
La France intensifie la traque des pétroliers du « flotte fantôme » russe en Méditerranée
Après l'arraisonnement du Deliver au large de la Sicile, Paris affirme sa détermination à entraver les exportations pétrolières russes contournant les sanctions occidentales.
Le 23 juin, la marine nationale française a arraisonné le pétrolier Deliver au large des côtes siciliennes, une opération annoncée deux jours plus tard par le président Emmanuel Macron. Battant pavillon camerounais et parti du port russe de Primorsk à destination de Singapour, le navire est soupçonné par Paris d'appartenir à la « flotte fantôme » utilisée par la Russie pour exporter son pétrole en dépit des sanctions internationales. Selon la préfecture maritime française, des doutes sur la validité de son enregistrement justifient son escorte vers un mouillage pour des contrôles approfondis.
Cette interception s'inscrit dans une campagne européenne élargie. Depuis l'automne 2025, la France a déjà arraisonné quatre autres navires – les Grinch, Boracay, Deyna et Tagor – tous relâchés après des amendes ou des vérifications. Pour les capitales européennes, ces actions visent à « augmenter le coût de la guerre pour la Russie », selon les termes d'Emmanuel Macron, et à tarir le financement de l'effort militaire russe en Ukraine. L'Union européenne a autorisé ses États membres à intercepter en Méditerranée les navires étrangers suspectés de liens avec Moscou, et a inscrit près de 600 bâtiments sur ses listes de sanctions. Londres a mené une opération similaire mi-juin dans la Manche, arraisonnant le pétrolier Smyrtos.
Du côté de Moscou, le président Vladimir Poutine a qualifié ces arraisonnements de « piraterie », dénonçant une violation du droit international. La Russie considère que ces interceptions, menées en dehors des eaux territoriales des États intercepteurs, constituent une entrave illégitime à la liberté de navigation. La « flotte fantôme », composée de centaines de pétroliers vieillissants naviguant sous pavillons de complaisance et souvent dépourvus d'assurance adéquate, représente pour les chancelleries occidentales un risque environnemental majeur en plus d'un instrument de contournement des plafonds de prix imposés au brut russe.
Les difficultés persistent néanmoins pour entraver durablement ces flux. Selon des analystes européens, les navires sanctionnés peuvent se trouver sous juridiction de pays tiers peu coopératifs, et les cargaisons sont souvent vendues dès le chargement, rendant le ciblage complexe. L'arraisonnement du Deliver, dont l'inspection est en cours, illustre la volonté de Paris de durcir sa posture, y compris par un doublement des sanctions pénales et financières annoncé en avril contre les navires sans pavillon valide. Le dossier reste ouvert, et de nouvelles opérations conjointes entre alliés sont attendues dans les semaines à venir, alors que les Vingt-Sept cherchent à renforcer la coordination de leur réponse.
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Les médias russes présentent l'arraisonnement comme une opération française fondée sur des accusations non étayées, en soulignant le pavillon camerounais du navire et le lien seulement présumé avec la Russie. L'incident est replacé dans une énième pression occidentale, avec l'idée que le droit maritime est appliqué de manière sélective contre Moscou.
La presse continentale européenne salue l'opération comme la preuve d'une détermination commune face à la flotte fantôme russe. L'interception du Deliver est interprétée comme un signal que les sanctions ne resteront pas lettre morte et que les pays de l'UE sont prêts à frapper ceux qui financent l'effort de guerre de Moscou.
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