidentielle d’une expansion reste suspendue à d’hypothétiques marges budgétaires.

À Lagos, la mégapole nigériane, l’approche se veut plus partenariale. Le 30 juin, le gouverneur Babajide Sanwo-Olu lancera l’initiative « Adopt a School for Snacks for Thought », qui vise à offrir un petit-déjeuner nutritif à 30 000 élèves du primaire chaque jour. Porté par le gouvernement fédéral, l’État et les 57 collectivités locales, le projet mise sur un tableau de bord numérique permettant à des entreprises, des philanthropes ou des communautés religieuses de parrainer une école. Selon les promoteurs, il s’agit de « nourrir les esprits, alimenter l’apprentissage et construire des avenirs », en liant nutrition et performance scolaire. Dans l’État de Jigawa, au nord du pays, 154 412 foyers vulnérables reçoivent désormais une allocation sociale inconditionnelle de 25 000 nairas par cycle, contre 10 000 auparavant, une bouffée d’oxygène pour les vendeurs de thé et les petits commerçants.

Pendant ce temps, à l’autre bout du monde, la Nouvelle-Écosse annonce qu’à la rentrée de septembre, tous les élèves des 372 écoles publiques auront accès à un déjeuner abordable, selon un modèle « payez ce que vous pouvez ». Le programme, lancé en 2024 dans les écoles élémentaires, a déjà servi plus de 12 millions de repas. Le menu, enrichi cette année de wraps au poulet césar et de salades, intègre les retours des élèves. Le financement, partagé entre la province et le gouvernement fédéral canadien, contraste avec les difficultés ouest-africaines, où les caisses publiques peinent à suivre.

Au-delà des chiffres, ces politiques dessinent un paysage contrasté de la solidarité alimentaire. D’un côté, des États qui, faute de moyens, doivent dire non à de nouvelles écoles tout en traquant les cantinières négligentes ; de l’autre, des coalitions public-privé qui misent sur la transparence numérique pour attirer les dons. Reste une image tenace : celle d’une assiette refusée, d’un enfant qui attend, et d’une promesse d’expansion sans cesse repoussée.

Divergence des sources

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Le gouvernement ghanéen reconnaît que les contraintes budgétaires empêchent d'ajouter de nouvelles écoles au programme de cantines scolaires cette année, tout en continuant à servir 4 millions d'élèves par jour. Les autorités s'apprêtent également à sanctionner les traiteurs qui fournissent des repas de qualité inférieure, soulignant l'effet positif du programme sur la fréquentation scolaire.

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AlarmeIndignationPaternalisme

Le programme de cantines scolaires au Ghana traverse une crise financière, privant des milliers d'enfants du repas chaud promis et suscitant des craintes de malnutrition et de décrochage. Les critiques dénoncent une mauvaise gestion et une dépendance à des allocations budgétaires incertaines, appelant à un soutien international urgent et à des réformes systémiques.

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