
La FIFA tire 15 milliards de dollars du Mondial 2026, mais le fisc américain ponctionne l’Espagne
Entre recettes record et impôt fédéral sur le gain espagnol, le tournoi élargi à 48 équipes redessine les contours économiques et politiques du sport mondial.
La Fédération internationale de football (FIFA) a encaissé plus de 15 milliards de dollars de recettes lors de la Coupe du monde 2026, a annoncé samedi son président Gianni Infantino. Un montant largement supérieur aux 11 milliards initialement budgétés pour le cycle 2023-2026, gonflé par le passage à 48 sélections et 104 matchs, ainsi que par une explosion des revenus de billetterie et d’hospitalité. Pour la première fois, ces derniers ont dépassé les droits de télévision, avec plus de 5 milliards de dollars générés, notamment grâce aux tarifs dynamiques et à la plateforme officielle de revente de billets, où la FIFA captait jusqu’à 30 % de commissions. Ces chiffres nourrissent déjà le vif intérêt américain pour organiser le mondial 2038, Donald Trump ayant publiquement pressé le patron de l’instance d’y revenir au plus vite.
Cette manne a toutefois entraîné une situation inédite : l’Espagne, championne du monde, devra acquitter 15 millions de dollars d’impôt fédéral américain sur les 51 millions de dollars de prime reçue. Les autorités fiscales des États-Unis ont en effet considéré chaque joueur comme un contribuable non résident, soumis à un taux de 30 % sur les revenus perçus sur le sol américain. Si la Chambre des représentants a critiqué un tel prélèvement, la loi n’a pas fléchi, rappelant la puissance de l’Internal Revenue Service face à des événements sportifs globalisés.
L’impact pour les hôtes ne se limite pas aux recettes centralisées. À Nuevo León, au nord du Mexique, la manne touristique a bondi de 390 % par rapport à juin 2025, avec une retombée économique de plus de 10 milliards de pesos. L’afflux de 1,1 million de visiteurs et 490 000 touristes hébergés a bénéficié directement aux hôtels, restaurants et transports, et le festival des supporters de Monterrey a enregistré la plus forte affluence parmi les trois sites mexicains. Ces données, fournies par le gouvernement local, illustrent la manière dont le gigantisme du tournoi irrigue les économies régionales.
Côté sportif, les 308 buts inscrits (2,96 par match, moyenne la plus haute depuis 1970) ont alimenté un festival offensif que la finale sans relief entre l’Espagne et l’Argentine, décidée par un but de Ferran Torres en prolongation, n’a pas éteint. L’engouement planétaire s’est mesuré jusqu’au jeu de pronostics virtuel : la plateforme argentine Mercado Pago a attiré 11 millions d’utilisateurs, un record Guinness, et distribué 50 000 dollars au trio vainqueur. Pendant ce temps, la valeur marchande des joueurs s’envolait : Lamine Yamal et Erling Haaland atteignent 22 millions d’euros selon Transfermarkt, tandis qu’Elliot Anderson, transféré à Manchester City, a vu sa cote grimper de 3,5 millions d’euros.
La FIFA, qui a distribué 871 millions de dollars aux 48 fédérations – de 51 millions pour la Roja à 10 millions pour les éliminés du premier tour –, entend capitaliser sur cette édition pour faire des États-Unis un habitué de l’accueil. La perspective d’une nouvelle mise aux enchères des droits télévisuels, où Fox a cette année engrangé plus d’un milliard de recettes publicitaires pour un investissement de 485 millions, promet de démultiplier les futures recettes. L’appétit des géants du streaming, Netflix en tête, scrutera donc le prochain cycle de discussion. La lettre d’intention américaine pour 2038, confortée par l’assouplissement des règles de rotation, sera à suivre dans les mois à venir.
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