
Le groupe de Visegrád renaît à Budapest, la Hongrie accélère ses réformes
Le nouveau premier ministre hongrois Péter Magyar a relancé mardi l'alliance régionale V4 tout en engageant des mesures pour débloquer les fonds européens gelés.
Réunis mardi au château de Gödöllő, près de Budapest, les premiers ministres de la Hongrie, de la Pologne, de la République tchèque et de la Slovaquie ont officiellement relancé le groupe de Visegrád (V4), en sommeil depuis plus de deux ans. Cette reprise, annoncée par le nouveau chef du gouvernement hongrois Péter Magyar, s'accompagne d'un changement de cap de Budapest sur l'Ukraine et d'une volonté affichée de coordonner les positions des quatre pays au sein du Conseil européen.
Pour Varsovie, le premier ministre Donald Tusk a salué un possible « fanal d'espoir » permettant de former un front commun dans les négociations européennes, tandis que Prague, par la voix d'Andrej Babis, a jugé le groupe « de nouveau pleinement opérationnel ». Bratislava, dont le dirigeant Robert Fico reste aligné sur Moscou, n'a pas modifié sa ligne, mais la présidence tournante du V4 passera de la Hongrie à la Slovaquie à la fin du mois. Selon des sources centre-européennes, les divergences sur la Russie demeurent le principal point de friction, même si Budapest a levé son veto à l'ouverture des négociations d'adhésion de l'Ukraine à l'UE et négocié un accord sur les droits de la minorité magyare en Ukraine occidentale.
En parallèle, le gouvernement Magyar a engagé une offensive législative anticorruption destinée à débloquer plus de 16 milliards d'euros de fonds européens gelés sous l'ère Viktor Orbán pour atteintes à l'État de droit. Le parlement hongrois a adopté mardi une loi élargissant les pouvoirs de l'Autorité pour l'intégrité, dissolvant les fondations de gestion d'actifs d'intérêt public (KEKVA) et durcissant les obligations de transparence pour les responsables politiques. Une réforme des médias publics est également en cours, avec la création de nouvelles chaînes et la révocation des directeurs actuels. Bruxelles conditionne le versement des fonds – représentant environ 13 % du budget hongrois – à la mise en œuvre effective de ces réformes, un accès jugé possible d'ici la fin de l'année par des responsables européens.
Le rapprochement entre Budapest et Varsovie, tous deux dirigés par des membres du Parti populaire européen, s'inscrit dans une recomposition plus large des alliances en Europe centrale, où le premier ministre polonais Donald Tusk cherche à peser face aux grands États membres, en s'appuyant aussi sur un dialogue avec le futur chancelier allemand Friedrich Merz. Le gouvernement hongrois a par ailleurs présenté un projet de 17e amendement constitutionnel prévoyant la cessation des fonctions du président Tamás Sulyok, la limitation des mandats du premier ministre et des députés, et la création d'un office de recouvrement des avoirs publics. Le processus d'élaboration d'une nouvelle Constitution doit débuter en septembre, pour un référendum à l'été 2027.
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Le Visegrád renaît : le sommet de Budapest marque un nouveau départ après les fractures causées par l'ancienne ligne pro-Moscou de la Hongrie. Le nouveau dirigeant hongrois et Tusk renouent les liens pour rétablir un axe centre-européen pragmatique.
Budapest est absorbée par une purge interne : le gouvernement a déposé un amendement constitutionnel pour destituer le président dans le cadre de l'« Opération Feu Purificateur », visant à éradiquer la corruption et les réseaux mafieux. Le sommet de Visegrád n'est qu'une note de bas de page dans ce règlement de comptes intérieur dramatique.
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