
Le brut retombe à son niveau d’avant-guerre, le marché parie sur la normalisation du détroit d’Ormuz
Les cours du Brent et du WTI ont touché leurs plus bas depuis fin février, effaçant la prime de risque liée au conflit américano-iranien, alors que le trafic pétrolier reprend progressivement dans le goulet stratégique.
Les prix du pétrole ont poursuivi leur dégringolade mercredi 24 juin, le Brent de la mer du Nord passant sous la barre des 75 dollars le baril pour la première fois depuis le 27 février, veille du déclenchement des opérations militaires américaines et israéliennes contre l’Iran. Le West Texas Intermediate (WTI) américain est tombé aux alentours de 72 dollars. En quelques séances, les deux bruts de référence ont ainsi effacé la totalité de la prime de risque accumulée au plus fort de la crise, lorsque le Brent avait brièvement dépassé les 119 dollars.
Ce reflux accéléré s’explique par la convergence de plusieurs signaux indiquant un retour progressif à la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole mondial. La signature d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran, suivie de l’octroi par le Trésor américain d’une licence générale autorisant jusqu’au 21 août les transactions sur le brut iranien, a levé un verrou psychologique majeur. Les données de suivi maritime montrent que plusieurs superpétroliers immobilisés depuis des semaines ont franchi le détroit ces derniers jours, tandis que l’Organisation maritime internationale des Nations unies a annoncé un plan d’évacuation pour les centaines de navires et les 11 000 marins encore bloqués dans le Golfe.
Les analyses diffusées depuis les places européennes et asiatiques confirment ce changement de paradigme. Les stratèges matières premières d’ING, aux Pays-Bas, soulignent que la hausse des passages de navires, bien qu’encore inférieure aux niveaux d’avant-guerre, alimente l’optimisme. Au Japon, les économistes de Mitsubishi UFJ Research and Consulting estiment qu’un progrès supplémentaire dans les négociations nucléaires pourrait ramener les cours à leurs niveaux pré-conflit. En Russie, les experts de Finam et de BCS notent toutefois que la remise en route complète des chaînes logistiques et le redémarrage de la production prendront plusieurs semaines, voire jusqu’à la fin de l’année pour les pays du Golfe, ce qui pourrait freiner une chute trop brutale.
Le marché reste néanmoins suspendu à la solidité d’un accord encore fragile. Les déclarations contradictoires de Donald Trump, affirmant que l’Iran a accepté des inspections nucléaires « à l’infini », et de Téhéran, qui dément toute concession, entretiennent un climat d’incertitude. Parallèlement, Oman et l’Iran ont convenu de poursuivre leurs discussions sur l’administration future de la navigation dans le détroit, tandis que le secrétaire d’État américain Marco Rubio a prévenu que toute tentative iranienne d’imposer des droits de passage violerait le droit international. Les investisseurs surveillent désormais la vitesse à laquelle les producteurs du Moyen-Orient pourront restaurer leurs exportations et l’évolution des stocks stratégiques américains, tombés à leur plus bas niveau depuis 1983, qui pourraient soutenir les prix en cas de nouvelle tension.
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Les prix du pétrole ont poursuivi leur baisse, les marchés étant de plus en plus confiants dans le retour à la normale des flux de brut via le détroit d'Ormuz. L'apaisement des tensions entre les États-Unis et l'Iran a contribué à faire reculer le Brent et le WTI, renforçant un sentiment de soulagement. Le récit dominant met l'accent sur une reprise régulière des routes d'approvisionnement, dissipant les craintes de perturbations prolongées.
La baisse des prix du brut a été limitée par les doutes persistants sur l'accord entre les États-Unis et l'Iran, les différends sur les inspections nucléaires et les nouvelles frappes israéliennes au Liban incitant à la prudence. Certains analystes estiment que le prochain mouvement des marchés pétroliers dépendra davantage de la stratégie de stockage de la Chine que de la réouverture du détroit d'Ormuz. Le récit reste prudent, avertissant que l'accalmie actuelle pourrait être temporaire.
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