
Le Maroc, candidat sérieux au titre, défie la France en quarts
Vainqueur du Canada (3-0), le Maroc rejoint les quarts de finale pour la deuxième fois consécutive, fort d’une série de 34 matchs sans défaite et d’un projet de formation salué bien au-delà du continent.
Le Maroc a composté son billet pour les quarts de finale du Mondial 2026 en dominant le Canada (3-0) au terme d’une rencontre où l’efficacité a primé sur la maîtrise. Avec seulement cinq tirs cadrés, les Lions de l’Atlas ont inscrit trois buts, un ratio inédit pour un vainqueur en phase à élimination directe dans l’histoire de la Coupe du monde. La première période, hachée, a même vu le nombre d’avertissements dépasser celui des frappes, une autre première statistique relevée par les observateurs du Golfe. Cette victoire assure à la Fédération royale marocaine une dotation de 19 millions de dollars, dans un tournoi où la FIFA a porté l’enveloppe globale des primes à 727 millions, un record.
Au-delà du fait comptable, la presse espagnole voit dans ce parcours la confirmation d’une candidature sérieuse au titre. L’analyste Julio Maldonado, dit « Maldini », estime que le Maroc « n’a pas de plafond » et le considère comme « le meilleur pays africain, et de loin ». Il souligne la solidité défensive, la maturité tactique et la capacité à gérer les moments décisifs, tout en pointant le rôle d’Ibrahim Diaz et la qualité « exceptionnelle » du milieu de terrain. Ce jugement fait écho à une dynamique plus large : le Maroc n’a plus perdu depuis août 2025, soit 34 rencontres toutes compétitions confondues, et a remporté quatre matchs à élimination directe en Coupe du monde, autant que l’ensemble des autres nations africaines réunies.
Cette régularité s’enracine dans une stratégie de long terme, rappellent les techniciens marocains. L’académie Mohammed VI, inaugurée en 2009, et le centre d’entraînement du même nom, ouvert en 2019, ont structuré la formation et facilité l’intégration des binationaux comme Achraf Hakimi ou Ibrahim Diaz. L’investissement, chiffré à 65 millions de dollars pour le seul complexe, a permis de rajeunir l’effectif et d’attirer des talents précoces, certains appelés dès 17 ans. Des entraîneurs marocains exerçant à l’étranger témoignent que ce modèle est désormais étudié par d’autres fédérations, de la Norvège à la Jordanie.
Sur le plan économique, la progression dans le tableau s’accompagne de retombées croissantes. Les médias argentins rappellent que chaque tour franchi augmente sensiblement les gains : les quarts de finale rapportent 19 millions, les demi-finales 27 millions, et le sacre 50 millions. Si le Maroc écarte la France, il égalera sa performance de 2022 et empochera au minimum 27 millions. Les maisons de paris, scrutées par la presse colombienne, reflètent l’intérêt mondial pour ces affiches, même si les cotes des Sud-Américains restent plus favorables.
Le prochain adversaire, la France, s’est qualifié difficilement face au Paraguay (1-0). Les entraîneurs marocains insistent sur la nécessité de récupérer physiquement après un calendrier éprouvant et de gérer les cartons jaunes face à une attaque française redoutable. Ils voient dans cette confrontation une répétition du dernier Mondial, mais avec un rapport de force rééquilibré : le Maroc dispose désormais des clés pour contrôler l’entrejeu et exploiter les faiblesses défensives adverses. Une victoire ouvrirait la voie vers le dernier carré, un horizon que le royaume chérifien n’aborde plus en novice.
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